dimanche 24 janvier 2016

Le lent étouffement de Bruxelles par sa mobilité

Photo http://www.brusselnieuws.be
J'apprends à l'instant que ce matin, on a fermé le tunnel Léopold 2

Des morceaux de bétons tombent des plafonds…
Au vu des déboires du tunnel Stephanie, augurons que ce tunnel sera rapidement fermé aussi.
Si on se souvient de Reyers, l histoire avait commencé pareillement et s'est finie par le démantèlement de cet axe de circulation…
Pascal Smet a provisionné 600millions pour le Léopold mais agit comme pour le Reyers… attendons, étudions, finalement, nous ne rénoverons peut être pas. 

Pourtant, depuis 2010, Pascal Smet en a engagé des frais pour ce tunnel. Essentiellement des frais de consultance d'ailleurs dont on se demande à quoi ils servent. En 5 ans, rien. Pas un début de travaux. Puis à quoi riment ces "consultances" juridiques successives ? Les lois qu'ils pondent sont si kafkaïennes qu'ils ne s'en sortent même plus avec leurs propres règlements. Le tout menant à une inaction qui fini par devenir coupable…ou suspecte.
Mais revenons en à nos tunnels… Le scénario du tunnel Stéphanie suit la même logique que ce qui s'est passé avec le viaduc Reyers. Pour rappel, pour le viaduc Reyers, les travaux de rénovation avaient été entamés puis Smet les a arrêtés en disant qu'il y a avait de plus gros frais que prévus. Il a donc étudié le dossier pendant de longs mois. Au bout de ces longs mois  de suspens insoutenable, il a décrété qu'on allait démolir le viaduc et faire un boulevard urbain. Le viaduc est démoli, les embouteillages aux alentours sont devenus le cauchemar quotidien des habitants, travailleurs et navetteurs.
Ce qui est en train de se dérouler pour le tunnel Léopold II suit la même procédure : on provisionne, on laisse pourrir, ca se dégrade, on dit qu'on va étudier le dossier…en n'excluant pas une fermeture définitive.
Le tunnel Stéphanie vient d'entrer dans la première phase. On l'a fermé pour un week end, …et on vient d'annoncer qu'on le ferme pour minimum un an sans pour autant prendre de décision de rénovation.

Problème technique…ou agenda politique ?
Je trouve que ce sont des coïncidences amusantes qui coïncident quand même très fort avec un agenda politique. Quand Smet décrète la fermeture du tunnel Stephanie pendant minimum un an, je ne sais plus s'il s'agit d'une décision technique ou le résultat de son extrémisme politique. Celle-ci consistant apparemment, non pas à améliorer la mobilité dans Bruxelles mais à doucement l étouffer économiquement et pousser les entreprises vers le ring ...en Flandre. Bruxelles a besoin de ses entreprises, même si, il est vrai, elle a du mal à trouver les compétences en son sein et est obligée d'importer les navetteurs. 
Infographie Mediafin

Concomitamment et, par un autre étrange hasard, on annonce ce matin que le RER ne sera pas poursuivi avant...2020. Mais attention, uniquement pour sa partie Wallonne (RER vers Nivelles et RER vers Louvain la Neuve). 
Ça commence à faire beaucoup pour n'y voir que des événements distincts et indépendants non ?


Rappelons enfin que, ouvertement, le même Smet remet en question (en vrac) :
- le tunnel cinquantenaire loi.
- le viaduc herman-debroux
- l entrée E40
Et s'interroge sur les tunnels de la petite ceinture.
Quant à Bruxelles, elle a aussi des plans pour rendre la chaussée d'Ixelles piétonne.

Étouffement économique
Le résultat global va être l'étouffement lent de Bruxelles, car dans aucun des discours entendus, on n'entend parler d alternatives crédibles :
  • Au niveau de la STIB, le plan de développement est totalement insuffisant pour absorber une augmentation de plus de 5% d'usagers.
  • Aucun parking de dissuasion prévu à proximité des métros.
  • Limitation des parkings dans les gares.
  • On ne reparle jamais de la synchronisation des feux dont on sait que les ordinateurs qui le géraient ont été décommissionnés.
  • Les plans de mobilités se font commune par commune, aucun plan global. On ramène tout le traffic vers quelques entonnoirs.
  • On enlève des bandes de circulations et des places de parkings (une étude montre que 30% du traffic bruxellois est cause par des gens cherchant à se garer…)

Il n'y pas plus de voitures, il y en a moins à Bruxelles (statistiques INS) mais la pression automobile augmente par la limitation des flux, donc augmente artificiellement les embouteillages,
Je ne suis pas pour le "tout à la bagnole", quand je pouvais prendre le train, j'étais plutôt très bien, pas stressé, je rentrais à des heures plus raisonnables, je ne m'énervais ni dans les bouchons ni à chercher une place. Mais actuellement, je n'ai plus d'alternatives me permettant, de manière pratique et crédible, de travailler si je prends les transports en commun. Ce n'est pas un plaidoyer pour la voiture mais pour une mobilité pour tous, globale.
Les différents blocages d'axes principaux de la ville ne touchent plus que les navetteurs, les Bruxellois deviennent tout aussi victimes de ces politiques malsaines en matière de mobilité. Entrer dans la ville est devenu infernal. Traverser la ville ou y circuler devient une galère tant en transport public qu'en voiture.
Aujourd'hui, la politique est celle de l étouffoir, doctrine de Delanoë qui consistait à dire : "je vais faire de Paris un enfer pour les voitures."
On est déjà au delà à Bruxelles, ville la plus embouteillée au monde, c'est devenu un enfer pour les navetteurs, pour les automobilistes, pour les usagers des trains ou des transports publics bruxellois.
J'ai du mal à ne pas y voir un agenda politique flamand qui voudrait tuer Bruxelles a défaut de la posséder. Etouffer Bruxelles, c'est pousser les entreprises à sortir de la ville pour retrouver leur accessiblité. Les compétences, les entreprises ne les trouvent pas à Bruxelles malgré son taux de chomâge énorme. Il y a un problème de qualification qui n'est pas taclé jusqu'ici. 
Alors pour les entreprises, se retrouver en périphérie de Bruxelles ou dans Bruxelles, elles s'en fichent et le mouvement risque de s'amplifier suite à l'immobilisation progressive de la ville. Ce, d'autant plus que le niveau de taxation en périphérie est plus faible qu'à Bruxelles… Et la périphérie…c'est la Flandre.
Mouvement qui se retrouve renforcé par l'aide (in-)volontaire de zigotos francophones aveuglés par leur doctrine et leur gloire personnelle et voulant transformer Bruxelles en piétonnier et en campagne, oubliant le rôle d'une ville, oubliant qu'une ville est un croisement, lieu de transit et d échanges.

Un piétonnier, une ville plus agréable, évidemment, c'est souhaitable, mais cette ville sera surtout une ville morte si cette ville devient inaccessible et immobile.

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