mercredi 11 juin 2014

Delhaize ou de la récupération publicitaire malsaine d'un drame social.

Ce matin, la planète économique belge bruissait à l'annonce du plan de restructuration de Delhaize. Depuis ce moment, j'ai du mal à croire tout ce que je peux lire ou entendre. Partis, syndicats, presse, réseaux sociaux... tout le monde à un avis (soit), tout le monde est expert (...comment vous dire ? )

Si je peux accepter que des partis tels le PTB récupèrent l'événement pour faire leur publicité et faire des communiqués aussi assassins que...désinformants (la désinformation n'est pas un mensonge, c'est la transformation ou la présentation partielle de la réalité de manière à manipuler les masses), que les syndicats en profitent pour faire leur sortie publicitaire et ressortir l'exploitation du pauvre travailleur par le grand capital, ou que les gens sur les réseaux sociaux s'indignent depuis le canapé de leur salon,...tout ca, je veux bien. Mais j'ai, une fois de plus, énormément de mal avec le traitement dans la presse. Celle-ci ne se foule pas, se contente de copier - coller les communiqués de presse des uns et des autres. Oubliant son devoir d'informer, d'analyse, de recul, d'explication, voir de correction des propos tenus par certains acteurs.

Donc, Delhaize va se séparer d'environ 2.500 personnes et probablement 14 magasins.

Mettons cela en perspective, Delhaize, c'est 160.000 employés dans le monde, dont 16.000 en Belgique. Ce sont 140 supermarchés, 220 AD Delhaize, 18 Delhaize City, 191 Proxy Delhaize, 84 Shop n’Go, 5 Red Market, 140 Tom&Co et 2 Cash Fresh; soit 800 implantations. Alors oui, 2.500 personnes et 14 magasins, c'est beaucoup et peu à la fois. C'est relatif. Ce qui ne diminue en rien le drame social que cela peut représenter pour les travailleurs. Seulement, ceux-ci n'ont pas à être orchestrés et utilisés par des intérêts partisans et non-désintéressés. Ce genre de drame, le PTB ne le résoudra pas, il s'en servira simplement pour se faire de la publicité à bon marché. A cet égard, le PTB n'est rien d'autre que ce qu'il dénonce par ailleurs : un exploiteur de misère humaine.

La PTB dénonce que Delhaize va virer 2.500 personnes mais fait un bénéfice de 400 millions...en 2012. Sauf que c'est un vrai mensonge, le chiffre réel de 2012 c'est 105 millions de bénéfice. Et en 2011, c'était 475 millions. Il n'ose en effet pas dire qu'en 2013, il ne fait plus que 179 millions.
Pourtant il a les données le petit Raoul Hedebouw... la preuve, il va vous sortir qu'en 2013, les actionnaires se sont augmentés de 11,4%.
En clair, il mélange tout le petit Raoul et vous mystifie alors même qu'il dispose des chiffres mis à jour. Mais de ça, je ne lis rien.

le communiqué désinformateur du PTB...


Le "bénéfice"

Comme je l'ai dit, contrairement au communiqué du PTB, qui est mensonger et ultra manipulateur, le résultat 2013 est de 179 millions. Soit une baisse de 296 millions en 2 exercices... C'est vrai que ce n'est pas inquiétant de voir fondre son bénéfice de 62%. Pas du tout.
Revenons à notre "bénéfice". Le bénéfice mentionné est le bénéfice "part du groupe". Après l'avoir signalé sur les réseaux sociaux, tout le monde rebalançait "bénéfice part du groupe"...mais pas sur que quiconque savait de quoi on parlait. "La part du groupe", c'est le bénéfice du groupe hors part des minoritaires. Ce qui veut simplement dire qu'en fait, le bénéfice est plus gros en réalité. Seulement, voilà, personne ne se renseigne... Ensuite, le "bénéfice", c'est surtout le bénéfice "groupe".
Ce qui veut dire le bénéfice après consolidation des filiales. Cela ne veut absolument pas dire que les magasins belges dégagent une rentabilité nette de 179 millions.
On pourrait très bien être dans le cas suivant (on va simplifier sur 2 pays uniquement).
  • Groupe : en Belgique
  • Résultat net hors Belgique : 479 millions
  • Résultat Belgique : -300 millions
  • Résultat net Groupe : 179 millions.
Donc balancer ce chiffre de 179 millions sans aller regarder dans les comptes non-consolidés, ça ne veut strictement rien dire. Oui, la Belgique est un pays moins rentable que d'autres pour toute une série de raisons. Et la Belgique ne représente plus que 20% du CA du Groupe. 80% de ces revenus sont faits à l'étranger... Ils n'ont pas forcément à subsidier les implantations belges. Oui, parfois, il faut "dégraisser" une entreprise pour lui permettre de survivre. Un exemple caricatural que l'on pourrait choisir pour expliquer ce genre de choix difficile (car il ne faut pas s'imaginer que ce genre de décision se prend facilement) serait le Dilemme du tramway. Pour sauver 14.000 emplois, il faut peut être en sacrifier 2.500. Ce qui n'enlève rien à la dureté et au drame social que représente cette situation.

Ce qu'il oublie aussi de dire le PTB, c'est que pendant ce temps, Delhaize investit. Ainsi, en Belgique, en 2012, il a investi 154 millions d'euros. D'ici à 2017, il prévoit d'investir 450 millions d'euros. Mais frappe Raoul, frappe, Delhaize finira par fermer entièrement ses portes.

Les dividendes

Raoul Hedebouw ne ment  pas quand il dit que les actionnaires ont augmenté leur dividende de 11,4%. Mais encore une fois, il présente l'information de manière parcellaire et manipulatrice (le tout repris en choeur par les syndicats, les autres partis et la presse...).
Expliquons ce qu'il en est : 
  • Cela représente un dividende brut de 1,56 € par action 
  • Soit un hausse de ... 18 cent par actions (tout de suite, on sent l'exploitation)
  • De ces 1,56 €, 0,39€ iront à l'Etat (précompte de 25%)
  • Donc en net, ils recevront 1,17€.
Mais allons plus loin. Hedebouw et le PTB présentent l'information comme s'il y avait un pillage des fonds de la société. Il faut alors s'intéresser au ratio versement dividende. Celui-ci s'appelle aussi "Part des bénéfices aux actionnaires" (Dividende / Résultat Net). Elle indique la part du résultat net dégagé par l’entreprise qui est reversé aux actionnaires sous forme de dividende ; l’autre partie restant dans l’entreprise. 


On se rend compte qu'en 3 ans, celui-ci est passé de 130% à environ 30%. Nous pouvons nous dire que s'il y a bien augmentation du dividende, il n'y a nullement pillage de la société vu que 70% du bénéfice restera dans la société et servira, entre autre à des investissements. Ainsi, Delhaize investira 450 millions d'euros dans ces magasins et infrastructures belges d'ici 2017. Ce ne console pas du drame social mais cela montre que nous ne sommes absolument pas dans un scénario à la Mittal comme le PTB voudrait nous le faire croire. 
Vous me direz "oui mais regarde, les chiffres remontent". Cher ami, à partir de 2014, on est dans du prévisionnel...et j'ai rarement vu un CEO expliquer qu'il va faire la culbute. Donc, oui, effet de communication, tu as intérêt à montrer que tes plans vont faire augmenter le bénéfice. Le reste, c'est le futur qui nous dira si ce plan fonctionne ou pas.
Ce qu'il oublie aussi de dire le petit Raoul, c'est qu'entre 2011 et 2012, les actionnaires avaient baissé leur rémunération de 20,5% en même temps que la détérioration du résultat. Avec la relative embellie, oui, ils s'octroient une petite hausse de 11,4% tout en ne capturant pas plus de 30% du bénéfice. Ce qui est un ratio tout à fait sain. Ce qui correspond encore à une baisse de 11,4% par rapport à 2011.

Ce niveau de dividende correspond à une rentabilité de 2,99%...on sent bien les requins de la finance qui exploitent la misère humaine derrière des actionnaires qui se contentent de ce niveau de rentabilité...

Les impôts 

Raoul, mon bon ami du PTB, en profite pour balancer que Delhaize ne paie que 0.15% d'impôts en Belgique... Encore une fois, il oublie que l'on parle...du groupe. Et que celui-ci consolide les résultats des différentes entités juridiques, que ce soit en Belgique ou à l'étranger. 
Et qu'en Belgique, on a un principe (qui est régulièrement bafoué d'ailleurs) de non-double taxation. C'est à dire que si vous avez acquitté l'impôt localement, quand la maison mère consolide les résultats, elle ne sera pas imposée une deuxième fois sur les résultats déjà taxés. C'est ce qu'on appelle les RDT ou revenus définitivement taxés.
Imaginons la situation suivante [je simplifie TRES fort]:
  • implantation A : bénéfice de 100 taxé à 25% ==> 25
  • implantation B : bénéfice de 200 taxé à 10% ==> 20
  • implantation C : bénéfice de 100 taxé à 20% ==> 20
  • implantation D : perte de 20 ==> 0
  • Groupe consolidant : bénéfice 75 + 180 + 80 - 20 = 315
  • Admettons que nous ne jouions pas à équilibrer les fiscalité etc, le groupe paiera 0 impôts car ceux ci on déjà été acquittés par ces filiales. Hors, on pourrait arguer que le groupe a en réalité payé 65 d’impôts, soit un taux d’impôt de 20,6%
Accessoirement, quand Raoul parle de 0.15%, les comptes annuels, révisés, validés et contrôlés établissent l'imposition de Delhaize en 
  • 2012: 18%. 
  • 2011 : 25%. 
  • 2010: 29%...
Le PTB est coutumier de ne pas inclure les RDT ou pertes antérieurs dans ces calculs ahurissants et mensongers.

Oublis ?

Ensuite, ce qui est oublié dans toute cette communication, c'est que, juste pour la Belgique, Delhaize, ce sont 14.000 emplois, ce qui représente quoi exactement ?
On parlera de l'ISOC, impôt des sociétés. Mais parle-t-on de tout le reste que doit payer Delhaize et qui doit globalement coûter bonbon. (si quelqu'un de Delhaize me lit, il peut me fournir les chiffres exacts pour la Belgique ?)
  • le précompte immobilier : sur de telles surfaces et bien situées, ça doit constituer une somme...
  • les taxes régionales et locales : chaque couche de la lasagne institutionnelle belge est particulièrement créative en matières d'impôts
  • les cotisations patronales
  • les salaires, donc quelque part l'IPP et les cotisations sociales de ses travailleurs
  • ...

Les "réactions"

Outre ce que j'ai mentionné ci-dessus et qui est malheureusement repris en copié collé par la presse, les syndicats ou les autres partis, il y a des réactions qui ont tendance à me choquer: 
ou l'art d'insinuer que les vilains patrons auraient bien tendances à bafouer les règles. Quand une entreprise "pèse" 16.000 emplois monsieur le Premier Ministre, on pourrait au moins lui faire montre d'un peu de respect...
Ou encore
Parce que vous comprenez, pourquoi on recevrait les patrons et pourquoi on regarderait comment les aider ? Non, d'abord les syndicats.
Qui, d'ailleurs, tel la FGTB, racontent n'importe quoi 
Comme on l'a démontré plus haut, non, les actionnaires de Delhaize ne se comportent pas en pirate de la finance ultra-capitaliste.

Il y a encore bien d'autres réactions. Je vous ai repris les arguments et slogans principaux que j'ai pu lire aujourd'hui et qui ont eu tendance à me faire sortir de mes gongs.

Petit addendum pour la presse et nos politiciens.

Pendant que vous irez larmoyer avec compassion paternaliste devant les caméras de télévision pour parler des 2.500 emplois perdus (vous verrez, ce chiffre sera en plus revu à la baisse...), souvenez vous que l'an dernier : 
  • 12.000 PME ont fait faillites, ce qui a causé
  • 26.000 pertes d'emploi.
Soit plus de 10 fois les chiffres de Delhaize. Vous avons nous vu devant nos PME ? Réduirez vous nos charges ? Nos lourdeurs administratives. Comme vous le faites pour de grands groupes de pression ?

Et vous les journalistes ? Comment envisagez vous votre métier ? Comme des "copieurs - colleurs" de communiqués de presse ? Ou comme des personnes responsables, éduquées, capables de chercher l'information, l'analyser, la mettre en perspective, qui expliquent à leurs lecteurs ? Sérieusement ? Déjà confondre "groupe" et "implantations belges" ? S'il vous plait.
Je ne vous demande pas de donner ou partager ma vision de l'économie ou de la société. Chacun peut, sur des bases objectives, se construire son opinion. L'économie n'est pas une sciences exacte. Je n'ai pas de soucis à ce que vous ne partagiez pas mon point de vue. Mais à tout le moins, vous avez un devoir d'informer, d'analyser et mettre en perspective. Corriger les propos idiots le cas échéant. Après, vous pouvez être pour ou contre Delhaize, mais alors sur base de réels arguments. Pas de vagues copié - collé de CP débiles de Partis récupérateurs et exploiteurs de la misère sociale et qui se font de la pub (mensongère) à bon compte.

37 commentaires:

  1. Votre discours semble tout aussi extrême que ceux qu'il vient dénoncer. Et ça pue quand-même le parti pris... Drame social, il y a bel et bien.

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    1. Les faits sont rarement modérés.

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    2. Je ne lis nulle part le déni du drame social. Je lis la dénonciation du détournement de l'évèvement à des fins politiques (se faire bien voir par la partie de la population dont le groupe en question dépend). Difficile de se montrer solidaire de 2 à 5 personnes 12000 fois. C'est bien plus facile de faire une déclaration pour 2500 que tous écouteront, parce que ceux dont l'emploi n'est pas menacé craignent aussi pour leurs habitudes de caddie. Une façon de maquiller l'incapacité des politiques à forcer les plus gros groupes (Mittal?) à respecter leurs engagements, j'imagine.

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  2. merci pour cette article, ras le bol de ce travestissement constant de la réalité. la fiscalité tue toute activité économique en Belgique. Ce pillage constant doit cesser.

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  3. Cher monsieur,

    Intéressant et documenté, certes, votre article ignore cependant une réalité fondamentale. Les bénéfices engrangés par les actionnaires et autres huiles de Delhaize ne sont possibles que par une et une seule chose: le travail de milliers de personnes qui vont journellement prester dans ces magasins. Et non, rien d'autre, désolé.

    Alors, oui, le PTB manipule et récupère les chiffres sans trop les détailler. Mais qu'une grande société qui fait des bénéfices (c'est juste, non, ils font des bénéfices sans lever le petit doigt, j'ai bien lu - ou vous avez une astuce comptable pour expliquer l'inverse) licencie 2.500 (oui, c'est beaucoup!) travailleurs. Désolé, mais c'est immoral. Rationnel dans ce système capitaliste qui ne protège plus personne, peut-être. Mais immoral.

    Alors, non, je ne suis pas surpris, ni même choqué. Cela ne sert à rien d'être choqué. Je suis juste indigné, comme Stéphane Hessel. Indigné de ce système qui veut qu'un actionnaire soit plus protégé qu'un travailleur. Indigné de l'écart qui va grandissant entre riches et très pauvres. Indigné par l'état de la planète. Indigné du traitement réservé aux plus démunis (et les 2.500 futurs ex-employés de Delhaize en feront bientôt partie). Indigné de la dictature des marchés financiers. Indigné par la fin de nos acquis sociaux.

    Ma voisine, une travailleuse acharnée, va perdre son emploi. Elle ne pourra plus élever ses enfants dans conditions décentes. Et ça, voyez-vous, ce n'est pas acceptable. Et, oui, les cols blancs qui ont pondu le plan d "avenir" (quel culot!) de Delhaize sont responsables de la déchéance (oui, oui, la déchéance) de 2.500 familles. Et personne ne me fera croire que le groupe Delhaize va se "sauver" en supprimant 2.500 emplois. Non, il s'agit juste de faire remonter la ligne verte au-dessus de la ligne bleue (là, je le sens, vous êtes probablement économiste, vous n'allez pas être d'accord - mais j'ai noté que, pour vous, l'économie n'est pas une science exacte. Seriez vous un disciple de Polanyi? Je diverge). Et le conseil d'administration en costume du dimanche pourra exhiber ses résultats dans un beau fichier Excel. Alors, oui, on peut sortir tous les chiffres qu'on veut, bénéfices "du Groupe" ou "dividendes" mal évalués. En attendant, les enfants de ma gentille voisine, ils vont manger des spaghettis tous les jours sauf le samedi. Vous voyez?

    Je crois que ce que le PTB veut dire (et, je vous rassure, je ne suis pas membre de leur parti), c'est qu'il est temps de sortir cette désastreuse vision purement économique des choses (Marx se retourne dans sa tombe). De sortir de l'indifférence et d'entrer en résistance contre ce système inique qui veut que les bénéfices des entreprises soient plus importants que le bien-être des travailleurs. Car c'est bien ça qui est immoral.

    Alors, que diable, indignez-vous! Ici il n'y a pas de "dilemne du tramway", juste des travailleurs qui tentent de ne pas tout perdre.

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    1. En tant que professeur d'économie, je suis obligé d'intervenir et de nuancer vos propos. Certes, les bénéfices de l'entreprise récupéré par les actionnaires sont générés par les milliers de personnes qui vont journellement travailler... mais le contraire est tout aussi vrai. Il n'y aurait personne qui irait prester (et donc gagner un salaire) s'il n'y avait pas d'investisseurs prêts à prendre le risque de financer l'entreprise. Cessons avec les clichés "Riches/Pauvres". Une entreprise est une organisation sociale où chacun joue un rôle important.

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    2. « Les bénéfices engrangés par les actionnaires et autres huiles de Delhaize ne sont possibles que par une et une seule chose: le travail »

      Ce qui est faux.
      Il est fortement par le capital, c-a-d les moyens de production.

      Exemple : vous êtes agriculteur, vous engagez 2 personnes. L'une va travailler avec une faux, l'autre avec un tracteur. 2 moyens de productions différents.
      Si ce qui compte, c'est le travail, me dites-vous qu'à travail égal, la première sera aussi productive que la seconde ?

      De plus, je passe le caractère de ressources humaines que représente la force de travail, qui comme toute ressource peut être bien exploitée, mal exploitée ou carrément gaspillée. L'un pouvant créer du bénéfice et certainement pas l'autre.

      Je rappelle aussi que l'entreprise est une forme d'organisation économique qui se développe autour du concept de droit de propriété, si vous supprimez ou violez ce droit, la raison d'exister de ces entreprises sera supprimée aussi.

      Quant à l'indignation d'Hessel, ce n'est pas en s'indignant que vous allez améliorer votre vie, et ce n'est même pas un argument en soi pour débattre.

      Quant au fait que des travailleurs tentent de ne pas tout perdre, s'ils le font en respectant le droit, c'est tout à leur honneur. Cependant, pensez au fait qu'on n'est plus à l'époque romantique de Germinal et que perdre son emploi n'est pas la fin du monde dès lors qu'il est facile d'en retrouver ou qu'il y a un filet social.

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    3. Je ne comprends pas pourquoi tous ces indignés ne deviennent pas indépendants ou entrepreneurs si la place de simple travailleur est si pénible pour eux et/ou qu'ils se sentent manipulés voire exploités... Peut-être qu'ils se rendraient enfin compte de la réalité du marché. Enfin, on peut toujours rêver...

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    4. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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    5. Je suis d'accord avec Monsieur Delier!! Sans les actionnaires, il n'y aurait pas de magasins, tout simplement!! Et ce n'est pas en "économisant" les 1,17€ de dividende, qu'on permettra à votre voisine et les 2499 autres familles de rester à flots!!!

      Selon vous, Monsieur MVL, qu'aurait du faire Delhaize? Ne pas payer la somme qu'elle s'est engagée de verser auprès de ses actionnaires? Avez-vous une entreprise? L'avez-vous financé seul?
      Delhaize aurait pu diminuer les salaires tant qu'on y est! et ce ne serait pas 2500 mais 16000 familles qui seraient tombées dans le déchéance comme vous dites!!
      Delhaize aurait aussi pu aussi se trouver d'autres fournisseurs, des produits à un moindre coût... Ce qui aurait fait partir la clientèle vers d'autres surfaces! Encore une fois, le risque que ces 16000 familles tombent dans la déchéance aurait été plus que probable!
      C'est facile de critiquer! Vous vous insurgez de l'aspect social, mais rien ne vous interdit de donner une partie de votre salaire à votre voisine, histoire de montrer l'exemple!!

      Je suis d'accord avec Monsieur Hemignwe: pourquoi les politiciens ne cherchent pas à trouver des solutions afin que nos entreprises restent à flots? En diminuant les impôts et autres taxes déjà? Ne voyez-vous pas que toutes les grandes entreprises internationales se dirigent vers l'Asie, où les coûts et la main d’œuvre y est moins chère?
      Mais comment financer ce pays social, qui prend en charge les plus démunis alors? Je ne sais pas moi... en diminuant les salaires de nos chers politiciens par exemple!! Au lieu de s'insurger du dividende versé aux actionnaires, dont les entreprises ont besoin!!!, pourquoi ne parle-t-on pas des salaires exorbitant que touchent nos "élus", grâce à toute ses taxes et impôts qui saignent tout le pays? Mais ceci est un autre sujet...

      Personnellement, je ne suis ni indépendante, ni actionnaire, ni économiste... Je suis juste une cliente du Delhaize, qui voit un des ses points de ravitaillement fermer ses portes!
      Mais je comprends!
      Je sais que, parfois, il faut passer par un moins bien pour arriver à un meilleur! La vie est faite de décisions qui ne sont pas toujours plaisantes mais nécessaires!
      Et je suis désolée pour ces 2500 personnes qui vont perdre leur emploi... J'espère qu'elles trouveront rapidement une solution.

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    6. @ph11 vous dites "perdre son emploi n'est pas la fin du monde dès lors qu'il est facile d'en retrouver ou qu'il y a un filet social."

      Permettez-moi de vous dire que ce n'est pas vrai, ni qu'il n'est ni facile de retrouver, ni qu'il y a un filet social.
      Actuellement, je ne souhaite à personne de se retrouver au chômage, sans avoir un matelas sur le côté pour joindre les deux bouts. Et ça, je vous le dis d'expérience, malgré que j'ai pu occuper des postes vraiment convenables de longues années.
      Une fois le bas de laine parti, vous allez galérer, croyez-moi.

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    7. Je vous rejoint MVL. Il est grand temps que le peuple se soulève, c'est grâce aux travailleurs que les entreprises et les actionnaires perçoivent des bénéficies mais dès qu'il y a une baisse, cela vous convient pas. Ce fossé que vous creusez entre la pauvreté et la richesse, vous coûtera cher. Le peuple va se soulever et votre argent ne vous protègera pas. Il suffit de voir ce qui a eu lieu dans le passé, plus un peuple est opprimé et vit dans la pauvreté plus il se soulèvera. A bons entendeurs

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    8. Raymond, veuillez lire les phrases correctement, s'il vous plait.
      C'est fou comme les gens sont capables de réinterpréter ou d'inventer les propos d'autrui auxquels ils répondent…
      En fait, je commence à croire que pour beaucoup d'internautes, les autres ne sont que des prétextes pour assener leurs propres vérités, et en réalité, ils ne débattent qu'avec eux même.

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  4. Je lis mais pour moi le rationalisme économique, c'est a dire que l'humain devient la variable afin d'assurer les rendements des actionnaires, soit que ceux qui travaillent deviennent le bouclier des rentiers, me semble moribond.
    L’écrivain affirme fièrement le chiffre de 18% d’impôt... rappelons que le taux est a 33,99 et qu'il a donc été divisé par près de 2 en 3ans et qu'enfin le taux de taxation sur le travailleur arrive très rapidement a 45%. Ses 18% sont calculés après les niches fiscales (intérêt notionnel et co), c'est donc aussi malhonnête que le PTB !
    Dire que 30% des bénéfices doit revenir a l'actionnariat est sain ? c'est le taux maximal qu'ont émis les penseurs économiques du 19e, sans dire que cela n'est valable que dans un régime de croissance.
    Etait-il intelligent d'affirmer que s'augmenter de 11% n'est pas incroyable. Rappelez-vous le saut d'index et rappelez-vous aussi que cette année la, le bénéfice a été divisé par 2.
    Enfin il tape sur les 3% de rentabilité... Mais dans le contexte actuel, c'est a dire des taux directeur de 0,25 (trololol) et des investisseurs qui achètent des bons d'état a des taux inférieurs de moitié a celui de Delhaize...
    Ce qui me choque c'est dans le fait qu'il y a une direction (Conseil d'admin + CEO + directeur) qui a merdé et c'est celui qui n'en n'est pas responsable qui va trinquer, ainsi qu'il y ai des gens pour justifier l'injustifiable.
    Les douces joies du capitalisme....

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    1. "Ce qui me choque c'est dans le fait qu'il y a une direction (Conseil d'admin + CEO + directeur) qui a merdé et c'est celui qui n'en n'est pas responsable qui va trinquer, ainsi qu'il y ai des gens pour justifier l'injustifiable."


      Etrange que quand tout va bien, le discours ambiant considère que c'est essentiellement grâce aux travailleurs qui doivent, alors, récupérer les "fruits de la croissance" et que quand les perspectives sont moins bonnes, ce soit obligatoirement à cause du management et uniquement le management ...

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    2. "L’écrivain affirme fièrement le chiffre de 18% d’impôt... rappelons que le taux est a 33,99 et qu'il a donc été divisé par près de 2 en 3ans et qu'enfin le taux de taxation sur le travailleur arrive très rapidement a 45%. Ses 18% sont calculés après les niches fiscales (intérêt notionnel et co), c'est donc aussi malhonnête que le PTB !"

      Rappelons, à toutes fins utiles, que si les actionnaires veulent profiter des bénéfices dégagés, c'est-à-dire les prélever pour "les mettre dans leur poche", ils devront, en plus de l'impôt de 18 % que vous mentionnez, s'acquitter d'un précompte mobilier de 25 % ... de quoi relativiser un peu le "privilège fiscal exorbitant" dont bénéficie les actionnaires.

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    3. « c'est a dire que l'humain devient la variable afin d'assurer les rendements des actionnaires »

      Personne ne dit ça. Cependant, on n'a rien sans rien et les autres ne vous doivent rien.

      «rappelons que le taux est a 33,99 et qu'il a donc été divisé par près de 2 en 3ans »

      Il n'y a pas eu de baisse du taux de l'ISOC, ni même de la taxe réellement payés.
      Quant au fait qu'une entreprise paie moins que le taux, il y a certes les niches fiscales, mais la complexité de la comptabilité qui font baisser ou monter la part réelle payée(vous n'avez pas accès aux détails et vous tirez des conclusion pour dire que ce sont des méchants de salops de kapitalistes ?), la question des déficits, etc…

      « Dire que 30% des bénéfices doit revenir a l'actionnariat est sain ? »

      Oui. Et en fait, c'est même peu. L'État actionnaire, lui, il n'hésite pas à prendre jusqu'à 80%. D'ailleurs, Bellens s'est fait viré pour s'en être plaint.

      La raison d'exister d'une entreprise est de faire gagner des sous à ses propriétaires en offrant des services à ceux qui sont prêts à payer pour les avoir.

      Pourquoi un homme engagerait à ses frais une personne en plus dans son entreprise si celle-ci ne lui fait pas gagner plus d'argent ?
      Pourquoi ne le faites-vous pas ?

      Bienvenue dans la réalité.

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    4. oui, si c'est si juteux d'être actionnaire d'une entreprise, pourquoi tout le monde ne le devient-il pas ? Avec le crowdfunding, il est possible d'acquérir des actions d'une société avec 50 euros ... et pourtant, les sociétés qui se présentent ont toutes les peines du monde à réunir 30 ou 40 000 euros pour financer leurs projets. A moins que ... investir dans une entreprise ou mieux, créer son entreprise ne soit réellement si juteux que dans les discours des mégalomanes mais qu'une fois au pied du mur, on se rend compte que c'est loin d'être aussi évident.

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  5. Très bon article. Je voudrais apporter mon petit grain de sel à ceux qui tiquent sur le principe de rémunérer les actionnaires. Une entreprise, pour se développer et donc recruter, ne peut pas se contenter de ses résultats nets et doit lever des fonds. Les actionnaires sont des gens qui avant tout consacrent leur argent à Delhaize, en prenant le risque de le perdre. À l'inverse il est normal qu'ils reçoivent une compensation si tout va bien. Quand votre banque vous prête de l'argent, elle prend aussi un intérêt. Alors ne gueulons pas trop sur les actionnaires parce que sans eux, ce ne sont pas 2500 emplois menacés mais près de 14000. Pour le reste, Delhaize est victime d'un positionnement qui ne correspond plus bien, et parfois il faut pouvoir prendre des décisions difficiles pour garantir l'avenir. Sur les 2500 jobs annoncés, il y aura un nombre très limité de licenciements secs, qui pourront postuler chez Colruyt, qui engage en permanence... et oui, si une chaîne de supermarchés est en déclin, c'est au profit d'une autre. S'obstiner à faire toute sa carrière dans la même société c'est un peu has been...

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  6. Monsieur, tout simplement - et à moins que vous ne soyez nanti, ce qui est fort possible - quand vous perdez votre emploi ( voir les deux pour certains couples ) rémunéré assez chichement, vous vous retrouvez dans la mouise. Et c'est bien le cas de ces gens. Vos explications n'y changerons , hélas, rien . J'ose même vous dire que de vous imposer un peu de retenue serait du meilleur aloi.

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  7. Hier, j'ai répondu mais visiblement, mon commentaire n'est pas passé. Je recopie donc ce que j'ai répondu sur Facebook à quelqu'un. Les chiffres présentés par la CNE hier (je me contrefous de ce que le PTB raconte) sont bons. Le chiffre des ventes du groupe belge augmente de 3% par rapport à 2012. Le bénéfice d'exploitation du Groupe Delhaize SA est de 120 millions en 2013 (page 178 du rapport annuel 2013) (et en diminution par rapport à 2012 mais sur les 10 dernières années clairement pas la pire performance). Ce bénéfice mesure la capacité d'un acteur économique à faire son core-business. Si on examine de plus près les approvionnements et marchandises d'un côté et les rémunérations de l'autre (ce sont ces facteurs qui diminuent les ventes pour arriver au bénéfice d'exploitation), on remarque une augmentation des deux composantes d'un ordre similaire. Donc la capacité de faire du pognon en Belgique est correcte en dépit des cris d'orfaie de Delhaize sur les salaires.

    Sur les dividendes, désolé mais une augmentation du dividendes de 16 centimes brut (donc 11 centimes nets), c'est pas rien. Pas pour ceux qui ont 3 actions, mais pour ceux qui en ont 30.000 ... Je me contrefous de l'actionnaire papa qui regarde la coupe du monde le soir moi. Sur ces dividendes, le rendement du dividende (dividende net/cours de la bourse en fin année) est très correct en 2013 (il est de 2,9% comme semble le suggérer le blog). Oui, en 2012 il était de 3,5% et 2011 de 3%. Super ! Sauf qu'entre 2003 et 2011, il était dans une fourchette entre 1,5% et 2,5%. Visiblement, l'exigence de rendement est neuve.

    Enfin, par pitié, il faut m'épargner les raisonnements purement et simplement économiques : des gens perdent massivement leur job dans une entreprise qui va bien. Donc non, on n'est pas au point où il faut licencier 2000 personnes pour en sauver 14000 autres. De plus, l'argumentation ne prend pas en compte la stratégie commerciale ou la qualité des implantations ...

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    1. Franchement, même si une entreprise fait du bénéfice, elle n'a pas à garder ses employés inutiles. Pourquoi un entrepreneur va-t-il engager quelqu'un qui lui rapporte moins qu'elle lui coute ? Une entreprise, ce n'est pas un service social.
      Vous voulez que les gens engagent d'autres personnes à perte ? Mais faites-le ! Ah oui, c'est votre argent, cépapareil…

      Plutôt que de faire gagner à des travailleurs de l'argent dans un travail inutile, il vaut mieux encore qu'ils soient au chômage, où ils seront disponibles pour trouver du travail qui crée de la valeur ajoutée, alors qu'en réalité, ils sont gaspillés en restant là, car indisponibles. Cette mauvaise allocation de la main d’œuvre est néfaste pour l'entreprise, les travailleurs et la société…

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  8. Je viens de jeter un oeil dans le tableau des comptes et il semble que le PTB se réfère aux comptes non-consolidés du Delhaize Freres et CIE tandis que l'auteur parle des comptes du groupe. Etant donné environ employés, je suppose que Delhaize Frères correspondent au Delhaize Belgium avec un CA de 4.7 mld. En regardant les comptes non-consolidés, les chiffres sont corrects: bénéfice croissant depuis 2010 avec un bénéfice avant impôt de 4092550000 € et impôt de 638000 €, ce qui donne un taux de 0.15 %. C'est très similaire sur les autres années aussi.

    Je ne suis pas comptable mais je ne vois pas pourquoi le taux d'imposition est si peu élevé. C'est peut-être lié à la consolidation? A ce que je vois, c'est pas l'effet de la perte reportée. Quelqu'un aurait une idée?

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    1. oui, comme vous dites, vous ne connaissez pas grand chose à l'analyse financière. Les comptes de Delhaize Frère correspondent aux comptes de la société faîtière qui recueille les bénéfices net réalisés et distribués par les différentes filiales : ces bénéfices ont été imposés dans les filiales qu'elles soient belges ou étrangères et ils ne sont pas imposés une 2e fois quand ils atterrissent dans la maison-mère. Si vous voulez connaître le montant total des impôts payés par l'ensemble de sociétés du groupe, ce sont bien les comptes consolidés que vous devez consulter.

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  9. Hmm, j'ai un peu de mal à écouter la gauche et la droite discuter sur l'économie. Je considère l'économie comme un parasite de la société, sans pour autant tomber dans l'utopie marxiste primaire, mais c'est un autre débat que je créerai pas ici.

    Donc, j'ai un énorme problème : le mélange entre économie, le concept humain, le travail, etc. entre les bobos et "c'est pas bien de licencier quand on fait du bénéfice" et "il est normal de viser le bénéfice maximal", je fatigue.

    Je ne connais pas les vrais chiffres en détails, et en fait ils m'intéressent peu. L'article est un peu extrême, mais certaines idées ne sont pas extrêmes mais juste logique. Considérer les chiffres d'un groupe dans son ensemble est une vaste blague. Si une site coutre trop d'argent, il est plus sain de le fermer. Si une partie de votre corps en gangrenée, on n'attend pas que le reste du corps soit atteint pour agir. C'est un raisonnement purement économique, que je nuancerai quand même en ajoutant qu'il ne faille pas non plus ne viser que les sites ayant un rendement maximal.

    Ensuite, oui les messages puent la récupération, mais je n'irai pas aussi loin que l'auteur le suggère. Le communiqué du PTB n'est pas faux (pour les années, il faut penser à année fiscale et année d'imposition mais c'est un détail), malgré qu'il manipule clairement les chiffres en mélangeant les années. Mais bon, restons réalistes, quand je lis certains chiffres fournis par les autres responsables politiques belges de tous partis, je ne peux que sourire.

    Je passerai sur le principe de dividende, c'est un concept que certains refusent en bloc, d'autres le trouvent naturel.

    Pour la réaction d'Elio, elle n'est qu'une réponse à la population, qui demande un virage à droite économique MAIS couplé à une ingérence du gouvernement dans le privé (ce qui m'invite à me demander s'ils comprennent les principes de base d'une économie de marché). Il ne fait que de la com' et rien d'autres, il ne faut pas s'en offusquer. Et le passage sur la rencontre avec les syndicats m'invite à poser la même question à l'auteur.

    PS pour le passage économique, demander que qu'un gouvernement soutienne les entreprises sans financement (imposition) est comme demander le beurre et l'argent du beurre. En (très) simplifié, sans imposition des entreprises, un gouvernement ne peut soutenir une entreprise en difficulté mais favorise leur création. Avec une imposition élevée, la création d'entreprise est difficile mais le soutien est plus simple. Choisissez, mais vous ne pouvez avoir les deux.

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    1. l'économie un parasite? L'économie c'est l'échange. l'usage d'une monnaie n'est que l'usage d'un étalon vous permettant de s'entendre sur une valeur pour cette échange "consenti". il est en effet très rare qu'un boulanger a besoin de 10000 poupées en échange de X tonnes de sa production de pain par exemple. et meme si il les prenait je doute qu'un agriculteur accepte des poupées comme troc pour sa farine...

      le marché car en gros c'est ça, est aussi vieux qu l'apparition des premiers métiers spécialisés au néolithique.

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    2. Encore quelqu'un qui n'arrive pas à saisir les nuances, s'attarde sur une phrase et essaye de faire coupe la tête à son auteur.

      L'économie actuelle est une forme de parasitisme dans son aspect de jeu en bourse, de dévaluation de monnaie sur des aspects plus ou moins farfelus, où les bénéfices/pertes des pékins moyens ne sont pas une conséquence d'un projet ou d'un travail, mais un jeu totalement déconnecté de la réalité.

      Voila la réalité économique actuelle, mais vous remarquerez que je défends la position économique de Delhaize, je critiquais juste le parasitisme économique que sont devenues les différentes bourses mondiales ou risques de banques comme en 2007. Mais saisir les nuances est tellement difficile, n'est-ce pas ? Créer une monnaie pour simplifier le troc est la base de l'économie, mais de nos jours, nous en sommes à des années-lumières.

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    3. Ce que j'adore en économie, c'est que n'importe qui sans la moindre connaissance peut s'exprimer et donner son avis biaisé dessus et dire des choses complètement WTF sans crainte de passer pour un idiot…
      S'il le faisait pour la science des particules, il n'oserait même pas… J'imagine un individu lambda dire en buvant sa bière sur internet : "pour moi, la théorie des cordes, c'est un parasite de la société, de plus, les cordes à sauter, c'est pour les filles. Et la thermodynamique, c'est chouette, ça permet d'avoir de la lumière quand on fait du vélo"…

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  10. http://www.rtl.be/info/belgique/societe/1099900/bain-de-sang-social-chez-delhaize-le-patron-tetanise-par-la-question-de-notre-journaliste-video

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  11. http://www.rtl.be/info/belgique/societe/1099974/pour-myriam-et-alain-qui-travaillent-en-couple-au-delhaize-c-est-l-angoisse-je-ne-sais-plus-ou-je-suis-

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  12. Bon article, rien d'extrême jute des faits qui semblent corrects. La presse fait de moins en moins son travail surtout quand ça devient un tout petit peu technique. Ca n'enlève rien au drame des travailleurs touchés. Le paragraphe final est tout à fait correct. Une masse de petites fermeture n'est pas couverte par la presse et non traitée par les politiques.

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  13. L'argumentation avancée dans la section "impôt" de l'article est franchement bancale... Je ne suis pas certaine qu'il s'agisse de l'avis le plus éclairé sur la question. Brièvement, les RDT ne jouent aucun rôle dans l'évitement de la double taxation au niveau consolidé des résultats nets des entités locales, mais bien uniquement des dividendes distribués par les filiales à la maison mère. ça fait quand même une sérieuse différence sauf si l'auteur part du principe que l'intégralité des bénéfices locaux sont remontés en tant que dividendes vers la société mère (on reparle du ratio dividendes/ bénéfice net?). Alors oui, il existe des instruments fiscaux permettant d'éviter la double imposition des bénéfices nets locaux mais il s'agit des conventions préventives de double imposition signées par la Belgique avec d'autres pays. Il ne s'agit donc pas d'un mécanisme automatique, bénéficiant à coup sûr à Delhaize sur les bénéfices de toutes ses filiales mais seulement sur celles localisées dans des pays qui ont signé une telle convention avec la Belgique... Je ne dis pas que l'argumentation du PTB est correcte, mais j'ai du mal à faire confiance à quelqu'un qui exprime un avis pour lequel il n'a visiblement pas l'expertise nécessaire (en tout cas au niveau fiscal).

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  14. Cette exemption est aussi valable pour les filiales belges détenues par la maison-mère. Si vous ne regardez que les comptes de la maison-mère, vous ne verrez pas l'impôt payé par les filiales belges en Belgique. Le groupe Delhaize a bel et bien payé 18 % d'impôt sur l'ensemble de ses bénéfices belges et étrangers. Le calcul du PTB est totalement biaisé et utilise l'ignorance de la plupart de ses électeurs potentiels.

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  15. N’oublions pas non plus que beaucoup des actionnaires, sont de « petits actionnaire ». L’action de Delhaize est considérée comme étant un placement de bon père de famille.

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  16. Certaine personne me font rire (si ils perdent leur emploi ils sont dans la mouise.)
    Prenez n'importe quel indépendant et demandez lui comme il fait si pendant plusieurs jours voir plus mois il n'a pas de rentrée d'argent ( client mauvais payeur, fluctuation du marché ..). Cela ne change pas il doit toujours faire fasse à la vie avec toutes les charges que ça implique (sans chômage pendant les moments creux). Alors SVP pesez vos mots. Le vrai fautif c'est notre gouvernement qui nous saigne à longueur de temps.

    M. Ernst S. Hemignwe merci pour votre lucidité.

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  17. Précisions sur les impôts (non) payés par Delhaize

    12 Juin 2014
    auteur:
    Marco Van Hees

    Quel est le taux d'imposition réellement payé par Delhaize ? Le service d'études du PTB avance un taux de 0,15 % tandis que le rapport du groupe mentionne 17,6 % ? Qui a raison ?

    En réalité, ces deux taux mentionnent deux réalités différentes.

    1) Le taux d'imposition généralement mentionné dans les études du PTB est celui des comptes annuels. Dans le cas présent, il s'agit de la société anonyme Ets Delhaize Frères et Cie Le Lion, maison-mère du groupe. Cette société belge paye au fisc belge un impôt sur son bénéfice. En 2012, sur un bénéfice avant impôt de 411.221.047 €, elle a payé 609.234 € d'impôts. Si l'on divise ce second montant par le premier, on obtient bien un taux d'imposition de 0,15 %.

    2) Le taux d'imposition mentionné dans le rapport de Delhaize est celui des comptes consolidés. Les comptes consolidés sont une reconstitution théorique basée sur l'hypothèse que toutes les sociétés du groupe, partout dans le monde, ne constitueraient qu'une seule société.

    Laquelle de ces deux approches est-elle la plus appropriée ? Tout dépend de ce que l'on veut observer. Ce qui est sûr, c'est que si l'on met en question la fiscalité belge, la première approche... s'impose (ha ha ha), celle des comptes annuels non consolidés. En effet, s'agissant d'une multinationale, les impôts consolidés reflètent la charge fiscale globale des différents pays dans lequel le groupe est présent.

    Quelles sont les déductions fiscales belges dont profite Delhaize ?

    Le groupe Delhaize bénéficie essentiellement de deux cadeaux fiscaux belges.

    1) Les intérêts notionnels. Le centre de coordination du groupe, Delhaize Coordination Center, est une sorte de banque interne de la multinationale, qui accorde des prêts aux filiales de celle-ci, partout dans le monde. Pendant 20 ans, de sa constitution en 1987 jusqu'à 2006, elle a profité du régime fiscal des centres de coordination, ce qui lui a permis de payer moins de 1 % d'impôt sur ses bénéfices. A partir de 2007, le centre de coordination a perdu ce régime fiscal particulier (condamné par l'Europe), mais a profité de son successeur, les intérêts notionnels. De 2007 à 2012, cette société a ainsi déduit 522 millions d'euros d'intérêts notionnels.

    2) Les revenus définitivement taxés (RDT). La société anonyme Ets Delhaize Frères et Cie Le Lion, maison-mère du groupe, profite essentiellement des RDT pour ne (presque) pas payer d'impôts. En soi, la justification de ce mécanisme fiscal peut sembler correcte. L'idée est de ne pas taxer au niveau de la maison-mère les dividendes qu'elle perçoit de ses filiales, ces dividendes étant issu du bénéfice (normalement) déjà taxé au niveau desdites filiales. Le problème, justement, c'est que les RDT sont accordés sans regarder si les bénéfices des filiales ont réellement été taxés, ni à quel taux.

    Prenons le cas de la filiale évoquée plus haut. En 2012, Delhaize Coordination Center verse 85 millions d'euros de dividendes à sa maison-mère Ets Delhaize Frères et Cie Le Lion. Cette dernière voit donc son bénéfice augmenter de 85 millions, mais, grâce aux RDT, évite l'impôt sur ce montant. Selon la logique : le bénéfice de la filiale a déjà été soumise à l'impôt. Sauf que grâce aux intérêts notionnels, Delhaize Coordination Center a payé à peine 3,4 % d'impôts en 2012. Autant dire rien. Pour la maison-mère, cela devient donc des... revenus définitivement non taxés.

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  18. Nous ne pouvons plus rien faire contre ce mal mondialiste de la délocalisation. Pour Delhaize, cela se passait avant au niveau de la Belgique. On fermait un magasin non rentable et on replaçait le personnel dans une autre succursale. Maintenant, les entreprises se gèrent au niveau mondial dans un joyeux mélange de cultures, de continents, d'économies locales... Et j'avoue parfois me poser des questions sur le véritable rôle des syndicats. Quand on pense qu'on n'en a pas vu un seul quand la Sabena a licencié 15.000 personnes qui se sont retrouvées dans la rue...Pour qui roulent-ils à la fin? Non, décidément, il y a des choses qui nous échappent, parce que nous restons dans la cour des petits et des sans grades...

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