lundi 10 février 2014

Le beurre, l'argent du beurre et le sourire de Marcourt (31/10/2013)


mittal2Souvenez-vous, c'était il y a un an à peine, en septembre 2012, Mittal faisait part de son intention de fermer la phase à chaud de Liège et démarrait la procédure Renault.
Dans le même temps, la direction d’ArcelorMittal avait annoncé son retrait d’un plan d’investissements de 138 millions d’euros destiné à garantir l’avenir de la phase à froid à Liège. ...gardez en mémoire ce projet abandonné par Mittal de 138 millions et que Mittal devait investir...
Que n'avons nous alors entendu Jean-Claude Marcourt et les différents élus faire de la musculation verbale ?
Tout d'abord, Jean-Claude Marcout a engagé un Consultant externe pour 1 million d'euro. Marcourt s'engageait ainsi à trouver un repreneur dans les 2 mois ! Un an après, nous n'avons toujours pas entendu, vu, trouvé de repreneurs pour un site dépassé au sein d'une activité surcapacitaire (ce qu'on ne sait que depuis 30 ans finalement...)
Le repreneur de Marcourt
En janvier 2013, il se donne donc 2 mois pour trouver un repreneur capable de développer certaines activités de niche. Il y a, selon lui, "énormément d'industriels qui gagnent de l'argent en Europe, alors que Mittal en perd". "J'ai des idées en tête", a-t-il ajouté, sans toutefois donner les noms des candidats potentiels. "Je ne les ai pas encore contactés". (source : Le Vif-L'Express).
Marcourt ne manque pas au passage d'injurier copieusement Lakshmi Mittal en le traitant entre autre de "crapule" et insistant que les dirigeants de l'entreprise ont perdu toute crédibilité.
Fin janvier, toujours sur ses ergots, Marcourt fait un appel solennel à Mittal : "vous nous avez dit que vous garantissiez de charger les 5 lignes restantes à plus de 80 % : prouvez-le. Les travailleurs sont là, à leur poste, ils attendent que vous leur donniez du travail. Vous nous aviez dit auparavant que vous vouliez réaliser des investissements : prouvez-le et faites-le. Que vous vouliez consolider le centre de recherches et implanter de nouvelles technologies : prouvez-le. Que vous alliez assumer votre dette environnementale, que vous alliez payer votre dette de 20 millions, que vous alliez assumer votre responsabilité sociale à l’égard des travailleurs et de leurs familles : prouvez-le." Et ne manque pas de bomber le torse en menaçant : "Cédez les outils à quelqu’un qui peut réussir là où vous avez échoué. A défaut, sachez que nous utiliserons tous les moyens pour vous faire plier."
En février, Marcourt fait un communiqué sur le site du PS, communiqué qui va à l'encontre de ce que déclarait Arcelor Mittal : "Mittal confirme certes son intention d’investir 138 millions d’euros pour faire de Liège un centre d’excellence pour l’emballage, les aciers spéciaux et l’automobile ainsi que d’autres dispositions connexes". Chose que Mittal avait pourtant clairement repoussé au vu de l'ambiance régnant à Liège...
mittal3
Quatre mois plus tard, en avril 2013, toujours aucune trace du repreneur, mais Marcourt ne manquant pas de culot signale : "Nous avons plusieurs marques d’intérêt". En effet, la Banque Degroof associée à la recherche d'un repreneur a contacté une soixantaine de sidérurgistes dans le monde. Je ne sais pas à quoi ressemblait ces marques d'intérêt, mais nous arrivons en novembre et il n'y a toujours pas trace d'un potentiel repreneur.
"Nous avons les moyens de vous faire plier"
Ne trouvant nul repreneur, Marcourt va continuer à muscler son discours en parlant "d'exproprier" Mittal. Il annonce ainsi son intention de faire voter par le Parlement wallon un décret permettant l’appropriation d’outils économiques, et ce, pour cause d’intérêt public : “Ce texte ne visera pas seulement les outils sidérurgiques liégeois. Il aura une portée générale et comblera un vide dans la législation belge. La France ou les Pays-Bas disposent de dispositifs comparables”. Cela permettrait aux pouvoirs publics wallons de se saisir des outils du bassin sidérurgique liégeois.
Ce qui est moins dit, c'est que cette nationalisation, ou plutôt régionalisation, contraindrait la Région à racheter le site. Elle devrait ensuite prendre à sa charge les énormes frais pour remettre les outils à niveau, une ardoise estimée entre 680 et 800 millions d'euros. Elle devrait ensuite trouver un repreneur (dont on sait qu'elle ne le trouvera pas vu qu'elle l'a déjà cherché...).
A ce jour, le décret n'est toujours pas voté, je ne sais même pas s'il a été déposé en projet et discuté... musculation, musculation... [Phineas_Barnum me signale que le décret a passé le cap de la duxième lecture au gouvernement wallon et est désormais soumis ppour avis au Conseil d'Etat.]
Le Soir mentionne aussi à cette occasion: "Pour les parlementaires, qui s’exprimaient en présence de représentants syndicaux d’ArcelorMittal, c’est en effet sans Mittal que doit désormais s’envisager l’avenir de Liège. Certains ont pris clairement position en faveur d’un portage public dans l’attente d’un repreneur, comme la chef de groupe PS, Isabelle Simonis, privilégiant une opération par le biais de la Sogepa (qui gère les participations wallonnes dans la sidérurgie)." ...gardez aussi en mémoire l'histoire de la Sogepa...
Le beurre, l'argent du beurre et le sourire de Marcourt
C'est dans ce contexte qu'en ce jour d'Halloween, on apprend que la Région Wallone va prêter 138 millions d'euros au groupe Mittal (qui ne fait jamais que 84 milliards d'euros de chiffre d'affaire). Montant qui sera avancé par... la Sogepa. Si je comprends bien, on va donc prêter de l'argent à, et je cite Marcourt, des "crapules" et des "dirigeants sans aucune crédibilité".
En résumé :
  • Mittal décide il y a deux ans de fermer la phase à chaud de Liège.
  • Mittal annule un investissement de 138 millions d'euros.
  • Marcourt annonce qu'il fera assumer ses responsabilités à Mittal : plan social, revendre l'outil, dépolluer le site...
  • Marcourt prétend faire exproprier Mittal, le financer avec l'argent de la Sogepa, et le revendre à un repreneur...
Et au global ?
Marcourt baisse son pantalon, n'exproprie rien du tout mais va financer lui même un investissement à la place de Mittal qui continue à se foutre sa gueule, ne respectera aucun engagement.
La Gouvernement Wallon n'a aucune intelligence, aucune connaissance économique, aucune vision globale, stratégique.
Le Gouvernement Wallon n'a simplement aucune dignité.

Global Competitiveness Report : la place de la Belgique (04/09/2013)


WEF0L'édition 2013 du Rapport sur la Compétitivité Mondial du Forum Economique Mondial (Global Competitiveness Report from the World Economic Forum) est sortie. Surprenant de n'en trouver aucune trace dans les journaux belges de qualité, sans doute trop préoccupés à commenter les histoires de filiation monarchique et les confidences de l'ex-maîtresse supposée de l'ex-roi de Belgique.
Je me suis donc plié à l'exercice moi-même.
Globalement bon mais en baisse
Cette année la Belgique occupe la 17ème place du podium (sur 144 pays), en baisse de deux places comparé au classement précédent. Cette 17ème place reflète des situations relativement contrastée selon les indicateurs distincts pris en compte.
Ainsi, notre système de soin de santé et d'éducation de base sont parmi les meilleurs au monde. Pour ces critères, la Belgique se classe 2ème, justifiant partiellement son titre de "paradis social envié par le monde entier". Pour ce qui est de l'enseignement supérieur, le classement se confirme avec une honorable 4ème position. La traduction littérale vous apprendra que "la Belgique performe particulièrement dans l'enseignement des mathématiques et des sciences, dispose d'école de management de pointe et une forte propension à la formation sur le terrain. Ceci contribue à une excellente capacité d'innovation (11ème place)". Je poserai tout de même un bémol à ce classement en matière d'enseignement tellement ces points diffèrent des constats posés par les études PISA ou par la désaffections des inscriptions dans les secteurs des sciences.
Notre marché se caractériserait, selon le rapport, par un haut niveau de concurrence et un environnement qui contribuerait à la création de nouvelles entreprises (surprenant quand vous lirez les indicateurs et je ne peux être d'accord personnellement). De même, le niveau de management est qualifié de "hautement sophistiqué".
On peut donc se féliciter de ces aspects extrêmement positifs de notre pays, aspects qui touchent aussi bien le privé que le public. Seulement voilà, après les fleurs, malheureusement, quelques pots...
Peut (beaucoup) mieux faire.
On ne peut se contenter de s'auto-congratuler de ce qui va bien, nous devons aussi tirer les enseignements de ce que les autres indicateurs nous apprennent...
Par exemple, sur 144 pays, la Belgique se classe...140ème pour son système d'imposition et de taxation, confirmant ainsi son statut d'enfer fiscal déjà consacré par la Commission Européenne dans son dernier rapport et dans les rapports successifs de l'OCDE. Quand à "l'environnement qui contribue à la création d'entreprise", je reste très surpris de cette phrase dans le rapport, d'abord à cause de l'enfer fiscal, mais aussi parce qu'en terme d'environnement macro-économique, la Belgique n'atteint que la 66ème place !
Et ce n'est pas la régulation gouvernementale qui nous aide car celle-ci nous renvoie à la 133ème place!
Bien trop bas pour dynamiser le secteur privé et l'emploi. Ce qui se confirme par une mauvaise 50ème place pour le dynamisme de notre marché du travail.
Outre son déplorable niveau de taxation, son environnement macro-économique et un dynamisme du marché du travail pour le moins mitigé, en terme d'efficacité gouvernementale, tout se tient, la Belgique est reléguée à la 55ème position.
L'analyse de notre environnement économique est contrastée, si globalement la situation de nos entreprises et de notre marché est bonne, on remarque ici, dans la finesse, l'impact que la (sur-)régulation gouvernementale a sur notre environnement économique, pointons ainsi 140ème pour la rage taxatoire, 121ème sur le poids de l'impôt, 132ème pour la rigidité des politiques salariales, 132ème aussi pour la flexibilité de l'emploi, 90ème sur le rapport salaire/productivité. Les autres éléments (voir plus bas dans la section "si vous avez le temps") sont corrects. 
Le rapport mentionne donc que "l'environnement macro-économique est pénalisé par des dépenses publiques persistantes et une dette publique élevée."
Tout se tient
Une remarque ici aussi sur ces quelques mots "dépenses publiques persistantes"... oui, sans doute, mais il faut aussi y voir qu'elles sont dans certaines mesures très efficaces (à voir si elles ne sont pas disproportionnées pour autant) étant donné l'excellente place que nous occupons dans les soins de santé et l'éducation. Il s'agit ici de choix de sociétés qui ont été posés. La question est alors de se pencher sur l'efficacité de la dépense publique. Et selon les indicateurs (toujours à prendre avec des pincettes), à ce niveau là on peut réellement mieux faire. Ceci suppose que l'on pourra obtenir les mêmes positions dans le classement en dépensant moins et mieux l'argent public.
Le rapport se penche aussi sur diverses statistiques de notre marché, ainsi, notre PIB est composé à 78% de services, 14% de manufacturier, 8% d'industrie non-manufacturières, et 1 petit pour cent d'agriculture. Plus marquant est le profil dressé pour la Belgique et qui nous donne de vraies pistes d'amélioration. 
Les facteurs les plus problématiques pour faire des affaires en Belgique ? Taxes et inefficacité gouvernementale.
WEF1
Il faut aussi prendre ce rapport  en sachant qui l'écrit. Le World Economic Forum, ce n'est pas le Forum Social, il y a donc un biais dont il faut tenir compte. Mais il n'en reste pas moins, que successivement, la Commission Européenne, Eurostat, l'OCDE pointent les mêmes problèmes récurrents en Belgique. La hauteur et l'étendue de l'imposition sont de réels obstacles à la prospérité du pays et de ces habitants.
La Belgique se trouve sur tous les podiums en matière de taxation. Impôts sur le revenu, impôts des sociétés, TVA, impôts sur la fortune (pour la Commission Européenne, cet impôt existe bel et bien mais est déguisé sous d'autres formes et la Belgique serait même première devant la France). Alors oui, nous avons un système de santé performant, mais ne peut on faire aussi bien avec moins d'impôts. Quelle part réelle des prélèvements est consacré au bien-être et au social ? Pourquoi ne pas comprendre que le niveau de taxation est devenu pénalisant pour la création de prospérité de notre pays et que, ce faisant, le nombre d'entreprises et de contributeurs diminue et mènera à l'impossibilité de financer un système devenu vampirique?
Que faire de ce rapport ?
Il ne faudrait donc pas se limiter à un indicateur pour faire de grands titres mais il est évident que ce classement reflète aussi des choix de société. Je souhaiterais que les politiciens belges se penchent très sérieusement sur ce rapport (et ceux de l'OCDE, d'Eurostat ou de la Commission Européenne), intègrent les différentes dimensions de leurs contenus et viennent en 2014 avec des choix de société comme programme électoral. Qu'ils prennent le temps de la pédagogie, d'expliquer que tout le monde veut "moins d'impôts mais plus de services publics" mais que ça, ça ne fonctionne pas et qu'il faut choisir.
J'aimerais que nos politiciens nous lâchent avec leurs petits problèmes communautaires de merde et leurs baronnies où l'on saupoudre des subsides. J'aimerais qu'ils me proposent de vrais choix, de vraies alternatives, qu'ils les expliquent et traitent la population en adultes responsables. Nous sommes à la croisée des chemins, "tout" n'est pas un programme. L "anti" n'est pas un programme.
Aujourd'hui, moi, et d'autres surement, je ne sais pas pour qui je voterai cette fois. Mais je refuse de voter par élimination, par anti ou par démagogie. J'aimerais un programme auquel je peux adhérer. La Belgique est à la croisée des chemins. Je me fous de BHV. Par contre, l'avenir économique, social, sociétal de mon pays, futur de nos enfants, j'aimerais pouvoir le choisir et non le subir

Du courrier pour Koen Geens, Ministre des Finances (22/07/2013)


Monsieur le Ministre,
Cher Koen,
 
J'ai bien l'honneur de t'écrire et créer ainsi un lien, qui j'en suis sur, renforcera la confiance que tu entends mettre en place entre l'administration fiscale et lecontribuable... ah non, entre l'administration fiscale et les entrepreneurs... non plus... entre l'administration fiscale et les professionnels du chiffre. Je suis séduit à l'idée de la "tax-cification" que tu leur proposes mais m'offusque quelque peu que, finalement, tu ne t'intéresses qu'à ceux-là même qui sont armés pour réussir à se défendre de la hargne d'une administration qui semble réellement nous détester.
 
Et en matière de confiance, je vois que tu n'es pas en manque d'idées. Mais ces idées, Koen, franchement, ne visent-elles pas une fois de plus à privatiser une des fonction de l'Etat ? Ne mènent-elles pas à transformer ces professionnels du chiffre en contrôleurs fiscaux à titre gracieux, une fois de plus ? 
 
Tout ceci renforce-t-il la confiance entre l'administration et ses administrés ? J'ai la faiblesse de penser que non. Tu les transformes en "inspecteurs du fisc" qui devront dénoncer des "situations suspectes". Puis-je à cet égard te rappeler que nous, entrepreneurs, sommes déjà les premiers percepteurs d'impôts de l'Etat par le biais de nos déclarations TVA et les versements y afférents ? Ce d'ailleurs même si nous n'avons pas été payés ?
Est-il aussi nécessaire de te signaler que nous, entrepreneurs, sommes aussi devenus des inspecteurs sociaux ? Pour peu que nous ayons un chantier avec un sous-traitant, nous voilà obliger de contrôler que ce sous-traitant est en règle de cotisations et de paiements ? Que le cas échéant, nous devenons responsables et solidaires de leur dette à l'égard de l'Etat ?
 
Et nous devrions avoir "confiance" ?
Tu ne t'adresses pas aux contribuables, indépendants ou entrepreneurs, cibles privilégiées de ton administration, alors même que la confiance est rompue depuis longtemps.
  • Comment avoir confiance Koen, quand ton collègue Crombez nous assimile tous à des fraudeurs ou des voleurs ?
  • Comment avoir confiance Koen quand la délation est érigée en modèle de société par un Gouvernement ? (les chiffres de la délation sont éloquents : en juillet, nous avons déjà un nombre de dénonciations supérieur à toute l'année 2012). La jalousie et la frustration deviennent les moteurs de gens désœuvrés qui dénoncent, à tort ou à raison qui leur voisin, qui leur patron... Et l'administration fiscale ouvre d'office une vérification.
  • Comment avoir confiance Koen, quand lors d'un contrôle fiscale, le principe de la preuve est systématiquement inversé ? Nous partons tous coupables à priori, à nous de démontrer que nous ne le sommes pas.
  • Comment avoir confiance Koen, quand le fisc rejette nos preuves et faits pour se baser alors sur une "intime conviction" et nous redresser d'office ? Nous sommes systématiquement forcés d'aller au procès pour prouver notre bonne foi, démontrer que nos preuves sont des faits et non des "convictions".
  • Comment avoir confiance Koen quand on nous dit: "votre comptabilité est en ordre... un peu trop, c'est la meilleure preuve que vous êtes un fraudeur" ? Et que les comptables savent qu'il faut "mettre des crasses" pour que ton administration ait son os à ronger, sinon, c'est pire.
  • Comment avoir confiance Koen quand nous n'osons même plus demander un remboursement TVA, celui-ci débouchant quasi systématiquement sur un contrôle TVA ? Contrôle qui se passera bien ou mal mais qui nous aura encore pris du temps.
  • Comment avoir confiance Koen quand, pour un jour de retard de paiement de notre précompte, nous recevons systématiquement une invitation à payer des intérêts de retard ? 
  • Comment avoir confiance Koen quand, selon le besoin d'argent du Gouvernement, celui-ci changera les règles en cours de route, une fois de plus, nous laissant vivre dans l'insécurité juridique permanente, nous donnant l'impression de n'être que des vaches à lait et nous empêchant de gérer notre petit patrimoine en bon père de famille sur un plus ou moins long terme ?
  • Comment avoir confiance Koen quand on applique une législation destinée aux marchands d'armes sur de petits commerçants qui ont juste eu l'audace de faire un restaurant un peu moins justifié ? 
Non Koen, ce n'est pas en t'adressant aux "professionnels du chiffre" que tu recréeras la confiance entre nous et l'administration fiscale. Nous, entrepreneurs et indépendants, nous en avons marre d'être livré à la vindicte populaire, à la jalousie de notre entourage, à la suspicion et l'opprobre. Cette administration, qui nous pourchasse dès qu'elle peut, oublie que nous finançons tout le système qui permet à l'Etat, aux fonctionnaires et aux allocataires de vivre.
 
Quand ta collègue Marie Arena ose sortir "C'est l'Etat qui crée la richesse", alors que nous venons encore de subir un tour de vis fiscal pour alimenter ce système, la confiance ne peut renaître.
Quand ton collègue Crombez met en place des systèmes de délation institutionnel et nous désigne pour cible, la confiance ne peut se créer.
Quand dans les discours royaux, nous n'avons entendu qu'éloges pour les Gouvernements et la Fonction Publique, nous nous sentons oubliés, niés dans notre rôle essentiel de création de la richesse de ce pays. Nous n'avons pas confiance quand on ne nous respecte pas, qu'on ne pense même pas à nous remercier, nous le secteur privé.
 
Koen...à défaut de confiance de la part de l'administration, je serai déjà content que celle-ci me respecte et cesse de me considérer comme un "présumé délinquant financier". Nous pourrons parler "confiance" quand le langage des hommes et femmes politiques, tes collègues, changera à notre égard.
Non Koen, je ne suis pas prêt à avoir confiance dans ton administration, mais je ne demande qu'une seule chose : convainc moi du contraire. Toi et tes collègues.
La question subsidiaire, c'est de savoir en combien de temps je pourrais avoir un contrôle fiscal après ce courrier...
 
Bien à toi,
 
Un contribuable qui reste aussi anonyme que les délateurs vu que c'est accepté. Puis, ça m'évitera (peut-être) un contrôle fiscal.

Ryanair, le Hainaut, même combat : subsides et chantage (19/07/2013)


Connaissez-vous le point commun entre Ryanair et le Hainaut ? Outre le fait que Ryanair dispose d'un hub à Charleroi (en province de Hainaut), ils ont une autre similarité : ils s'abreuvent tous deux de subsides et aides en tout genre, et pratiquent tous deux le chantage quand ils trouvent que ça ne suffit pas.
Ryanair
Ainsi, Ryanair a reçu des subsides en tout genre et continue à percevoir des aides substantielles qui ne disent pas leurs noms sous la forme de droits d’atterrissage réduits et de taxes d'aéroport ridicules par exemple. Ainsi, un avion se posant à Charleroi paiera une "redevance atterrissage" de 2,3 € contre 28 € s'il se pose à Zaventem. En outre, selon certaines sources, Ryanair percevrait en sus 16 € de la Région Wallonne par passager décollant de Charleroi...
C'est dans ce contexte et dans une situation budgétaire précaire (voir article du 17 juillet) que le Gouvernement Wallon a proposé de percevoir une taxe de 3 euros par passager décollant d'un aéroport wallon. Le trafic PAX en 2012 représentait 6,5 millions de passagers, ce sera donc un revenu un peu anecdotique pour le gouvernement avec un retour attendu de 19,5 millions d'euros. Notez bien que cette taxe, c'est le passager qui la paiera, pas Ryanair. Il n'en reste pas moins que Ryanair hurle à l'assassinat de son business model, chante que cette taxe de 3 euros amènera une baisse de 1.000.000 de passagers, coûtera 1.000 emplois et causera une réduction de 17% de son trafic à Charleroi... Ah, non... ce n'est pas exactement ce qu'ils disent. Ryanair dit en fait : si vous taxez, nous réduirons de 17%. Car, soyons sérieux, une augmentation de 3 euros d'un billet d'avions, pour peu chère soit-il, ne causera jamais une perte de 1 millions de passagers. 
Ils iraient où ces passagers ? A Bruxelles-National ? Rien que d'y penser, leur taxe d'atterrissage commencerait déjà par leur coûter 25€ par billet... Soyons un peu sérieux. Mais Ryanair menace, fait son chantage habituel. A ce genre de propos, une seule réponse s'impose : "NUTS". C'est le seul langage que comprend O'Leary. N'oublions pas que si Ryanair apporte 6,5 millions de passagers à Charleroi, l'inverse est aussi vrai... Charleroi apporte 6,5 millions de passagers (et des subsides, et des aides, et...) à Ryanair. 
Le Hainaut
Pendant ce temps, le Hainaut, province championne toute catégorie en matière d'aides, de subsides, Objectifs 1, Objectif 2 et autre Objectif Phasing Out menace le Gouvernement Wallon. Sans honte, sans gêne, sans décence ni retenue. Le Hainaut veut continuer à sucer la mamelle des subsides fédéraux, régionaux, européens...
Le Hainaut... une des 5 provinces wallonnes... mais qui, par exemple, reçoit 57% des subsides touristiques de toute la Région. Et ce ne sont là que les subsides touristiques. En matière d'aides européennes, la Province est championne belge aussi. N'oublions pas non plus tous les projets largement subsidiés que le Gouvernement Wallons(ou Fédéral par le biais de l'entregent du Premier Ministre) ou les Objectifs 1 détournés de leur destination : Grand Place de Mons, Fontaine de Mons, Remparts de Binches, piscine de Mons, Gare de Mons (oui, bon, en Hainaut, on a parfois l'impression que seuls Mons et Charleroi existent, c'est comme ça), etc etc.
Et, chacun de ses projets est financé, non par la Province, mais par les autorités "supérieures" : Fédéral, Régional, Européen etc. 
Mais pour la Province, cette institution désuette s'il en est, ce n'est pas suffisant. Il faut qu'on lui donne plus. Ce qui me fait penser à cette pub Luminus où une sorte d'ogre hurle "pluuuuuus, pluuuuuuus ! " (voir en bas de ce post si vous ne la connaissez pas ou souhaitez la revoir)
Et donc, cette Province sans gêne ni décence a décidé d'exercer son petit chantage avec, ma foi, autant de talent que Ryanair. Oui, le Hainaut est une province low-cost. C'est La Libre qui déterre le lièvre : 
"La province de Hainaut a adressé jeudi une mise en garde sévère au gouvernement wallon. Lassée de voir les moyens provinciaux rabotés, elle a décidé de postposer au-delà de 2014 ses investissements dans une série de projets. L'e-campus de Tournai, cher à Rudy Demotte, Mons 2015, cher à Elio Di Rupo, la cité des métiers à Charleroi, etc. pourraient en pâtir. Au début du mois, le gouvernement wallon s'est accordé sur le transfert à la Région des voiries provinciales -dossier en souffrance depuis 10 ans- ainsi que des compétences provinciales en matière d'énergie et de logement. Ce faisant, il a également retiré au fonds des provinces les moyens correspondants, soit 4 millions d'euros pour l'énergie et le logement."
 On parle donc bien de raboter les moyens de la Province, mais ce n'est que la contrepartie d'un transfert de compétences. Mon avis personnel est que l'on pourrait même supprimer toutes les compétences aux provinces et les faire disparaitre, mais ce n'est pas le sujet. 
Nos édiles de la Province, furieux de voir la manne céleste se tarir décide donc de faire du chantage : tu me prends du pognon, je bloquerai tes projets prioritaires. Peu importe apparemment que ceux-ci soient financés (comme la taxe sur le billet d'avion) par d'autres, le conseil provincial fait son chantage et menace de retirer des moyens dédicacés aux autres projets.
Mais ce n'est pas comme si on était en pleine crise économique, c'est vrai. A ce genre de chantage, entrepotes camarades du même parti faut-il le signaler, une seule réponse prévaut. Sans grand discours ni forme, ni fond. NUTS ! 
...mais bon...là, si vous vous souvenez de l'origine du "Nuts",  je vous parle d'une époque ou des gens se battaient encore pour leurs idées, leurs idéaux et leurs libertés.

Une taxe n'est pas une mesure d'économie (17/07/2013)


Cocorico, le coq wallon a chanté : le budget est ficelé... Enfin, il aurait aussi bien pu chanter trois fois vu la manière dont il nie les mesures taxatoires supplémentaires qu'il a prises.
Une fois de plus, ce qui me choque énormément outre ces mesures, c'est le traitement médiatique dont elles font l'objet. Je suis très surpris de voir les journalistes contemporains se contenter d'un communiqué du Gouvernement Wallon et le recopier quasiment sans correction, sans analyse, sans questionnement. Je ne suis pas complotiste mais j'aimerais que la presse "de qualité" qui alimente le citoyen en information retrouve quelque peu ses lignes de noblesse. Pour le moment, à part nous saouler de Place Royale à répétition, à part s'indigner sur des sujets dont on se fiche les trois quart du temps pas mal ou s'indigner en surfant sur une vague populiste, à part se contenter de copier-coller de dépêches d'agence comportant la même faute d'orthographe dans chacune des gazettes... que fait encore cette presse de qualité ? Elle doit cesser de s'interroger sur la perte de son lectorat et se pencher sur ce qu'elle produit...
Mais revenons à nos moutons budgétaires...
1. On ne bombe pas le torse quand on trouve moins de 50% des mesures nécessaires !
Relisez les gazettes et différents communiqués, nous sommes encore loin du compte, le Gouvernement Wallon a pêché 300 millions... il en faut 700.
2. "l'accord sur le second ajustement de 2013 et s'entendant sur 286 millions d'euros d'économies pour 2014, dont recettes nouvelles.
Il faut être journaliste stagiaire pour accepter de retaper une phrase pareille... 
D'abord, une recette (taxe / impôt / accises / cotisation...)  n'est pas une mesure d'économie !!! Ça peut paraître bête comme ça, mais cette phrase n'est pas française. C'est comme dire "j'ai pris 20 litres d'essence dont des bonbons". Aucun rapport... Ce n'est pas la même chose.
Ensuite, insister sur les économies sans que personne ne sache ce que représente lesdites économies ou la proportion économie / nouvelles recettes. Parce qu'on pourrait faire 1 euro d'économie pour 10 euros de recettes nouvelles... Alors voyons les chiffres.
Et le Gouvernement de communiquer sur "2% de réduction de dépenses primaires". Impressionnant ! Époustouflant ! Sauf que 99,99% des citoyens 
- ne savent pas ce que ça veut dire
- n'ont aucune idée de ce que ça représente en chiffre
- comptent pas sur les journalistes pour le chercher et l'expliquer (c'est pas gagné).
Le Waldorfington s'est donc donné la peine de chercher ce que représente cette réduction qui est en réalité la seule mesure d'économie de ce budget. Les éléments cités à côté par la presse font partie des dépenses primaires. Ce n'est donc pas "2% de réduction de dépenses primaires et ..." mais "2% de réduction de dépenses primaires DONT..."
Et c'est au détour d'un rapport de la Banque Nationale, à la page 185 que je finis par trouver le chiffre des dépenses primaires de la Wallonie. Si je me base sur le chiffre 2012, communautés et régions, on est à 1,3 milliard d'euros. Si on prend la moyenne 2000-2012, on est à 2,8 milliards. La part de la Wallonie / Fédération Wallonie - Bruxelles n'est pas précisée, mais soyons généreux, laissons leur l'intégralité, l'économie n'en paraîtra que plus impressionnante
On a donc une hypothèse basse et une hypothèse haute des mesures d'économies (les 2% de réduction) : 
- hypothèse basse : 26 millions d'euros
- hypothèse haute : 56 millions d'euros
Donc, des 286 millions "d'économies" trouvés, la réalité est :
- entre 26 et 56 millions d'économies
- entre 230 et 260 millions de recettes nouvelles.
Quand la répartition "nouvelles recettes" - "économie" se compose à 80-90% de nouvelles recettes, on a l'élégance et l'honnêteté de ne pas parler de mesures d'économie!
Et quand on est journaliste, on farfouille les chiffres, on les analyse et on les communique.
Une taxe n'est pas une mesure d'économie. Encore que dans un pays où une Ministre en exercice explique sans rougir que c'est l'Etat qui crée la richesse et qu'aucun journaliste ne la reprend, au final, tout est possible.
Et avec tout ça... on doit encore trouver 400 millions.

Un "cadeau" de 11 milliards d'euros (15/07/2013)


Si Laurette Onkelinx est la dernière des burnes en économie (avis qui n'engage que moi), un chose qu'elle maîtrise à la perfection, c'est la communication.
Ainsi, sur base d'un rapport sur l'écart salarial, madame Onkelinx annonce tout de go "les entreprises bénéficient d'un soutien s'élevant à 11 milliards d'euros par la biais de réductions de cotisations sociales, de subventions, titres-services, mesures d'activation et autres..." "Ce qui est plus ou moins l'impôt des sociétés".
Je vous avais prévenu en début d'article, on n'en est pas à une approximation près chez Laurette. Mais la presse, les journalistes ne réagissent pas, laissent dire et retranscrivent. Au Waldorfington, on se fait un devoir de tenter de vous décortiquer ce qui est dit ici.
Quand Laurette parle de "soutien", elle parle essentiellement de réductions. Traduisons en grossissant [très fort] le trait : un voleur, au lieu de vous prendre 100 euros, ne vous en prend que 90. Il se retourne vers vous et vous sort : "Je t'ai filé 10 euros d'aides, 10 euros de soutien !". Ce n'est pas un cadeau, c'est une réduction d'un prélèvement... 
Quand Laurette parle de "subventions", subventions à qui ? A quoi ? Pourquoi ? Les ASBL communales et autres organismes parastataux en tout genre reçoivent énormément de subventions. Sont-elles inclues dans ce calcul ? Les subventions aux événements gabegiques des baronies, sont ils compris dans la mesure ? Sachant aussi que deux provinces capturent l'essentiel des "subventions", que ces deux provinces ne sortent pas du marasme économique, quelle est la mesure de succès des politiques de subventions ? Quelle est la taille des entreprises qui reçoivent ces subventions ? Généralement des sociétés qui ont les moyens d'engager du personnel pour faire cette chasse aux subventions.
Les "Titres Services", on confine au ridicule du "soutien aux entreprises". C'est avant tout une mesure destinée à lutter contre le travail au noir qui sévissait auparavant en Belgique dans le secteur des aides-ménagères. C'est ensuite un mécanisme servant à sortir les gens de la spirale du chômage. Une aide aux entreprises ? Où ça ? A part pour quelques entreprises de Titres-Services ? Parler de manière générique de "soutien aux entreprises" est absurde et irrecevable.
"Ce qui est plus ou moins l'impôt des sociétés", voilà, on atteint le sommet de l'incompétence et de la méconnaissance économique. Qu'une entreprise fasse ou non du bénéfice, elle doit payer les charges sociales. Réduites, ou non. Et si elles sont réduites, la différence en bénéfice est taxée à l'ISOC. On mélange des pommes et des poires, on raconte n'importe quoi...et on finirait presque par applaudir ce grand numéro de cirque...
La réalité derrière ce grand blabla communicationnel, le fond du rapport que Laurette ne mentionne pas, ce qui est l'objet même du rapport, c'est que le handicap salarial de nos entreprises est de 5,2% "brut", et que même en tenant compte de ces soi-disant 11 milliards de "soutien", notre handicap salarial net est de 3,4%.
La réalité, ce sont aussi les chiffres Eurostat 2012. En coût de travail horaire, la Belgique est sur le podium des plus chers ! Et un des pays où la partie "autres coûts" est la plus élevée. 11 milliards de cadeau ? Vraiment ? (Merci à Jean-Charles pour le rapport Eurostat)
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Pendant ce temps, les Gouvernements cherchent encore des millions, et le Gouvernement Wallon a déjà annoncé qu'il devra trouver de nouvelles recettes, soit de nouveaux impôts.