mardi 20 mars 2012

Evangile des SPRLU selon Saint Gilkinet...

Je vous en avais déjà parlé il y a quelques temps, je suis un indépendant, pas un fraudeur.
Un indépendant, cette personne inconsciente en Belgique qui ose créer son emploi, qui accepte les risques inhérents à son activité, qui croit suffisamment en son talent que pour quitter la sécurité d'un emploi.

Comme je vous l'avais dit aussi, j'ai pour de multiples raisons, fiscales, responsabilités, crédibilité bancaire etc créé ma société: une petite SPRLU [je vous invite à lire un post très pédagogique de @fredwauters sur le sujet: "Entreprenariat: pour critiquer, il faut déjà comprendre"] , ne souhaitant pas avoir d'associé d'aucune sorte. Mais voilà...aujourd'hui, il y a dans le chef de nos politiciens comme John Crombez ou Georges Gilkinet, une présomption, quasi irréfragable de fraude ou d'optimisation fiscale indécente dans l'utilisation de ce genre de structure.

Je ne vais pas revenir sur les risques que j'ai pris en quittant mon emploi en CDI, en mettant a maison en garantie, ou l'importance d'avoir une société pour discuter avec une banque, séparer les patrimoines etc mais revenir un peu sur l'optimisation fiscale, puisque c'est de cela dont il est question avec la dernière proposition Ecolo. Ecolo s'attaque aux petits indépendants mais officiellement s'offusque que les grands groupes comme Mittal ne paient pas ou peu d’impôts. Je constate le "courage" de Georges Gilkinet qui va d'abord s'attaquer aux SPRLU plutôt qu'à Mittal. Ca en dit long sur l'éthique du personnage. [au fait, si quelqu'un a le CV de Georges sous la main, je suis curieux de voir de quelle manière il a, lui, participé à la prospérité du pays]

La proposition Gilkinet: "moins de deux personnes, imposition de la SPRLU aux taux IPP".

C'est dans la Libre Belgique que j'ai découvert la proposition de l'Ecolo Georges Gilkinet. J'ai recraché la moitié de mon café du matin sur mon journal, et déjà, juste pour ça, je ne le remercie pas.

Nous avons constaté que ces structures étaient une échappatoire fiscale tentante, source d'injustice sociale. Au-delà des gains fiscaux propres à la structure, des personnes en société paient, par exemple, moins pour la crèche de leurs enfants que des indépendants: simplement, leurs revenus sont en apparence plus faibles", dénonce M. Gilkinet.
La proposition de loi prévoit que les bénéfices employant "moins de deux travailleurs salariés" soient assimilés à un revenu professionnel de personne physique, dans la proportion des intérêts détenus par ladite personne dans la société.
Cette éventuelle loi effacerait donc les gains fiscaux que certains escompteraient en optant pour une société plutôt que pour un statut d'indépendant. Rien n'interdirait cependant de privilégier cette structure pour des raisons de responsabilité limitée. 

Le raisonnement de Gilkinet est donc qu'une entreprise de une personne n'a pas à être traitée comme une entreprise de plusieurs personnes. Je le remercie pour cet argumentaire fantastique. Alors, je vais expliquer à Monsieur Gilkinet pourquoi cette optimisation fiscale est importante. Pour les entrepreneurs, pour l'Etat et pour la société en général.

Ma société paie moins d'impôts que l'IPP
OUI. Le taux ISOC de ma société, en toute transparence, est aujourd'hui avec taux réduit et intérêts notionnels de 28,4% environ. En IPP, elle paierait 50% hors centimes additionnels et autres taxes indirectes.

Est-ce éthique?
OUI, quand un taux est confiscatoire, le contribuable a le droit de choisir la voie la moins imposée. C'est un principe de base du droit fiscal. Tout le monde le fait, par exemple en ventilant son prêt hypothécaire, en utilisant les titres services plutôt qu'une femme d'ouvrage hors ALE etc.

Est-ce anti-social?
NON. Ma société me paie un salaire conséquent (en effet, pour qu'une PME puisse bénéficier des taux réduits, elle doit payer un salaire minimum défini par la loi!) qui me permet de payer entre autre ma maison en personne physique. Ce salaire est taxé à 50% et je paie aussi des cotisations sociales. Je participe comme tout citoyen à la solidarité. Je trouve cela normal jusqu'à un certain point.

Alors, cette société engrange 31,6% en plus qu'en IPP?
Environ oui. Mais n'oublions pas une chose. Ma société, c'est aussi mon assurance chômage! Ma société en économisant et en gardant des fonds en réserve me permet de diminuer mon risque dans le cas où je ne trouverais pas de contrat pendant une certaine durée.
Concrètement, en 2008-2009, la crise fait rage. Le client qui m'emploie réduit sa voilure et me voilà sans contrat en novembre. Il va sans dire que la cessation se fait en 15 jours (malgré le mois contractuel) et que je n'ai ni parachute doré, ni indemnités de licenciement, ce qui est normal.
En décembre, il est inutile de démarcher. Les clients sont en fin de budget, les vacances approchent etc. En janvier, l'acitvité des entreprises se relance après les périodes de fête. Le temps des démarchages, des négociations de contrats etc, je recommence au mois de mars. Durant ces quatre mois, je me retrouve donc sans rentrée financière. 
Que puis je faire? Je n'ai pas droit au chômage, je suis indépendant. Et bien la structure fiscale de ma société m'a permis de lisser mes rentrées financières personnelles et de conserver mon niveau de vie durant cette période. M'a permis de continuer à financer ma maison, ma famille etc. Etre indépendant, c'est vivre dans une forme d'incertitude quant au lendemain.
J'ajoute enfin qu'avec la crise, le nouveau contrat que j'ai décroché côtait à 40% en moins de revenus qu'avant la crise. J'ai, durant près d'un an travaillé à perte mais ces rentrée, même trop faibles, permettaient de ne pas aggraver la situation. La gestion financière responsable des réserves de ma société m'a permis de résister à la crise et éviter la faillite de la société et la faillite personnelle!
Avec un taux d'imposition supérieure dans le chef de ma société, les économies seraient plus maigres et ne me permettraient pas de faire face à une disette de plus longue durée. Ces réserves sont nécessaires.

Pourquoi ces réserves? Est ce de l'argent de poche?
NON! Ce n'est pas de l'argent de poche. Comme je l'ai expliqué, c'est d'abord une assurance chômage qui me permet de ne pas dépendre de la solidarité et de ne pas grever le budget de l'Etat en demandant une aide au premier accident de la vie qui pourrait m'arriver.
Ensuite, c'est une forme d'assurance pension. En effet, en Belgique la pension d'une personne n'ayant jamais travaillé [pour les non-belges, vous avez bien lu, une personne qui n'a jamais travaillé et à chômé toute sa vie...] est supérieure à la pension légale de l'indépendant qui n'a jamais cessé de travailler sans jamais dépendre de la solidarité. Alors, le jour venu de la pension, cette "tirelire" est bien utile pour vivre des vieux jours heureux (après imposition des boni de liquidations bien sur). Notez que l'argent en réserve dans une société n'est pas de l'argent de poche que l'on peut utiliser "comme ça" (voir point suivant).

Les boni de liquidation sont constitués de bénéfices déjà taxés. Aujourd'hui retaxés à 10%, demain on parle de 25%, ce qui ramènerait le taux nominal à 33.99% + 25% soit 58,99%. Au mieux, on conserve le taux de 10% et nous seront encore à 43,99%. Est-ce là une telle "fraude"?

Et si on taxe à l'IPP?
Si demain on taxe le bénéfice à hauteur de l'IPP, soit 50%, cela signifie que le taux minimal d'imposition réel d'une sprlu sera de 60%, voire de 75%!
En effet, l'argent en réserve d'une société ne peut pas être utilisé "comme ça". Ce n'est pas de l'argent de poche que je peux utiliser pour payer mes vacances, offrir des jouets à mes enfants, partir au ski ou autre. Cet argent ne m'appartient pas, il appartient à la société!

Si je veux utiliser cet argent et le sortir pour des besoins personnels, je dois payer l'IPP comme tout le monde! Si donc, au terme de ma vie de travail, je souhaite récupérer cet argent [dont mon capital investi en mettant ma maison en garantie etc] je dois soit vendre ma société, soit la mettre en liquidation. Et je serai encore taxé soit sur la plus-value, soit sur le boni de liquidation aux taux sus-mentionnés.

Y aurait-il d'autres utilisations auxquelles on peut penser?
OUI. J'ai toujours l'espoir qu'un jour, j'aurai suffisamment de fonds pour non seulement assumer mes risques, mon chômage et ma pension mais aussi pour investir dans l'économie! Oui, je rêve d'un jour faire grandir ma structure et de pouvoir engager du personnel, créer de l'emploi.
Sur un autre plan, avec d'autres indépendants, nous avons déjà discuté d'investir dans la reprise éventuelle ou le financement de PME en difficulté et les redresser et sauver de l'emploi, les faire croître etc.
Non, je ne veux pas, je n'aime pas, c'est une philosophie personnelle, emprunter de l'argent malgré les effets de leviers possibles. Je préfère grandir par auto-financement de mes activités. Cela suppose pouvoir continuer à mettre en réserve. Ce qui ne sera possible, ou au moins sera toujours plus rapide, en étant imposé à l'ISOC plutôt qu'à l'IPP.

Une proposition inepte et injuste
Voilà pourquoi, en plus des raisons de responsabilités, de séparation de patrimoines, de crédibilité nous avons besoin, nous petits entrepreneurs avons besoin de conserver cette imposition à l'ISOC.

Cette fiscalité légèrement plus avantageuse nous permet de:
  • ne pas dépendre de la solidarité et grever le budget de l'Etat en cas d'accident
  • d'accéder à une pension décente
  • de lisser nos revenus sur plusieurs années et faire face aux baisses temporaires de revenu
  • pouvoir penser sereinement à engager un jour
  • ou investir dans d'autres PME et renfocer le tissus économique local
Cette proposition est inepte car:
  • ces réserves ne sont pas de l'argent de poche. Toute utilisation personnelle est déjà taxée à l'IPP
  • Ces réserves en cas de liquidation, sont retaxées. Demain, l'imposition globale des bénéfices pourrait atteindre les 60 voir 75%.
  • Ecolo prétend s'attaquer aux grandes structures qui ne paient que peu d'impôts style Mittal mais s attaque de facto aux petits entrepreneurs tellement plus facile à pressurer un peu plus.


19 commentaires:

  1. De plus, une telle mesure favoriserait les SPRLU déguisées en SPRL via l'octroi d'une action à un tiers, souvent , le frère, la maman ou le papa qui ne connait pourtant rien à la gestion ni même aux activités de la société

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  2. pour compléter, j'ajouterais que la réserve financière permet aussi de faire face à certains coups durs qui n'ont parfois rien à voir avec la perte éventuelle de certains contrats. Si je prends mon cas personnel, j'ai dû me contenter de 800 euros bruts htva entre le 1er juillet et début octobre de l'année dernière, non pas parce que je n'avais pas travaillé (loin de là!) mais uniquement parce que certains clients (dont un très gros détenu en partie par l'Etat) s'accordent des délais de paiement absolument scandaleux, te répondent que le service compta tourne au ralenti pendant les vacances ou, pire, que ça devient compliqué depuis qu'ils ont externalisé leur comptabilité à Cuba (sic). Entretemps, les échéances tombent (fournisseurs qu'on n'ose pas faire attendre, crédits, loyers, TVA, ONSS, etc.) Sans réserve financière, j'aurais tout simplement pu crever.

    Et pour confirmer : OUI les banques te demandent de passer en société pour pouvoir bénéficier de crédits.

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  3. Gilkinet s'exprime mal. Ce qu'il faut combattre absolument, ce sont les SPRLU et SPRL qui font 100% de leur CA avec un seul client privé ou avec des clients publics. Une SPRLU qui bosse pour plein de clients doit continuer à exister selon les normes fiscales actuelles.

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  4. Laurent,
    Je travaille seul, sur de gros programme de changement pour des entreprises, en moyenne, c'est le genre de changement que je gère entre 1 et 2,5ans... Je ne suis pas l'épicier du coin qui travaille pour une multitude de client mais je travaille pour de grosses organisation ou un projet d'une semaine n'a juste pas de sens.

    Et comme je l'explique, une réduction de voilure et je saute. Je l'assume.

    Mais est ce pour autant que je vais rentrer dans l'une ou l'autre catégorie?

    Il faut que cette définition de "société de management" soit précisée et clarifiée. Par exemple, les administrateurs de société du BEL-20? Mais encore là, c'est un mauvais exemple car où poser la limite? Comment?

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  5. C'est un choix politique de placer des limites. Mais effectivement, étant moi-même indépendant et n'ayant que quelques (suffisamment gros) clients, je peux tout à fait cerner le souci. Ce qui me fait vraiment chier, c'est ce que tu cites, les fausses SPRL où le type passe 40h dans le bureau d'une société du BEL20. Les gens qui prennent VRAIMENT des risques ne doivent pas être pénalisés pour les quelques clampins qui profitent du système.

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  6. On est bien d'accord. Mais c'est une étrangeté de la politique que t'utiliser un bazooka pour tuer une mouche.
    Ainsi, on fait un décret inscription qui ennuie 95% des écoles parce que 3 ou 4% ne jouent pas le jeu.
    On fait un décret armes légales pour les 2 cas de tueries fait avec des armes non légales et on ne répond meme pas à la problématique.
    Etc etc... le problème, c'est qu'on laisse passer ça, que la presse est anesthésiée et que ca continue, encore et encore.

    ...et pendant qu'ils appliquent des règles générales, les même politiciens se votent des lois d 'exception pour eux (en matière d'imposition, de chomage, de pension par exemple)

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  7. Bravo et merci pour cet article encore une fois excellent, résumant parfaitement ce que beaucoup pensent tout bas.

    Laurent >Le problème des faux indépendants est une toute autre question amha, qui relève d'ailleurs davantage de la responsabilité du client/employeur que du prestataire.
    Qu'il y ait des abus, c'est un fait. D'un autre côté, 1. où et comment fixer les limites, et 2. quel est le vrai problème?
    Que certains aient la vie plus facile que d'autres? Tant mieux pour eux.
    Qu'ils optimisent leurs revenus? Tant mieux pour eux.
    Que ça rapporte moins à l'état? Tout est relatif.

    Selon moi, le problème venant en bonne partie de la trop grande complexité du système, ajouter des restrictions et conditions supplémentaires ne fera qu'aggraver le problème, encourager l'ingéniérie fiscale et ainsi privilégier ceux qui en auront les moyens. C'est exactement l'opposé de ce qu'il faut faire.

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  8. Georges Gilkinet20 mars 2012 à 10:45

    Bonjour,
    Merci pour votre intérêt pour cette proposition, très très résumée dans une dépêche belga reprise sur le site de La Libre.
    Etant en commission Dexia depuis ce matin, je n’ai pas eu le temps de vous répondre plus tôt et je vous remercie de bien vouloir m’en excuser.
    Je vous confirme qu’ECOLO est particulièrement attentif à mieux soutenir les indépendants et les PME, qui sont l'emploi peu délocalisable et une activité économique locale, tellement importante par rapport à notre projet de société.
    ECOLO a de longue date travaillé, avec quelques avancées appréciables mais pas suffisantes, sur la question des conjoints aidants, sur l'amélioration du statut des indépendants, sur la question du délai de versement des cotisations,...
    En matière fiscale, notamment sur les intérêts notionnels, nous ne manquons de dénoncer le fait qu'ils coûtent très cher au budget de l’Etat, tout en bénéficiant trop peu à ses acteurs. Nous proposons qu'ils soient réorientés et qu’ils bénéficient davantage aux PME qu’aujourd’hui. Celles-ci sont largement victimes des choix fiscaux portés par les différents Gouvernements fédéraux depuis juin 2003.
    Nous présenterons très prochainement une proposition de loi pour faciliter les groupements d'employeurs, qui nous semble une manière moderne et adéquate de les soutenir et de promouvoir l'emploi.
    Pour en venir au sujet du jour, l’idée qui est en débat ce jour consiste, à l’image de ce qui existe en Allemagne et en France, en un assujettissement à l’impôt des personnes physiques des bénéfices des sociétés employant moins de deux travailleurs (comme c’est le cas pour les indépendants) (dès qu’on passe à deux employés, on est donc dans le régime fiscal Isoc) et a pour objectif:
    - de protéger les plus petits indépendants en société, pour lequel l'IPP (qui est progressif) est + favorable que l'Isoc ;
    - de veiller à une contribution plus juste de ceux qui réalisent des bénéfices les plus élevés (ce qui est notamment le cas de certains mandataires politiques ou grands patrons) et qui s’organisent en société à des fins d’optimisation fiscale ;
    - de maintenir l'avantage de la société par ailleurs pour ceux-là (protection des biens propres, possibilité de mise en réserve,...), ce qui est essentiel par rapport au développement de leur activité.
    C’est le fondement de la solidarité interpersonnelle. Pour que la société puisse fonctionner, y compris d’un point de vue économique, il est donc important que chacun y contribue dans la mesure de ces capacités. Cela me semble être dans la ligne de la recherche d'une fiscalité plus juste et plus efficace que nous défendons.
    On peut également faire le débat entre les différences de l’organisation de la solidarité entre indépendants et dans le secteur salarié, mais je pense que ce n’est pas le cœur de la question en l’occurrence.
    Je reste évidemment, à ce sujet comme sur d’autres, ouverts au dialogue et à la contradiction.
    Bien cordialement à vous !

    Georges Gilkinet, député fédéral ECOLO

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  9. Avec un ipp qui monte a 63% , ce n'est plus de la solidarité mais du racket. Quand on aura la garantie d'avoir le droit de gagner sa vie et de ne pas devoir donner aux autre plus que ce que l'on a le droit de garder pour sois et sa famille, on aura peut-être moins envie "d'optimiser la fiscalité".

    En Belgique, quand on arrête d'être pauvre, on s'en prend plein la gueule et on doit tout donner, pour être solidairement pauvre avec les autres.

    Vous voulez la misère, vous aurez la misère.

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  10. Bonsoir,

    Je lis pas mal de choses inexactes sur cette page et surtout des choses choquantes!

    1°) les indépendants sont déjà favorisés par l'Etat, car ils payent 22% de cotisations sociales jusque'à 55.000 euros, 14% jusqu'à 77.000 euros et plus rien au de la. Les salariés eux payent 48% de leur salaire brut en cotisations sociales (13+35); Il est donc normal que les prestations ne soient pas les mêmes. Si les indépendants veulent les mêmes droits que les salariés, il suffit d'augmenter les cotisations. Les millions de salariés dans ce pays cotisent pour d'autres qu'eux (chômeurs, pensionnés, malades,...) C'est la base de la solidarité interpersonnelle.
    Taux marginal IPP maximal est de 50% + centimes additionnels communaux, soit 54% en pratique. Le taux effectif moyen pour un revenu de 40.000 euros tourne autour de 30%.

    2°) en vertu de quel principe économique ou moral une petite minorité de gens auraient le droit de choisir par eu même leur niveau de contribution à la collectivité? Si tout le monde faisait comme ça il n'y aurait plus de services collectifs (hôpitaux, prisons, écoles, crèches, routes, transports, salles de sport, ...).

    3°) je trouve vraiment choquant qu'on dise "le petit trésor que j'ai accumulé dans ma société en payant moins d'impôts il est à moi et j'en fais ce que je veux". Comment justifier qu'un dirigeant qui touche 150.000 euros par an paye autant d'impôt qu'un salarié qui touche 35000 par an?

    4°) les indépendants et entrepreneurs au sens large doivent arrêter de prétendre qu'ils sont les seuls à prendre des risques. C'est la crise pour tout le monde et les salariés aussi peuvent perdre leur emploi. D'ailleurs il y a des millions de jeunes ici et ailleurs en Europe qui n'ont pas d'emploi et qui lorsque leur entreprise délocalise, alors que les chefs s'engraissent, se retrouvent à la rue.

    A tous les pseudos pourfendeurs d'injustice qui se goinfrent sur le dos de la collectivité et qui se lamentent comme des bébés, je dis FLUT !

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  11. Quand je lis la réponse anonyme de 19:56 je me dis que je suis bien content d'avoir choisi l'option expatriation en Suisse d'ici la fin de l'année 2012.

    Je liquide ma sprlu qui me mandate dans une autre Sprl que je liquide aussi. Je ne vais pas la vendre, je vais la liquider tout simplement et balancer 18 personnes au chomage.

    Je prends mon blé, même si je dois payer un max, et il y a des réserves de plus 480 000 €, et bye bye !

    Au moins en Suisse on ne prend pas les gens pour des cons et même les syndicats ont compris comment ça marchait (cf : refus de congés payés supplémentaires)

    La Belgique un pays de pauvres et de jaloux, risée de toute l'Europe.

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  12. cher Anonyme ,

    Je n'ai qu'un seul conseil à te donner : donne ton C4, et commence comme indépendant.
    C'est super facile, en plus tu ne payeras presque plus d'impôts.
    Tu es à 1000 lieux de la réalité, je ne voudrais même pas débattre avec toi.

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  13. Pour revenir sur le commentaire de Laurent Redondo Sanchez, cette règle, de bon sens en apparence, me paraît difficilement applicable. Nombre de consultants indépendants travaillent sur des missions de long terme (plusieurs mois, voire plus) avec le même client, avant de passer au client suivant.
    Il est vraiment très difficile de faire le tri en usant de législation, car le propre de l'activité indépendante est qu'elle est multiforme et évolue en fonction des besoins du (des) cllient(s).

    En fait, je crois que beaucoup ici prennent le problème dans le mauvais sens: la question qui se pose, ce n'est pas pourquoi les indépendants paient moins d'impôts et de cotisations sociales, c'est pourquoi les salariés et leurs employeurs en paient autant.

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  14. Le vrai problème c'est la rage taxatoire de notre pays et la médiocrité ambiante qui considèrent normal que puisque quelqu'un gagne plus qu'eux, alors il doit se faire ratiboiser au grand prétexte de participation juste et de solidarité.

    Comment peut-on considérer comme normal de devoir reverser à l'Etat sous une forme ou une autre plus de 50% de ses revenus?
    Et en plus, de s'entendre encore dire qu'on devrait encore donner bien plus parce que solidarité interpersonnelle...

    Pour rappel, 50% de 100.000, c'est quand même toujours plus que 30% de 40.000, 4x plus!

    Et puisqu’on parle de solidarité interpersonnelle, quid de la justecontribution de ceux qui bénéficient de cette "solidarité"?
    Quid des congés pour les chômeurs?!
    Que rendent-ils comme service à la société qui les nourrit?!

    Il est temps d'équilibrer la balance! La participation à la société ne peut, ne doit pas être vue que comme financière.

    Et il est parfaitement JUSTE que l'argent gagné profite D'ABORD à celui qui l'a gagné!

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  15. Mr Gilkinet, merci de votre réponse, mais pourquoi toujours utiliser cette même rhétorique politicienne, vague et remplie de lieux communs tellement faciles... "protéger les petits", "solidarité", pourquoi pas "la paix dans le monde" tant qu'on y est? :)

    Votre proposition, de ce que j'en ai lu (je vous l'accorde, c'est bref), est mauvaise.
    Pourquoi?

    1. Sur la forme, parce qu'elle stigmatise une frange de la population, qui pour la très grande majorité participe activement à l'économie du pays, crée de la valeur, éventuellement à terme de l'emploi, consomme et paye des impôts.
    Il y a sans aucun doute des abus, mais il y a aussi des chômeurs qui travaillent au noir, des wallons fainéants et des immigrés qui volent, doit-on pour autant tenir un discours stigmatisant, alimentant de mots faciles (le coup des crèches dans la dépêche Belga, énorme) une presse imbécile qui se fera une joie d'offrir en pâture ces vilains "indépendants en société"?
    Certains partis sont spécialistes du genre, je croyais Ecolo plus subtil que ça.

    2. Sur le fond, pour toutes les raisons exprimées plus haut par Karl et Frédéric.
    Très concrètement, moi aussi en 2009 je me suis pris la crise dans la tronche. Si j'avais du pour 2008 payer des impôts société au taux IPP, je n'aurais tout simplement pas passé l'année. Que répondez-vous à cela?

    3. La solidarité interpersonnelle, je veux bien. Mais après 10 ans d'indépendance, à payer près de 1000€/mois de cotisations sociales (que mes clients me payent ou pas), que m'offre cette magnifique sécurité sociale "que le monde nous envie"? Rien. Vous trouvez ça juste vous?
    Pour reprendre l'exemple ci-dessus, si j'avais du en 2008 payer un impôt au taux IPP, j'aurais fait faillite en 2009, perdu les 12400€ investis 1 an plus tôt, et j'aurais eu droit à exactement zéro euro d'indemnités de chômage. Bravo la "protection des petits indépendants".

    4. Je ne connais pas la législation allemande, mais pour avoir pas mal d'amis indépendants en France, permettez moi de vous dire que ceux-ci sont horrifiés quand ils entendent ce que je paye comme impôts et charges sociales.

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  16. Tout ce que je lis sur cette page est consternant... et triste !

    Quelques petites choses à vous dire:
    1°) Vous ne parlez que de fric et ne semblez pensez qu'à ça. Que cela doit être frustrant, car il y a toujours quelqu'un qui en a plus que vous. Avez-vous un but dans la vie, à part avoir une grosse voiture et collectionner des gadgets technologiques futiles?
    2°) Pensez-vous que vous êtes tellement meilleur que les autres et que vous apportez tellement plus à ce pays? Sans les 4,5 millions de salariés pour faire tourner l'économie, on ne serait pas plus qu'une tribu de singes !
    3°) Vous ne pensez qu'en termes de clichés néolibéraux du style "rage taxatoire". Vous voulez le modèle US, car vous pensez que c'est tellement mieux? Pour rappel 4 millions de gens y vivent avec 2 dollars par jour, des millions d'autres ont perdu leur maison à cause des banquiers requins et la classe moyenne s'épuise avec plusieurs boulots et pas de couverture sociale ou médicale correcte. Aux USA les dépenses de soins de santé, privatisées, coûtent plus cher en %PIB qu'en Belgique, avec des soins moins bons et pas accessibles à tous. Où en seriez-vous si vous aviez grandi là-bas? Vous auriez commencé votre vie professionnelle avec un prêt étudiant à rembourser de 150mille USD à 8%. Et je ne vous parle pas de la violence civile, qui n'est que la conséquence du malaise social profond de la société américaine.
    4°) Pensez-vous réellement que vous êtes les mieux qualifiés pour décides de l'affectation des dépenses collectives? Vous ne regardez que ce que vous payez et pas ce que la collectivité vous a donné et vous donne tous les jours. Songez-y 5 minutes.

    Sincèrement je vous plains et j'espère que mon interpellation vous permettra d'avancer.

    Je ne suis pas un habitué des blogs, donc ceci était mon dernier message.
    bonne journée à tous

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  17. Cher Anonyme,

    1. A partir du moment où le sujet de départ est le taux d'imposition, je trouve assez logique que la discussion tourne autour de l'argent et pas de la survie des phoques en Alaska.... Mais pour répondre à la question, personnellement oui j'ai d'autres centres d'intérêts, merci d'avoir demandé.

    2. Qui a parlé de supériorité???

    3. Parmi tous mes amis partis aux USA ou ailleurs, je n'en connais pas un seul qui souhaite revenir, ou qui regrette cette "merveilleusesécuritésocialequelemondenousenvie". Renseignez-vous, tirez-en les conclusions que vous voulez, ou accrochez vous à vos préjugés, ça m'est égal, c'est hors sujet de toute façon.

    4. Croyez moi, j'y ai réfléchi bien plus que 5 minutes, mais je ne trouve pas grand chose dans ce que la collectivité me donne... Le chômage? Pas droit. Congé de paternité? Pas droit. Les congés payés? pas droit. Le pécule de vacances? pas droit. Le 13ème mois? pas droit. La crèche? 600€/mois. La pension? peanuts. L'infrastructure routière? Ahem. L'administration communale? Re-ahem. Les TEC? hum.

    Mais merci pour la leçon de morale, surtout.

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  18. Dis, Anonyme, si tu veux gagner un peu plus pour te payer nos gadgets, je cherche quelqu'un pour laver ma Jaguar. Je paie en noir bien sur parce que je suis certain que tu ne sais même pas comment aller l'ajouter dans ta déclaration fiscale. Enfin, c'est histoire de participer à la collectivité et d'aider un peu, de participer à l'économie du pays et à ton pouvoir d'achat.

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  19. Quand l'état n'a plus de fric, il se retourne contre ses citoyens. Commencons par le plus facile, à savoir les petites structures productives.

    Mais pas d'inquiétude, comme celles-ci soit crèveront direct ou alors iront voir ailleurs (c'est mon cas, mes compétences sont aussi utiles à Singapour qu'ici).

    Et ensuite, on attaquera le clampin de base.

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