mardi 24 novembre 2009

Réchauffement climatique et méthodologie

Le scandale est à nos portes! Les données des climatologues sont truquées! ...n'allons pas trop vite en besogne, ne crions pas avec les loups et ne surfons pas sur l'émotion populaire. Mais ni dans un sens, ni dans l'autre. Posons nous simplement en citoyens cartésiens.

Je ne suis pas climatologue!

Mon avis sur la question est donc nul... il n'en reste pas moins que je m'interroge et que je préfère un réponse franche disant : "je ne sais pas" qu'un bidouillage ou un baratin quelconque.
Je ne vais donc pas répondre dans ce post à la question: "le réchauffement est-il réel ou non?"
Ni répondre à la question: "que dénoncent les mails piratés?" C'est vrai?

Je n'en sais rien! Je vais juste essayer de poser les questions qui se posent quant à la méthodologie utilisée par les uns et les autres et expliquer en quoi, cela amène à desservir la cause des uns et des autres.

Importance du rôle du CRU (Climate Reasearch Unit)

En préambule, (et si je me trompe, qu'on me corrige) il est bon de souligner que les données utilisées pas les scientifiques, climatologues du monde entier viennent d'un point central : le CRU. Le CRU collecte les données en provenance du monde entier de laboratoire sources, les agrège et les redistribuent. Que toute atteinte à l'intégrité des données de ce centre implique une contamination complète au niveau mondial.

C'est pour ça que le hacking qui a eu lieu la semaine dernière est très important à comprendre. Non, les données utilisées par les scientfiques ne sont pas réparties directement dans tous les centres de recherche. Elles transitent et sont retravaillées au CRU avant d'être ré-expédiées dans les différents pays... En ce sens, je suis effectivement inquiet des manipulations qui ont eu cours et qui sont reconnues par leurs auteurs. Même si leurs explications peuvent se comprendre, moi, elles ne me conviennent pas.

Climat...

Une première chose: je ne nie pas le réchauffement climatique.
Il me semble qu'effectivement, le climat se réchauffe. Néanmoins, que suis je moi, trentenaire comparés aux cycles millénaires de notre planète?
Ce qui me préoccupe plus, en cartésien (un ingénieur est-il scientifique?), je demande simplement qu'on évite de manipuler les chiffres et de faire du sensationalisme et du catastrophisme. Ca ne sert à rien et donne justement des arguments pour décridibiliser la partie qui manipule.

Un exemple concret sorti du fameux dossier de "révélations":
Mail de Phil Jones : Je viens de terminer d'utiliser l'astuce Nature (ndt: la revue scientifique) de Mike (ndt: Michael Mann ??) qui consiste à incorporer les vraies températures à chaque série depuis les 20 dernières années (çad depuis 1981) et depuis 1961 pour celles de Keith's (ndt: probalement Briffa) afin de masquer le déclin.
Dans un communiqué, Phil Jones (directeur du CRU) a reconnu l'authenticité du message, expliquant que le terme "astuce" signifiait, "dans un contexte familier", "quelque chose d'intelligent à faire". Alors, moi, je veux bien que les données puissent montrer des divergences à la théorie, mais faire quelque chose d'intelligent pour masquer ces différences n'est pas la solution qui me semble, à moi,intelligente.

On le voit aujourd'hui, tout le travail scientifique du CRU est remis en cause...et pourtant, on a envie de dire "elle tourne".

Questionnement...

Deuxième chose: nous avons connu une période de glaciation, le terre s'est ensuite réchauffée et nous savons qu'elle fonctionne par cycle... Qu'en serait-il de notre monde si à la fin de l'ère glacière nous avons eu un Nicolas Hulot pour dire qu'il ne fallait surtout rien changer. La nature évolue, change... tous les scientifiques le reconnaissent et encensent cette évolution et ce changement permanent. Pousser la planète au statu quo n'est pas une option (et en prime, nous en sommes totalement incapable). Il faut se dire que l'ours blanc qui perd sa banquise vivait à Paris avant et que le Sahara etait une forêt luxuriante. Il est donc des rythmes naturels et il faudrait déjà savoir et comprendre comment ça fonctionne de manière à éviter de s'opposer à quelque chose de peut être nécessaire à notre environnement...

Troisième chose: qui sommes nous pour dire que l'un ou l'autre camp à raison? On nous prend, nous citoyens à témoin d'un débat qui nous dépasse totalement. On tente évidemment de comprendre mais les information contradictoires reçues de part et autre ne nous aide pas. Fatalement, à la moindre preuve de manipulation des données d'une partie, nous donnerons raison à l'autre. C'est une justification négative. Un peu comme le capitalisme se justifiait simplement de par sa comparaison avec le communisme.

Je ne suis pas climatologue et j'ai peu à dire bien sur. Mais je suis aussi un citoyen avec une tête que j'espère bien faite. Un citoyen qui s'interroge, se pose des questions et n'accepte pas de tout gober juste comme ça. J'essaie donc d'avoir une lecture critique de ce qui se passe.
Je ne nie pas le réchauffement mais je dis qu'il n'est peut être pas uniquement du à la main de l'homme.

C'est évident que je veux vivre dans une planète propre et moins polluée, mais je ne suis pas prêt à me faire manipuler pour y arriver, je ne suis pas un enfant.

Silence...

Pourquoi par exemple n'entend on jamais que la simple éruption du Pinatubo à causé une baisse de température de 1° durant 1an si je me souviens bien? Les cendres en suspension dans l'atmosphère ont de fait bloquer partiellement le rayonnement. Qu'étonnamment, l'émission prodigieuse de CO² de l'éruption a causé une baisse du CO² dans l'atmosphère par des effets que l'on ne comprend pas aujourd'hui. Alors même que cette émission valaient les émissions annuelles des automobiles du monde... Alors deux trois éruptions pour résoudre notre problème de réchauffement? Auto-régulation de la planète?
Lors d’ une éruption volcanique importante (par exemple celle du Pinatubo) des cendres volcaniques et du gaz sont injectés dans la haute atmosphère (à plusieurs dizaines de kilomètres d’altitude), là où l’air est stable. La majorité des cendres retombent d’une façon relativement proche du lieu de l’éruption, par contre les gaz se transforment en particules fines de sulfate (aérosol volcanique) qui restent très longtemps dans l’atmosphère formant un nuage qui se répartit progressivement sur Terre. Cette couche réfléchit en partie le rayonnement solaire pouvant ainsi entraîner un refroidissement du climat. Cet effet dure entre une et deux année, le temps que ces aérosols retombent sur la surface de la Terre. Ainsi le refroidissement climatique lié à l’éruption du Pinatubo, particulièrement importante, s’est traduit sur les régions tropicales parune baisse moyenne de la température de l’ordre de 1° durant une année.(source CNRS)
Pourquoi n'accepte-t-on pas de reconnaitre qu'un des véritables problèmes est un problème démographique? La surpopulation mondiale est en train de doucement fair crever le monde. Nous devons, dans nos civilisations occidentales, faire un effort très sérieux pour moins et mieux consommer. Mais nous ne pouvons pas décemment demander au 2/3 de la population mondiale de ne pas avoir leur part de bien être. La décroissance n'est pas une option car la demande ira toujours en croissant. Même pas pour consommer plus par habitant, mais juste parce qu'il y a toujours plus d'habitants.
Le CO2 n'est pas le seul gaz à effet de serre que l'homme injecte dans l'atmosphère, il y a également par exemple l'ozone et le méthane (qui a proportionellement augmenté beaucoup plus que le CO2 dans l'atmosphère). Les origines du méthane sont diverses : des pertes de méthane vers l'atmosphère se produisent depuis les systèmes d'extraction de gaz industriels (oléoducs…); la production de méthane par les rizières et comme la population augmente, en particulier dans les pays asiatiques, la surface des rizières et l'intensification des cultures se traduisent par des émissions plus importantes de CH4. Les émanations de CH4 par le bétail, qui augmentent parallèlement à l'augmentation de la population, entrent pour beaucoup dans les rejets de CH4. Tous ces phénomènes se cumulent : la quantité de CH4 dans l'atmosphère a plus que doublée depuis le siècle dernier.…(source CNRS)
Pourquoi, dans les médias, n'a-t-on droit qu'à une seul son de cloche? J'aimerais me faire mon idée par moi même, intelligemment. Si je reprends de film tant encensé d'Al Gore,même le GIEC a dit que c'était exgagéré et catastrophiste. A peine un entrefilet dans le journal et rapidement disparu.
En octobre 2007, le film a fait l'objet d'un jugement de la justice britannique saisie par le chef d’établissement d’un lycée du Kent qui contestait la diffusion du film dans le cadre scolaire. Le tribunal a jugé que, bien que la présentation des causes et effets probables du réchauffement climatique était largement correcte il a répertorié un séries d' "erreurs". voici quelques une de ces "inexactitudes":
  • Le film prétend que la fonte des neiges au Mont Kilimandjaro est attribuable au réchauffement climatique alors que le consensus scientifique est qu'on ne peut rien affirmer de tel. L'explication la plus courante est diminution des retombées neigeuses suite à la disparition progressive de la foret humide à la base du Mont.
  • Le film suggère une interprétation des graphes montrant l'évolution des températures et du CO2 sur 650 000 ans, le jugement considérant que s'il y avait un large accord chez les scientifiques sur un lien entre les deux courbes, celles-ci ne prouvaient pas ce qu'affirme Gore : les variations de CO2 suivent les variations de température et non l'inverse.
  • Le film lie l'ouragan Katrina au réchauffement climatique alors que l'opinion scientifique est qu'il n'y a pas de preuves suffisantes
  • Le film montre l'assèchement du Lac Tchad et prétend que c’est une conséquence du réchauffement climatique, alors que les preuves sont là aussi insuffisantes
  • Le film prétend qu'une étude montre que des ours polaires se sont noyés à cause de la fonte des glaces arctiques. Il apparait que la seule étude scientifique trouvée sur le sujet parle de quatre ours polaires noyés à cause d’une tempête
  • Le film avertit ("threatens") que le réchauffement climatique pourrait stopper le Gulf Stream et renvoyer l'Europe à l'âge de glace, alors que le GIEC considère comme très improbable un tel arrêt bien qu'il juge qu'il devrait ralentir
  • Le film accuse le réchauffement climatique d'être à l'origine de la disparition d'espèces, dont la décoloration ("bleaching") des récifs de corail alors que le rapport du GIEC affirme qu'il est difficile de séparer les différentes causes du blanchissement du corail
  • Le film suggère que les calottes de glace du Groenland et de l'Ouest Antarctique pourraient fondre et entraîner une hausse alarmante du niveau des mers. Alors que le film semble suggérer une fonte dans un proche avenir, le point de vue général est que le Groenland ne pourra pas fondre avant des millénaires.
  • Le film prétend que la hausse du niveau des mers a causé l'évacuation de certaines îles du Pacifique en direction de la Nouvelle-Zélande, alors qu'aucune preuve d'une telle évacuation n'existe.
Pourquoi n'admet-on pas que même les plus éminents scientifiques ne comprennent pas toute la mécanique. Ainsi focaliser sur le CO² apparait aujourd'hui comme insuffisant ... mais que la vapeur d'eau ou le méthane (voir plus haut) aurait un rôle bien plus important.
Si on double la concentration de CO2, les calculs montrent que la variation du rayonnement est très faible, de l’ordre de 4 W/m2. mais on pense que cette augmentation de CO2 va entraîner des variations de température, car ce démarrage de l’augmentation de la température va être suivi d’une augmentation de l’humidité de l’atmosphère. L’eau va ainsi piéger encore davantage le rayonnement, donc la température va augmenter. (source CNRS)
Manipuler nuit à la manifestation de la Vérité

Les chiffres ont été manipulés, c'est un fait qui décridibilise la théorie, c'est la seule chose que je veux souligner car ce genre de chose me heurte. Le réchauffement, je ne le nie pas, mais je n'aime pas non plus être manipulé et je ne suis pas sur que tout ce qu'on nous dit est correct dans le domaine. Je rappelle que Pasteur a aussi triché dans son expérience prouvant que la génération spontannée n'existait pas, ce n'est pas pour autant que ce fait est faux. Mais si la communauté scientifique de l'époque l'avait découvert, toute sa démonstration tombait à l'eau. Il est est autant aujourd'hui avec le réchauffement.

Je rappelle aussi qu'alors que la majorité de la communauté scientifique disait que la terre était ronde, un jour une voix à dit que ce n'était pas vrai...

Je ne suis pas climatologue mais mon esprit cartésien demande de la rigueur et de la probité. Demande un débat ouvert et sans anathème, demande de l'intelligence et que les deux parties soient présentes dans les médias.

Car moi, petit citoyen, j'ai horreur qu'on me prenne pour un con et j'aimerais agir au mieux...sans intégrisme ni extrémisme.

NOTE: j'ai volontairement repris des extraits de questions réponses du CNRS, peu susceptible d'etre taxé d'anti-réchauffiste, ou anti quelque chose. Un moment, il faut penser à sortir des logiques binaires, manichéennes consistant à dire : "si vous n'êtes pas d'accord avec nous, si vous vous posez des questions vous êtes forcémment "anti", "contre nous".

jeudi 19 novembre 2009

La croisade féminine vers plus d'équilibre...


Ces derniers jours, voire semaines, la toile bruisse de plus en plus fort autour des "anti-old boy club" (pour citer Neelie Kroes qui considère que c'est un des plus grand cartel à Bruxelles). Un mouvement qui semble trouver son origine dans le débat pour la Présidence du Conseil Européen... Tout un groupe de personnes, tant hommes que femmes, manifeste pour une commission européenne plus équilibrée au niveau des sexes.

Ainsi, quelques exemples actuels d'actions, pour la plupart en ligne :

  • Twitter et ses twibbons roses  "Women @ EU Top jobs" lancés par Caroline (http://www.lobbyplanet.eu/)
  • Facebook et son groupe "gender balanced commission"
  • Mise en ligne du site "gender balanced commission" demandant une Commission Européenne plus équilibrée sexuellement. Ce site récolte les soutiens et une pétition.
  • Même Jean Quatremer, le journaliste de Libération en charge des affaires européennes relaie l'appel avec un article : "Ras-le-bol des "costumes-cravates""
Quelles sont les demandes?

La demande de ce groupe est simple: les femmes représentent plus de 50% de la populations européenne, elles souhaitent donc être mieux représentées au niveau de la Commission Européenne: le groupe demande donc que 33% de la commission soit de sexe féminin. Demande qui me semble plus que logique.

Autre demande récurrente: que soit le Président permanent du Conseil Européen, soit le Haut Représentant soit de sexe féminin. Demande qui n'est pas non plus illégitime à mes yeux.

En règle générale, quand la discussion et le débat s'enclenche, l'argument qui revient souvent c'est : les femmes représentent plus de 50% de la population mais sont peu présentes aux postes de commandement, que ce soit des entreprises privées, publiques, au sein des parlements ou des gouvernements.

Une des solutions proposées est la mise en place de quotas comme aujourd'hui, Joelle Milquet dans un article de la Libre Belgique.

Mettons fin au mythe du macho...

Ca, c'est pour le titre un peu provocateur, ma pensée personnelle est qu'effectivement, les femmes sont sous-représentées aux postes de "pouvoir" de notre société. Je pense aussi qu'un plus grand équilibre doit être trouvé. J'ai déjà travaillé avec et pour des femmes, je n'ai aucun problème avec ça tout comme je n'ai aucun problème à être actif au sein du ménage, à faire les lessives, repasser, aspirer etc.  Ceci pour être clair et pour que l'on n'interprête pas mal les choses : OUI JE SUIS POUR UNE MEILLEURE REPRESENTATION DES FEMMES A TOUS LES NIVEAUX DE POUVOIR.

Ceci étant posé, je pense néanmoins que certaines demandes sont mal formulées ou tout simplement incorrecte.

Parité au parlement:
Voilà la demande la plus absurde qui soit et qui démontre à quel point l'homme ne peut être accusé de tous les maux. Voici la logique:
Les femmes représentent plus de 50% du corps électoral.
Les listes électorales sont paritaires
...les femmes devraient donc, à tout le moins, être très correctement élues dans cette configuration...
et pourtant :
  • Parlement: 36,7% d'élues
  • Sénat : 30% d'élues
  • MAIS, elles n'étaient par contre que 27,3% en tête de liste
Il n'en reste pas moins que si on réfléchit, l'homme tout machiste soit-il, ne peut ici faire jouer la loi du plus fort et forcer les résultats. Les femmes ne semblent pas non plus voter pour des femmes...

Si les femmes ne font pas confiance aux autres femmes, ça devient compliqué...

Quota de 40% dans les postes de directions:
Demande absurde, on ne fait pas dans le détail, on "bourre dans le tas".
Notez que l'excuse la plus souvent émises par les entreprises ne tiens pas contre pas la route : "on ne trouve personne de compétent". Excuse complètement foutaise pour une demande qui l'est tout autant.

La demande exacte devrait plutôt être "un niveau de représentations aux postes de directions équivalent à la répartition observée dans l'entreprise". On y reviendra.

Parité dans les gouvernements
Chose étrange et étonnante, un gouvernement ne représente pas, il décide. Les organes représentatifs sont les assemblées élues. Mais soit, admettons... faire reposer cette demande sur la population est inepte, les seuls décideurs sont et restent les présidents de partis. Notons tout de même qu'en la matière, la Belgique n'est pas encore trop mal lottie avec des quasis parités partout.

Parité à la Commission
Souhait admirable que celui-là mais adressé la plupart du temps à la mauvaise personne. En effet, souvent cette demande est envoyée à monsieur Barroso... Alors Barroso, il peut vouloir une Commission 100% féminine, c'est pas lui qui décide qui est présenté en tant que candidat...ce sont les gouvernements nationaux. Merci de vous adresser à vos gouvernements donc à vos président(e)s de parti.

Notons aussi que a Commission n'est pas la pour "représenter" mais pour veiller à la bonne application des traités. Il n'en reste pas moins que oui, ça manque quand même de femmes dans la Commission qui se profile.

Problématique de la victimisation.  

Quand on n'est pas promu ou pensons être discriminés, nous entendons vite: c'est parce que je suis "étranger", "femme", "homosexuel", "vieux" etc... alors que moi... juste mec, hétérosexuel et jeune, je n'ai pas non plus reçu la promotion rêvée mais... je ne peux m'abriter derrière une "pseudo" discrimination alors que si ça se trouve, c'est ma gueule qui revenait pas au chef de service.


Ici, c'est tout le problème... est-on ou non discriminé. Joue-t-on sur la victimisation ou non? Il y a de toute évidence un problème de discrimination, le nombre de femmes au top étant largement inférieur à leur niveau de présence dans les entreprises ou administration (notez le choix des mots...je n'ai pas parlé de parité parfaite...l'explication va suivre). Il faut que les choses soit bien formulées et le mieux étayées possible: diplômes et expérience et évaluations équivalentes par exemple. Ce que je veux éviter c'est la décridibilisation du discours par l'argument: vous jouez la victimisation. La dernière fois que je n'ai pas eu ma promotion, je suis revenu avec un dossier solide prouvant que clairement, le seul avantage de l'autre candidat était d'avoir serré les bonnes mains, pour le reste, il était en dessous. Il n'en reste d'ailleurs pas moins que ça n'a rien changé... Maintenant, je ne loupe plus une promotion, je suis indépendant.


Les solutions?


Les Quotas
Alors les quotas, je suis catégorique, je suis 100% contre...
  • il y aurait toujours un doute (ou de mauvaises langues pour douter de) sur la compétence de la personne en place
  • cela ne reflète pas toujours l'intérêt pour le job
  • on remplace une discrimination par une autre (aujourd'hui, on se dit qu'il vaut mieux faire partie d'une minorité que d'une majorité)
  • Dans le cadre de la présidence le débat n'est plus "qui est le plus compétent" mais "quelle est la femme la plus acceptable", ça ne sert personne et surtout pas l'Europe
Égalité de Traitement à compétence égale... ne veut pas dire être égaux!
Il y une chose qui m'horripile dans ce combat contre les inégalité de traitement c'est d'entre dire: "nous sommes les égales des hommes.".
Mesdames, soyez supérieures, inférieures, je m'en fiche, mais pas égales. Nous sommes différents, ce n'est ni positif ni négatif, c'est juste pas pareil. Nous sommes différents, nous sommes généralement complémentaires. Nous n'avons pas les mêmes compétences, les mêmes talents, les mêmes goûts, les mêmes envies ou désirs. Pourquoi vouloir faire pareil alors?
La première erreur que peut d'ailleurs faire une femme au pouvoir est de se comporter...comme un homme. Ca ne marche pas. Vous êtes différentes, assumez cette différence car c'est elle que nous recherchons, c'est elle qui nous apporte cette bouffée d'air frais dans le management, de nouvelles idées.
Mais soyons clairs... à goûts, compétences et envie égales : traitement égal, salaire égal, promotions égales!

Niveau de représentations aux postes de directions équivalent à la répartition observée
C est la solution qui me semble la plus élégante. Comme je l'ai dit précédemment, nos goûts et affinités sont différents. Ainsi, il semble que les femmes soient plus attirées par les études et carrières plus "littéraires" et les hommes pas des carrières plus "mathématiques". Ce qui n'empêche pas que l'un et l'autre de choisir librement. A ce choix libre, il faut à résultat égal offrir une perspective égale. 


Or, et c'est ici qu'on est certain de la discrimination, même dans les professions "littéraires" comme "avocat" ou "médecins", les conseils d'ordres, organes supérieurs de ces professions, sont majoritairement composés d'hommes. Et ici, au niveau représentativité, ça ne marche pas, on voit nettement une discrimination à corriger au plus vite!


Car si je ne demande pas la parité parfaite qui est ridicule à mes yeux, je demande que les couches de pouvoirs soient composées de personnes :
  • qui en ont envie (attention, ici aussi, hommes et femmes diffèrent, certains n'ont pas envie de faire carrière. On sait les hommes plus ambitieux...mais tout de même, qu'on ne me dise pas que dans une société de 500 personnes, même avec 50 femmes, on n'en trouve aucune qui aie cette ambition de grimper
  • qui sont compétentes (même remarque que ci dessus... même avec 10% de femmes, on doit bien en trouver une qui est compétente, l'argument est de la foutaise)
  • qui représentent la répartition dans la société/entreprise : dans une société d'ingénieurs, il y a moins de femmes que d'hommes, dans des cabinets d'avocats, il y a moins d'hommes que de femmes... et bien que cette répartition homme-femme se retrouve à toute les couches de pouvoir de ladite entreprise/administration. 
Homme-femme...même combat
On entend souvent, par exemple, l'argument débile: "oui mais une femme ça peut tomber enceinte". Ben oui, c'est subtil, c'est aussi ce qui fait que l'on n'est pas égaux, on est différent. Mais si ça dérange et pour éliminer ce biais... la solution est ultra simple. Que les hommes soient OBLIGES de prendre un congé de paternité de la MEME longueur que le congé de maternité et avec les MEMES avantages. Même circonstance (naissance d'un enfant), même traitement (congé de parentalité)


Et que l'on fasse de même avec les autres arguments du même type. Pour les mêmes circonstances, le même traitement, point à la ligne.  

 

Pourquoi ce post?


Car je n'aime pas la tournure que prend parfois ce débat. J'ai parfois l'impression, mais qu'on me corrige si je me trompe, qu'il s'agit d'un combat "revanchard".

Je me sens parfois attaqué en tant qu'homme pour le simple fait d'être un homme. Non, ce n'est pas parce que je suis un homme que je suis machiste ou mysogine.

Je n'aime pas la tournure du débat quand il devient manichéen: si tu n'es pas d'accord avec moi, tu es contre moi. Non, j'exerce mon esprit critique, exprime mes idées qui sont simplement différentes et qui ne cèdent pas à l'effet de mode.


Car, il y a comme un effet de mode qui me dérange: tout le monde semble s'émouvoir aujourd'hui...et avec l'émotion, les extrêmes ont tendance à surgir et les propos lus ou entendus tournent parfois au n'importe quoi. 

Ainsi, pour avoir posé plusieurs fois la question: pourquoi les femmes, majoritaires, ne votent elles pas pour des femmes (paritaires sur les listes), je peux dire que je n'ai jamais eu de réponse à cette question. Pourtant, c'est le premier endroit ou les femmes peuvent agir directement et à chaque élection! C'est comme la manisfestation du 18 novembre 2009 des parlementaires féminines européennes demandant une meilleure représentativité... Mais quand il a s'agit d'élire un représentant au parlement, elles ont choisi... un homme!

Je ne veux pas qu'on mette une femme à un poste pour mettre une femme à un poste. Non, je veux une personne compétente à chaque poste, et pour ma part, je me fiche que ce soit une femme ou un homme! J'ai travaillé pour et avec les deux et ça s'est toujours très bien passé.

Je veux aussi que chaque personne fasse le métier qui lui plaît et pas le métier "traditionnel" du genre sexuel. Et qu'à circonstances, ambitions et compétences égales, elles reçoivent des chances égales.



On doit cesser de dire "il faut 50% de femmes dans les études d'ingénieurs" alors qu'on ne s'offusque pas qu'il n'y ait que 20% d'hommes dans les métiers de l'enseignement. Pourquoi ne pas reconnaître le rôle du goût et des affinités là dedans. La seule chose que l'on doit contrôler avec la plus grande sévérité c'est l'équivalence des chances à circonstances, goûts, ambitions et compétences égales.

lundi 2 novembre 2009

Coter le lait en bourse?

C'est le Figaro qui publie la nouvelle sur son site : Le lait pourrait être coté en bourse dès 2010...
En effet, l'opérateur boursier de la place de Paris, Nyse Euronext, travaille sur le lancement, au premier se­mestre 2010, de trois contrats à terme adossés à trois types de produits laitiers les plus échangés: le beurre industriel, la poudre de lait et le lactosérum (petit-lait), utilisé dans l'alimentation du bétail, l'industrie alimentaire (dans le chocolat au lait) ou même l'industrie pharmaceu­tique (laits infantiles). Une initiative provenant du ministre français de l'Agriculture, Bruno Le Maire, à la suite de la grève européenne du lait de septembre, et reprise depuis par Bruxelles pour donner aux producteurs laitiers des moyens de se prémunir contre les fortes variations des cours.
Bonne nouvelle?

Est ce une bonne nouvelle? Personnellement, j'en doute. Je pense que les matières premières alimentaires ne devraient pas être cotées en bourse. Déjà que la loi de l'offre et la demande est dépassée pour ce type de bien (céréales, lait, sucre,...)vu l'indiscipline des acteurs du marchés.

Je m'explique: en 2007, les producteurs de lait, face à la montée des prix du lait ont demandé l'augmentation des quotas, voire leur disparition. Deux ans plus tard, et malgré le fait que les quotas n'aient pas été levés, nous sommes en pleine crise du lait, les producteurs devant produire à perte... Il y a plusieurs facteurs qui expliquent cela, mais entre autre:
  • l'augmentation prévue des quotas: on sait qu'il faut deux ans pour ajuster un marché du lait en "produisant" plus de vaches laitières. Vu l'augmentation des prix, les producteurs y ont vu une aubaine et, malgré les quotas, se sont lancés dans la production de lait (ou ont augmenté une production existante)
  • la puissance des centrales d'achat
  • la non-organisation des syndicats agricoles sauf quand il s'agit de manifester
  • le chacun pour soi des agriculteurs: je produits mon lait, les autres n'ont qu'à produire autre chose.
Il est bien entendu  que face à une telle désorganisation, les acheteurs de lait, les grandes centrales d'achats ont jeu facile d'imposer leurs règles et leurs tarifs. Le marché est fragmenté, désorganisé et en état de surproduction. Soyons clairs, pour moi, les agriculteurs doivent avant tout s'en prendre à eux même plutôt qu'à l'Europe pour résoudre leurs problèmes.

Quoiqu'il en soit, revenons à la question de base:
Est-ce une bonne idée de coter le lait en bourse?

Pour certains :oui.

D'après eux, la cotation des produits laitiers pourrait réduire et de mieux gérer la volatilité des prix. L'idée serait de conclure des contrats à terme de deux ans (rappelons que c'est exactement la durée nécessaire à ajuster la production de lait...).

Un contrat à terme (future en anglais) est un engagement ferme de livraison standardisé, dont les caractéristiques sont connues à l'avance, portant sur :
  • une quantité déterminée d'un actif sous-jacent précisément défini,
  • à une date, appelée échéance, et un lieu donnés,
  • et négocié sur un marché à terme organisé.
Vu comme ça, je ne peux que leur donner raison, cette cotation devrait limiter la volatilité des prix vu que le prix est déterminé à l'avance.

Sauf que...

qui dit cotation... dit spéculation! Si les prix d'achat aux producteurs sont fixés, les prix de reventes, eux, ne le sont pas... Si nos amis producteurs seront contents en début de contrats de voir leurs coûts couverts, ils vont vite en revenir en hurlant que le décalage entre le prix d'achat et le prix de vente est scandaleusement élevé. Car tel est le devenir du prix du lait s'il est un jour coté en bourse... et si tel n'est pas son devenir, croyez moi, il sera aussi vite retiré de la cotation car il ne génère pas assez de volume.

Le mécanisme est simple, les traders et autres acteurs de la bourse ne vont acheter un produit que si celui-ci leur fournit un return suffisant. Pour un trader ou un spéculateur, un rendement de moins de 2 chiffres n'est même pas qualifiable de rendement. Ils ne s'intéresseront au lait que pour le rentabiliser un maximum, quitte à créer une bulle financière sur le produit.

Les conséquences seront donc, comme je le vois, négatives pour tout le monde:
  • les producteurs qui vont être frustrés de voir les prix exploser...
  • ce qui les amènera à être tentés pour les prochains contrats, donc à produire plus, donc à "mettre des vaches en route"
  • ce qui amènera au moment de la conclusion des nouveaux "futures" à un effondrement des prix du fait de la pléthore d'offre.
  • les clients qui verront les prix de vente (actuels, pourquoi les supermarchés n'en profiteraient-ils pas en prétextant s'aligner non sur le prix d'achat garanti mais sur la cotation du produit!) exploser du fait de la spéculation...
  • certains voudront alors jouer avec les spéculateurs... entreront dans la danse, la bulle va se créer, les spéculateurs se barrer... et la bulle se dégonfler ne laissant les amateurs que leurs larmes de lait pour pleurer.
  • les spéculateurs de la première heure seront les seuls gagnants...pour autant qu'ils s'intéressent à ce marché qui pourrait bien être sur-réglementé.
Tout serait donc une question de balance entre un marché trop réglementé, cas auquel la cotation risque bien de ne pas se faire de par le manque de rentabilité, donc d'échange, donc d'intérêt. Et un marché peu réglementé qui amènerait de la spéculation à outrance avec les conséquences décrites ci-dessus.

Je pense que cette balance n'est pas atteignable et qu'il est préférable pour les syndicats agricoles d'appliquer la technique des centrales d'achats en mettant en place des coopératives supra-nationales (comme le font la Flandre Belge et les Pays-Bas) ou crééer de grandes centrales de ventes pour récolter le lait et avoir un poids suffisant que pour négocier d'égal à égal avec les grandes centrales d'achats.

L'entrée du marché financier dans les produits alimentaires de base n'est en aucun cas, pour moi, une option intéressante. Je la qualifierais même de malsaine.