mardi 24 novembre 2009

Réchauffement climatique et méthodologie

Le scandale est à nos portes! Les données des climatologues sont truquées! ...n'allons pas trop vite en besogne, ne crions pas avec les loups et ne surfons pas sur l'émotion populaire. Mais ni dans un sens, ni dans l'autre. Posons nous simplement en citoyens cartésiens.

Je ne suis pas climatologue!

Mon avis sur la question est donc nul... il n'en reste pas moins que je m'interroge et que je préfère un réponse franche disant : "je ne sais pas" qu'un bidouillage ou un baratin quelconque.
Je ne vais donc pas répondre dans ce post à la question: "le réchauffement est-il réel ou non?"
Ni répondre à la question: "que dénoncent les mails piratés?" C'est vrai?

Je n'en sais rien! Je vais juste essayer de poser les questions qui se posent quant à la méthodologie utilisée par les uns et les autres et expliquer en quoi, cela amène à desservir la cause des uns et des autres.

Importance du rôle du CRU (Climate Reasearch Unit)

En préambule, (et si je me trompe, qu'on me corrige) il est bon de souligner que les données utilisées pas les scientifiques, climatologues du monde entier viennent d'un point central : le CRU. Le CRU collecte les données en provenance du monde entier de laboratoire sources, les agrège et les redistribuent. Que toute atteinte à l'intégrité des données de ce centre implique une contamination complète au niveau mondial.

C'est pour ça que le hacking qui a eu lieu la semaine dernière est très important à comprendre. Non, les données utilisées par les scientfiques ne sont pas réparties directement dans tous les centres de recherche. Elles transitent et sont retravaillées au CRU avant d'être ré-expédiées dans les différents pays... En ce sens, je suis effectivement inquiet des manipulations qui ont eu cours et qui sont reconnues par leurs auteurs. Même si leurs explications peuvent se comprendre, moi, elles ne me conviennent pas.

Climat...

Une première chose: je ne nie pas le réchauffement climatique.
Il me semble qu'effectivement, le climat se réchauffe. Néanmoins, que suis je moi, trentenaire comparés aux cycles millénaires de notre planète?
Ce qui me préoccupe plus, en cartésien (un ingénieur est-il scientifique?), je demande simplement qu'on évite de manipuler les chiffres et de faire du sensationalisme et du catastrophisme. Ca ne sert à rien et donne justement des arguments pour décridibiliser la partie qui manipule.

Un exemple concret sorti du fameux dossier de "révélations":
Mail de Phil Jones : Je viens de terminer d'utiliser l'astuce Nature (ndt: la revue scientifique) de Mike (ndt: Michael Mann ??) qui consiste à incorporer les vraies températures à chaque série depuis les 20 dernières années (çad depuis 1981) et depuis 1961 pour celles de Keith's (ndt: probalement Briffa) afin de masquer le déclin.
Dans un communiqué, Phil Jones (directeur du CRU) a reconnu l'authenticité du message, expliquant que le terme "astuce" signifiait, "dans un contexte familier", "quelque chose d'intelligent à faire". Alors, moi, je veux bien que les données puissent montrer des divergences à la théorie, mais faire quelque chose d'intelligent pour masquer ces différences n'est pas la solution qui me semble, à moi,intelligente.

On le voit aujourd'hui, tout le travail scientifique du CRU est remis en cause...et pourtant, on a envie de dire "elle tourne".

Questionnement...

Deuxième chose: nous avons connu une période de glaciation, le terre s'est ensuite réchauffée et nous savons qu'elle fonctionne par cycle... Qu'en serait-il de notre monde si à la fin de l'ère glacière nous avons eu un Nicolas Hulot pour dire qu'il ne fallait surtout rien changer. La nature évolue, change... tous les scientifiques le reconnaissent et encensent cette évolution et ce changement permanent. Pousser la planète au statu quo n'est pas une option (et en prime, nous en sommes totalement incapable). Il faut se dire que l'ours blanc qui perd sa banquise vivait à Paris avant et que le Sahara etait une forêt luxuriante. Il est donc des rythmes naturels et il faudrait déjà savoir et comprendre comment ça fonctionne de manière à éviter de s'opposer à quelque chose de peut être nécessaire à notre environnement...

Troisième chose: qui sommes nous pour dire que l'un ou l'autre camp à raison? On nous prend, nous citoyens à témoin d'un débat qui nous dépasse totalement. On tente évidemment de comprendre mais les information contradictoires reçues de part et autre ne nous aide pas. Fatalement, à la moindre preuve de manipulation des données d'une partie, nous donnerons raison à l'autre. C'est une justification négative. Un peu comme le capitalisme se justifiait simplement de par sa comparaison avec le communisme.

Je ne suis pas climatologue et j'ai peu à dire bien sur. Mais je suis aussi un citoyen avec une tête que j'espère bien faite. Un citoyen qui s'interroge, se pose des questions et n'accepte pas de tout gober juste comme ça. J'essaie donc d'avoir une lecture critique de ce qui se passe.
Je ne nie pas le réchauffement mais je dis qu'il n'est peut être pas uniquement du à la main de l'homme.

C'est évident que je veux vivre dans une planète propre et moins polluée, mais je ne suis pas prêt à me faire manipuler pour y arriver, je ne suis pas un enfant.

Silence...

Pourquoi par exemple n'entend on jamais que la simple éruption du Pinatubo à causé une baisse de température de 1° durant 1an si je me souviens bien? Les cendres en suspension dans l'atmosphère ont de fait bloquer partiellement le rayonnement. Qu'étonnamment, l'émission prodigieuse de CO² de l'éruption a causé une baisse du CO² dans l'atmosphère par des effets que l'on ne comprend pas aujourd'hui. Alors même que cette émission valaient les émissions annuelles des automobiles du monde... Alors deux trois éruptions pour résoudre notre problème de réchauffement? Auto-régulation de la planète?
Lors d’ une éruption volcanique importante (par exemple celle du Pinatubo) des cendres volcaniques et du gaz sont injectés dans la haute atmosphère (à plusieurs dizaines de kilomètres d’altitude), là où l’air est stable. La majorité des cendres retombent d’une façon relativement proche du lieu de l’éruption, par contre les gaz se transforment en particules fines de sulfate (aérosol volcanique) qui restent très longtemps dans l’atmosphère formant un nuage qui se répartit progressivement sur Terre. Cette couche réfléchit en partie le rayonnement solaire pouvant ainsi entraîner un refroidissement du climat. Cet effet dure entre une et deux année, le temps que ces aérosols retombent sur la surface de la Terre. Ainsi le refroidissement climatique lié à l’éruption du Pinatubo, particulièrement importante, s’est traduit sur les régions tropicales parune baisse moyenne de la température de l’ordre de 1° durant une année.(source CNRS)
Pourquoi n'accepte-t-on pas de reconnaitre qu'un des véritables problèmes est un problème démographique? La surpopulation mondiale est en train de doucement fair crever le monde. Nous devons, dans nos civilisations occidentales, faire un effort très sérieux pour moins et mieux consommer. Mais nous ne pouvons pas décemment demander au 2/3 de la population mondiale de ne pas avoir leur part de bien être. La décroissance n'est pas une option car la demande ira toujours en croissant. Même pas pour consommer plus par habitant, mais juste parce qu'il y a toujours plus d'habitants.
Le CO2 n'est pas le seul gaz à effet de serre que l'homme injecte dans l'atmosphère, il y a également par exemple l'ozone et le méthane (qui a proportionellement augmenté beaucoup plus que le CO2 dans l'atmosphère). Les origines du méthane sont diverses : des pertes de méthane vers l'atmosphère se produisent depuis les systèmes d'extraction de gaz industriels (oléoducs…); la production de méthane par les rizières et comme la population augmente, en particulier dans les pays asiatiques, la surface des rizières et l'intensification des cultures se traduisent par des émissions plus importantes de CH4. Les émanations de CH4 par le bétail, qui augmentent parallèlement à l'augmentation de la population, entrent pour beaucoup dans les rejets de CH4. Tous ces phénomènes se cumulent : la quantité de CH4 dans l'atmosphère a plus que doublée depuis le siècle dernier.…(source CNRS)
Pourquoi, dans les médias, n'a-t-on droit qu'à une seul son de cloche? J'aimerais me faire mon idée par moi même, intelligemment. Si je reprends de film tant encensé d'Al Gore,même le GIEC a dit que c'était exgagéré et catastrophiste. A peine un entrefilet dans le journal et rapidement disparu.
En octobre 2007, le film a fait l'objet d'un jugement de la justice britannique saisie par le chef d’établissement d’un lycée du Kent qui contestait la diffusion du film dans le cadre scolaire. Le tribunal a jugé que, bien que la présentation des causes et effets probables du réchauffement climatique était largement correcte il a répertorié un séries d' "erreurs". voici quelques une de ces "inexactitudes":
  • Le film prétend que la fonte des neiges au Mont Kilimandjaro est attribuable au réchauffement climatique alors que le consensus scientifique est qu'on ne peut rien affirmer de tel. L'explication la plus courante est diminution des retombées neigeuses suite à la disparition progressive de la foret humide à la base du Mont.
  • Le film suggère une interprétation des graphes montrant l'évolution des températures et du CO2 sur 650 000 ans, le jugement considérant que s'il y avait un large accord chez les scientifiques sur un lien entre les deux courbes, celles-ci ne prouvaient pas ce qu'affirme Gore : les variations de CO2 suivent les variations de température et non l'inverse.
  • Le film lie l'ouragan Katrina au réchauffement climatique alors que l'opinion scientifique est qu'il n'y a pas de preuves suffisantes
  • Le film montre l'assèchement du Lac Tchad et prétend que c’est une conséquence du réchauffement climatique, alors que les preuves sont là aussi insuffisantes
  • Le film prétend qu'une étude montre que des ours polaires se sont noyés à cause de la fonte des glaces arctiques. Il apparait que la seule étude scientifique trouvée sur le sujet parle de quatre ours polaires noyés à cause d’une tempête
  • Le film avertit ("threatens") que le réchauffement climatique pourrait stopper le Gulf Stream et renvoyer l'Europe à l'âge de glace, alors que le GIEC considère comme très improbable un tel arrêt bien qu'il juge qu'il devrait ralentir
  • Le film accuse le réchauffement climatique d'être à l'origine de la disparition d'espèces, dont la décoloration ("bleaching") des récifs de corail alors que le rapport du GIEC affirme qu'il est difficile de séparer les différentes causes du blanchissement du corail
  • Le film suggère que les calottes de glace du Groenland et de l'Ouest Antarctique pourraient fondre et entraîner une hausse alarmante du niveau des mers. Alors que le film semble suggérer une fonte dans un proche avenir, le point de vue général est que le Groenland ne pourra pas fondre avant des millénaires.
  • Le film prétend que la hausse du niveau des mers a causé l'évacuation de certaines îles du Pacifique en direction de la Nouvelle-Zélande, alors qu'aucune preuve d'une telle évacuation n'existe.
Pourquoi n'admet-on pas que même les plus éminents scientifiques ne comprennent pas toute la mécanique. Ainsi focaliser sur le CO² apparait aujourd'hui comme insuffisant ... mais que la vapeur d'eau ou le méthane (voir plus haut) aurait un rôle bien plus important.
Si on double la concentration de CO2, les calculs montrent que la variation du rayonnement est très faible, de l’ordre de 4 W/m2. mais on pense que cette augmentation de CO2 va entraîner des variations de température, car ce démarrage de l’augmentation de la température va être suivi d’une augmentation de l’humidité de l’atmosphère. L’eau va ainsi piéger encore davantage le rayonnement, donc la température va augmenter. (source CNRS)
Manipuler nuit à la manifestation de la Vérité

Les chiffres ont été manipulés, c'est un fait qui décridibilise la théorie, c'est la seule chose que je veux souligner car ce genre de chose me heurte. Le réchauffement, je ne le nie pas, mais je n'aime pas non plus être manipulé et je ne suis pas sur que tout ce qu'on nous dit est correct dans le domaine. Je rappelle que Pasteur a aussi triché dans son expérience prouvant que la génération spontannée n'existait pas, ce n'est pas pour autant que ce fait est faux. Mais si la communauté scientifique de l'époque l'avait découvert, toute sa démonstration tombait à l'eau. Il est est autant aujourd'hui avec le réchauffement.

Je rappelle aussi qu'alors que la majorité de la communauté scientifique disait que la terre était ronde, un jour une voix à dit que ce n'était pas vrai...

Je ne suis pas climatologue mais mon esprit cartésien demande de la rigueur et de la probité. Demande un débat ouvert et sans anathème, demande de l'intelligence et que les deux parties soient présentes dans les médias.

Car moi, petit citoyen, j'ai horreur qu'on me prenne pour un con et j'aimerais agir au mieux...sans intégrisme ni extrémisme.

NOTE: j'ai volontairement repris des extraits de questions réponses du CNRS, peu susceptible d'etre taxé d'anti-réchauffiste, ou anti quelque chose. Un moment, il faut penser à sortir des logiques binaires, manichéennes consistant à dire : "si vous n'êtes pas d'accord avec nous, si vous vous posez des questions vous êtes forcémment "anti", "contre nous".

jeudi 19 novembre 2009

La croisade féminine vers plus d'équilibre...


Ces derniers jours, voire semaines, la toile bruisse de plus en plus fort autour des "anti-old boy club" (pour citer Neelie Kroes qui considère que c'est un des plus grand cartel à Bruxelles). Un mouvement qui semble trouver son origine dans le débat pour la Présidence du Conseil Européen... Tout un groupe de personnes, tant hommes que femmes, manifeste pour une commission européenne plus équilibrée au niveau des sexes.

Ainsi, quelques exemples actuels d'actions, pour la plupart en ligne :

  • Twitter et ses twibbons roses  "Women @ EU Top jobs" lancés par Caroline (http://www.lobbyplanet.eu/)
  • Facebook et son groupe "gender balanced commission"
  • Mise en ligne du site "gender balanced commission" demandant une Commission Européenne plus équilibrée sexuellement. Ce site récolte les soutiens et une pétition.
  • Même Jean Quatremer, le journaliste de Libération en charge des affaires européennes relaie l'appel avec un article : "Ras-le-bol des "costumes-cravates""
Quelles sont les demandes?

La demande de ce groupe est simple: les femmes représentent plus de 50% de la populations européenne, elles souhaitent donc être mieux représentées au niveau de la Commission Européenne: le groupe demande donc que 33% de la commission soit de sexe féminin. Demande qui me semble plus que logique.

Autre demande récurrente: que soit le Président permanent du Conseil Européen, soit le Haut Représentant soit de sexe féminin. Demande qui n'est pas non plus illégitime à mes yeux.

En règle générale, quand la discussion et le débat s'enclenche, l'argument qui revient souvent c'est : les femmes représentent plus de 50% de la population mais sont peu présentes aux postes de commandement, que ce soit des entreprises privées, publiques, au sein des parlements ou des gouvernements.

Une des solutions proposées est la mise en place de quotas comme aujourd'hui, Joelle Milquet dans un article de la Libre Belgique.

Mettons fin au mythe du macho...

Ca, c'est pour le titre un peu provocateur, ma pensée personnelle est qu'effectivement, les femmes sont sous-représentées aux postes de "pouvoir" de notre société. Je pense aussi qu'un plus grand équilibre doit être trouvé. J'ai déjà travaillé avec et pour des femmes, je n'ai aucun problème avec ça tout comme je n'ai aucun problème à être actif au sein du ménage, à faire les lessives, repasser, aspirer etc.  Ceci pour être clair et pour que l'on n'interprête pas mal les choses : OUI JE SUIS POUR UNE MEILLEURE REPRESENTATION DES FEMMES A TOUS LES NIVEAUX DE POUVOIR.

Ceci étant posé, je pense néanmoins que certaines demandes sont mal formulées ou tout simplement incorrecte.

Parité au parlement:
Voilà la demande la plus absurde qui soit et qui démontre à quel point l'homme ne peut être accusé de tous les maux. Voici la logique:
Les femmes représentent plus de 50% du corps électoral.
Les listes électorales sont paritaires
...les femmes devraient donc, à tout le moins, être très correctement élues dans cette configuration...
et pourtant :
  • Parlement: 36,7% d'élues
  • Sénat : 30% d'élues
  • MAIS, elles n'étaient par contre que 27,3% en tête de liste
Il n'en reste pas moins que si on réfléchit, l'homme tout machiste soit-il, ne peut ici faire jouer la loi du plus fort et forcer les résultats. Les femmes ne semblent pas non plus voter pour des femmes...

Si les femmes ne font pas confiance aux autres femmes, ça devient compliqué...

Quota de 40% dans les postes de directions:
Demande absurde, on ne fait pas dans le détail, on "bourre dans le tas".
Notez que l'excuse la plus souvent émises par les entreprises ne tiens pas contre pas la route : "on ne trouve personne de compétent". Excuse complètement foutaise pour une demande qui l'est tout autant.

La demande exacte devrait plutôt être "un niveau de représentations aux postes de directions équivalent à la répartition observée dans l'entreprise". On y reviendra.

Parité dans les gouvernements
Chose étrange et étonnante, un gouvernement ne représente pas, il décide. Les organes représentatifs sont les assemblées élues. Mais soit, admettons... faire reposer cette demande sur la population est inepte, les seuls décideurs sont et restent les présidents de partis. Notons tout de même qu'en la matière, la Belgique n'est pas encore trop mal lottie avec des quasis parités partout.

Parité à la Commission
Souhait admirable que celui-là mais adressé la plupart du temps à la mauvaise personne. En effet, souvent cette demande est envoyée à monsieur Barroso... Alors Barroso, il peut vouloir une Commission 100% féminine, c'est pas lui qui décide qui est présenté en tant que candidat...ce sont les gouvernements nationaux. Merci de vous adresser à vos gouvernements donc à vos président(e)s de parti.

Notons aussi que a Commission n'est pas la pour "représenter" mais pour veiller à la bonne application des traités. Il n'en reste pas moins que oui, ça manque quand même de femmes dans la Commission qui se profile.

Problématique de la victimisation.  

Quand on n'est pas promu ou pensons être discriminés, nous entendons vite: c'est parce que je suis "étranger", "femme", "homosexuel", "vieux" etc... alors que moi... juste mec, hétérosexuel et jeune, je n'ai pas non plus reçu la promotion rêvée mais... je ne peux m'abriter derrière une "pseudo" discrimination alors que si ça se trouve, c'est ma gueule qui revenait pas au chef de service.


Ici, c'est tout le problème... est-on ou non discriminé. Joue-t-on sur la victimisation ou non? Il y a de toute évidence un problème de discrimination, le nombre de femmes au top étant largement inférieur à leur niveau de présence dans les entreprises ou administration (notez le choix des mots...je n'ai pas parlé de parité parfaite...l'explication va suivre). Il faut que les choses soit bien formulées et le mieux étayées possible: diplômes et expérience et évaluations équivalentes par exemple. Ce que je veux éviter c'est la décridibilisation du discours par l'argument: vous jouez la victimisation. La dernière fois que je n'ai pas eu ma promotion, je suis revenu avec un dossier solide prouvant que clairement, le seul avantage de l'autre candidat était d'avoir serré les bonnes mains, pour le reste, il était en dessous. Il n'en reste d'ailleurs pas moins que ça n'a rien changé... Maintenant, je ne loupe plus une promotion, je suis indépendant.


Les solutions?


Les Quotas
Alors les quotas, je suis catégorique, je suis 100% contre...
  • il y aurait toujours un doute (ou de mauvaises langues pour douter de) sur la compétence de la personne en place
  • cela ne reflète pas toujours l'intérêt pour le job
  • on remplace une discrimination par une autre (aujourd'hui, on se dit qu'il vaut mieux faire partie d'une minorité que d'une majorité)
  • Dans le cadre de la présidence le débat n'est plus "qui est le plus compétent" mais "quelle est la femme la plus acceptable", ça ne sert personne et surtout pas l'Europe
Égalité de Traitement à compétence égale... ne veut pas dire être égaux!
Il y une chose qui m'horripile dans ce combat contre les inégalité de traitement c'est d'entre dire: "nous sommes les égales des hommes.".
Mesdames, soyez supérieures, inférieures, je m'en fiche, mais pas égales. Nous sommes différents, ce n'est ni positif ni négatif, c'est juste pas pareil. Nous sommes différents, nous sommes généralement complémentaires. Nous n'avons pas les mêmes compétences, les mêmes talents, les mêmes goûts, les mêmes envies ou désirs. Pourquoi vouloir faire pareil alors?
La première erreur que peut d'ailleurs faire une femme au pouvoir est de se comporter...comme un homme. Ca ne marche pas. Vous êtes différentes, assumez cette différence car c'est elle que nous recherchons, c'est elle qui nous apporte cette bouffée d'air frais dans le management, de nouvelles idées.
Mais soyons clairs... à goûts, compétences et envie égales : traitement égal, salaire égal, promotions égales!

Niveau de représentations aux postes de directions équivalent à la répartition observée
C est la solution qui me semble la plus élégante. Comme je l'ai dit précédemment, nos goûts et affinités sont différents. Ainsi, il semble que les femmes soient plus attirées par les études et carrières plus "littéraires" et les hommes pas des carrières plus "mathématiques". Ce qui n'empêche pas que l'un et l'autre de choisir librement. A ce choix libre, il faut à résultat égal offrir une perspective égale. 


Or, et c'est ici qu'on est certain de la discrimination, même dans les professions "littéraires" comme "avocat" ou "médecins", les conseils d'ordres, organes supérieurs de ces professions, sont majoritairement composés d'hommes. Et ici, au niveau représentativité, ça ne marche pas, on voit nettement une discrimination à corriger au plus vite!


Car si je ne demande pas la parité parfaite qui est ridicule à mes yeux, je demande que les couches de pouvoirs soient composées de personnes :
  • qui en ont envie (attention, ici aussi, hommes et femmes diffèrent, certains n'ont pas envie de faire carrière. On sait les hommes plus ambitieux...mais tout de même, qu'on ne me dise pas que dans une société de 500 personnes, même avec 50 femmes, on n'en trouve aucune qui aie cette ambition de grimper
  • qui sont compétentes (même remarque que ci dessus... même avec 10% de femmes, on doit bien en trouver une qui est compétente, l'argument est de la foutaise)
  • qui représentent la répartition dans la société/entreprise : dans une société d'ingénieurs, il y a moins de femmes que d'hommes, dans des cabinets d'avocats, il y a moins d'hommes que de femmes... et bien que cette répartition homme-femme se retrouve à toute les couches de pouvoir de ladite entreprise/administration. 
Homme-femme...même combat
On entend souvent, par exemple, l'argument débile: "oui mais une femme ça peut tomber enceinte". Ben oui, c'est subtil, c'est aussi ce qui fait que l'on n'est pas égaux, on est différent. Mais si ça dérange et pour éliminer ce biais... la solution est ultra simple. Que les hommes soient OBLIGES de prendre un congé de paternité de la MEME longueur que le congé de maternité et avec les MEMES avantages. Même circonstance (naissance d'un enfant), même traitement (congé de parentalité)


Et que l'on fasse de même avec les autres arguments du même type. Pour les mêmes circonstances, le même traitement, point à la ligne.  

 

Pourquoi ce post?


Car je n'aime pas la tournure que prend parfois ce débat. J'ai parfois l'impression, mais qu'on me corrige si je me trompe, qu'il s'agit d'un combat "revanchard".

Je me sens parfois attaqué en tant qu'homme pour le simple fait d'être un homme. Non, ce n'est pas parce que je suis un homme que je suis machiste ou mysogine.

Je n'aime pas la tournure du débat quand il devient manichéen: si tu n'es pas d'accord avec moi, tu es contre moi. Non, j'exerce mon esprit critique, exprime mes idées qui sont simplement différentes et qui ne cèdent pas à l'effet de mode.


Car, il y a comme un effet de mode qui me dérange: tout le monde semble s'émouvoir aujourd'hui...et avec l'émotion, les extrêmes ont tendance à surgir et les propos lus ou entendus tournent parfois au n'importe quoi. 

Ainsi, pour avoir posé plusieurs fois la question: pourquoi les femmes, majoritaires, ne votent elles pas pour des femmes (paritaires sur les listes), je peux dire que je n'ai jamais eu de réponse à cette question. Pourtant, c'est le premier endroit ou les femmes peuvent agir directement et à chaque élection! C'est comme la manisfestation du 18 novembre 2009 des parlementaires féminines européennes demandant une meilleure représentativité... Mais quand il a s'agit d'élire un représentant au parlement, elles ont choisi... un homme!

Je ne veux pas qu'on mette une femme à un poste pour mettre une femme à un poste. Non, je veux une personne compétente à chaque poste, et pour ma part, je me fiche que ce soit une femme ou un homme! J'ai travaillé pour et avec les deux et ça s'est toujours très bien passé.

Je veux aussi que chaque personne fasse le métier qui lui plaît et pas le métier "traditionnel" du genre sexuel. Et qu'à circonstances, ambitions et compétences égales, elles reçoivent des chances égales.



On doit cesser de dire "il faut 50% de femmes dans les études d'ingénieurs" alors qu'on ne s'offusque pas qu'il n'y ait que 20% d'hommes dans les métiers de l'enseignement. Pourquoi ne pas reconnaître le rôle du goût et des affinités là dedans. La seule chose que l'on doit contrôler avec la plus grande sévérité c'est l'équivalence des chances à circonstances, goûts, ambitions et compétences égales.

lundi 2 novembre 2009

Coter le lait en bourse?

C'est le Figaro qui publie la nouvelle sur son site : Le lait pourrait être coté en bourse dès 2010...
En effet, l'opérateur boursier de la place de Paris, Nyse Euronext, travaille sur le lancement, au premier se­mestre 2010, de trois contrats à terme adossés à trois types de produits laitiers les plus échangés: le beurre industriel, la poudre de lait et le lactosérum (petit-lait), utilisé dans l'alimentation du bétail, l'industrie alimentaire (dans le chocolat au lait) ou même l'industrie pharmaceu­tique (laits infantiles). Une initiative provenant du ministre français de l'Agriculture, Bruno Le Maire, à la suite de la grève européenne du lait de septembre, et reprise depuis par Bruxelles pour donner aux producteurs laitiers des moyens de se prémunir contre les fortes variations des cours.
Bonne nouvelle?

Est ce une bonne nouvelle? Personnellement, j'en doute. Je pense que les matières premières alimentaires ne devraient pas être cotées en bourse. Déjà que la loi de l'offre et la demande est dépassée pour ce type de bien (céréales, lait, sucre,...)vu l'indiscipline des acteurs du marchés.

Je m'explique: en 2007, les producteurs de lait, face à la montée des prix du lait ont demandé l'augmentation des quotas, voire leur disparition. Deux ans plus tard, et malgré le fait que les quotas n'aient pas été levés, nous sommes en pleine crise du lait, les producteurs devant produire à perte... Il y a plusieurs facteurs qui expliquent cela, mais entre autre:
  • l'augmentation prévue des quotas: on sait qu'il faut deux ans pour ajuster un marché du lait en "produisant" plus de vaches laitières. Vu l'augmentation des prix, les producteurs y ont vu une aubaine et, malgré les quotas, se sont lancés dans la production de lait (ou ont augmenté une production existante)
  • la puissance des centrales d'achat
  • la non-organisation des syndicats agricoles sauf quand il s'agit de manifester
  • le chacun pour soi des agriculteurs: je produits mon lait, les autres n'ont qu'à produire autre chose.
Il est bien entendu  que face à une telle désorganisation, les acheteurs de lait, les grandes centrales d'achats ont jeu facile d'imposer leurs règles et leurs tarifs. Le marché est fragmenté, désorganisé et en état de surproduction. Soyons clairs, pour moi, les agriculteurs doivent avant tout s'en prendre à eux même plutôt qu'à l'Europe pour résoudre leurs problèmes.

Quoiqu'il en soit, revenons à la question de base:
Est-ce une bonne idée de coter le lait en bourse?

Pour certains :oui.

D'après eux, la cotation des produits laitiers pourrait réduire et de mieux gérer la volatilité des prix. L'idée serait de conclure des contrats à terme de deux ans (rappelons que c'est exactement la durée nécessaire à ajuster la production de lait...).

Un contrat à terme (future en anglais) est un engagement ferme de livraison standardisé, dont les caractéristiques sont connues à l'avance, portant sur :
  • une quantité déterminée d'un actif sous-jacent précisément défini,
  • à une date, appelée échéance, et un lieu donnés,
  • et négocié sur un marché à terme organisé.
Vu comme ça, je ne peux que leur donner raison, cette cotation devrait limiter la volatilité des prix vu que le prix est déterminé à l'avance.

Sauf que...

qui dit cotation... dit spéculation! Si les prix d'achat aux producteurs sont fixés, les prix de reventes, eux, ne le sont pas... Si nos amis producteurs seront contents en début de contrats de voir leurs coûts couverts, ils vont vite en revenir en hurlant que le décalage entre le prix d'achat et le prix de vente est scandaleusement élevé. Car tel est le devenir du prix du lait s'il est un jour coté en bourse... et si tel n'est pas son devenir, croyez moi, il sera aussi vite retiré de la cotation car il ne génère pas assez de volume.

Le mécanisme est simple, les traders et autres acteurs de la bourse ne vont acheter un produit que si celui-ci leur fournit un return suffisant. Pour un trader ou un spéculateur, un rendement de moins de 2 chiffres n'est même pas qualifiable de rendement. Ils ne s'intéresseront au lait que pour le rentabiliser un maximum, quitte à créer une bulle financière sur le produit.

Les conséquences seront donc, comme je le vois, négatives pour tout le monde:
  • les producteurs qui vont être frustrés de voir les prix exploser...
  • ce qui les amènera à être tentés pour les prochains contrats, donc à produire plus, donc à "mettre des vaches en route"
  • ce qui amènera au moment de la conclusion des nouveaux "futures" à un effondrement des prix du fait de la pléthore d'offre.
  • les clients qui verront les prix de vente (actuels, pourquoi les supermarchés n'en profiteraient-ils pas en prétextant s'aligner non sur le prix d'achat garanti mais sur la cotation du produit!) exploser du fait de la spéculation...
  • certains voudront alors jouer avec les spéculateurs... entreront dans la danse, la bulle va se créer, les spéculateurs se barrer... et la bulle se dégonfler ne laissant les amateurs que leurs larmes de lait pour pleurer.
  • les spéculateurs de la première heure seront les seuls gagnants...pour autant qu'ils s'intéressent à ce marché qui pourrait bien être sur-réglementé.
Tout serait donc une question de balance entre un marché trop réglementé, cas auquel la cotation risque bien de ne pas se faire de par le manque de rentabilité, donc d'échange, donc d'intérêt. Et un marché peu réglementé qui amènerait de la spéculation à outrance avec les conséquences décrites ci-dessus.

Je pense que cette balance n'est pas atteignable et qu'il est préférable pour les syndicats agricoles d'appliquer la technique des centrales d'achats en mettant en place des coopératives supra-nationales (comme le font la Flandre Belge et les Pays-Bas) ou crééer de grandes centrales de ventes pour récolter le lait et avoir un poids suffisant que pour négocier d'égal à égal avec les grandes centrales d'achats.

L'entrée du marché financier dans les produits alimentaires de base n'est en aucun cas, pour moi, une option intéressante. Je la qualifierais même de malsaine.

mardi 27 octobre 2009

Du mauvais usage de la procédure en Conflit d'Intérêt

Mais enfin, Karl Heinz... qu'as-tu donc fait? Pourquoi donc le parlement de la Communauté Germanophone a-t-il activé la procédure du Conflit d'Intérêt... le 4ème de suite sur le même problème!

Je pouvais accepter que l'on utilise une fois cette procédure... voire une deuxième... mais vu les circonstances, je m'y oppose maintenant formellement depuis le 3ème.

Qu'est ce que la procédure en Conflit d'Intérêt?

Petite explication préliminaire, la procédure en conflit d'intérêt est un dispositif constitutionnel belge permettant à une communauté ou une région, via son parlement ou son gouvernement de suspendre le parcours législatif d'une proposition de loi ou décision d'une autre composante de l'État Fédéral susceptible de la léser.

Le but d'une motion en conflit d'intérêt est de donner du temps au temps et d'éviter un "coup de force" d'une composante de l'Etat Fédéral sur une autre. L'idée est de paralyser la décision et que les différentes parties se mettent autour de la table pour négocier une porte de sortie qui puisse convenir à tous.

Concrètement, la motion gèle le texte et ouvre une période de 2 fois 60 jours de conciliation. En réalité, en jouant un peu avec l'agenda, c'est toujours un peu plus long. Ce conflit d'intérêt déclenche une sorte de compte à rebours pour le Gouvernement pour qu'il trouve une alternative acceptable.



Casus Belli?

Le cadre qui nous occupe est le trop connu dossier BHV. Je vous passe le contenu exhaustif du dossier. En résumé, et sans juger du fond, la Communauté Flamande de Belgique a voté en commission de l'intérieur, contre les francophones, la scission de l'arrondissement électoral de BHV (Bruxelles Halle Vilvoorde). Je peux vous dire, amis non belges, que nous sommes en plein dans les problèmes de luxe d'une société qui n'a décidément rien d'autre à faire mais soit. Il parait que ce genre d'histoire fait rire jusque dans les igloos de Laponie orientale...mais soit.

Suite à ce vote, la proposition de loi est arrivée au Parlement Fédéral ou elle devrait être votée Néerlandophones contre Francophones (enfin, c'est du moins ce qu'on pense de ce côté-ci de la frontière de pommes de terre).

Comme les Francophones se sentent lésés, ils ont activé la procédure en conflit d'intérêt, histoire de geler le parcours de la proposition et trouver une solution négociée à ce problème. Cela déjà 3 fois, par trois entités fédérées distinctes ce qui a déjà mis le dossier au frigo pendant 2 ans. Nous en sommes à la quatrième motion donc.

Pourquoi y suis je opposé?

Pour plusieurs raisons.

La première étant que les précédentes motions ont déjà été activées à mauvais escient! Comme je l'ai dit dans le chapitre précédent, elles n'ont servi qu'à mettre le dossier au frigo... Or, le but, nous l'avons dit est de permettre la négociation d'une solution acceptable pour tous. Nous sommes donc loin du but initial! Cela fait deux ans que nous activons conflit d'intérêt sur conflit d'intérêt sans qu'aucun groupe de travail ne se réunisse, sans que des négociateurs ne se rencontre, sans que l'amorce d'une discussion ne se produise...

La deuxième raison est de mettre les Néerlandophones face à leurs responsabilités. Il ne fallait, parait-il, que 5 minutes de courage politique pour scinder l'arrondissement. Après le vote en commission de l'intérieur et la mise à l'agenda du Parlement Fédéral, les Flamands "supplièrent" les Francophones d'activer le conflit d'intérêt pour les retenir de faire une connerie... Le monde à l'envers (me demande si je n'ai pas entendu un aborigène en rire dans le bush australien tiens) vous dis-je. Totalement inconséquents! Et bien, ils veulent qu'on vote la scission, mettons les au pied du mur et voyons s'ils le voteront. Je n'en suis personnellement pas convaincu. Vous aurez certes les partis nationalistes et extrémistes habituels, mais je ne suis pas certain que les partis traditionnels seraient prêts à se mettre leur électorat à dos. Car il faut bien le dire, c'est avant tout un problème de politique politicienne plutôt qu'un aigu problème de société.

Troisième raison, puisqu'on ne négocie pas, alors laissons les voter cette loi (et voyons d'abord s'ils vont bel et bien jusqu'au bout). Pour autant qu'ils la votent, les Francophones pourront alors utiliser une autre disposition constitutionnelle : la sonnette d'alarme. Cette procédure interrompra une nouvelle fois le parcours de la loi, enverra celle-ci au Gouvernement Fédéral qui devra négocier un compromis qu'il devra soumettre dans les 30 jours.
Cette procédure est dangereuse, car dans le cas où la procédure est déclenchée au niveau fédéral, si un accord ne se dessine pas au niveau du Conseil des ministres, la crise politique et communautaire n'a pas de solution. La dissolution des chambres et les élections anticipées devrait s'ensuivre.

Quatrième raison : le Timing! Le déclenchement actuel de cette procédure renvoie le dossier en 2010, en pleine présidence belge de l'Union Européenne... Est ce bien intelligent? Le dossier, qui ne sera pas résolu (car, objectivement, si l'on n'a pas négocié pendant 2 ans, on ne va commencer aujourd'hui hein) arrivera de nouveau au Parlement... si aucune entité ne vote de conflit d'intérêt (est ce encore possible d'ailleurs?), voilà nos collègues nordistes qui splittent BHV, les Francophones qui agitent la sonnette d'alarme, le Gouvernement en pleine présidence européenne qui doit se consacrer à une bêtise belge et qui risque de tomber si aucune solution n'est trouvée. Brillant! On devrait faire rire à Okinawa sur le coup.

La cinquième raison, toute bête, est que les germanophones ne sont en rien lésés par la décision de scinder cet arrondissement électoral...

La sixième, mais qui n'est qu'une supposition est que les demandes successives des flamands ne servent qu'à priver, à terme, les francophones de tout recours contre la proposition de loi.

Bref, tant que personne ne se mettra autour de la table, l'agitation des diverses procédures constitutionnelles ne sert qu'à éloigner le détonateur, pas à désamorcer cette bombe institutionnelle.

Il serait temps que dans ce pays, on se parle un peu pour faire avancer les choses et se consacrer à de vrais problèmes de société plutôt qu'à de la masturbation intellectuelle pour politiciens en manque de notoriété et de constitutionnalistes en manque de travail. ...et qu'on respecte un peu l'esprit des dispositifs constitutionnels.

A bon entendeur, salut!

lundi 28 septembre 2009

Quand l'écoeurement cède à la nausée

C'est au bord de la nausée que j'écris ce matin...

Ecoeuré, vidé par un monde qui semble avoir oublié tout savoir être, dégoutté par une classe qui se pense au dessus des lois, par l'estompement soudain de la norme.

Quand donc un de nos ministres se lèvera pour faire un pétition pour libérer un délinquant sexuel?

Car enfin, Polanski est poursuivi pour avoir eu des relations sexuelles en 1977 avec une mineure âgée de 13 ans (et droguée pour l'occasion). Il avait alors plaidé coupable, et passé 42 jours en prison. Puis, sa peine devenant supérieure à ce qui avait été convenu, il avait choisi l'exil en 1978. L'histoire est vieille de 32 ans et la victime, dit-on, a retiré sa plainte depuis.

Ce n'est pas tant que la justice continue ou non de le poursuivre que la façon chocante dont cette affaire est traitée qui me heurte.

Le temps excuse-t-il le mal fait?

Il a plaidé coupable, il reconnait les faits! Et on a un ministre de la Culture qui se lève pour dénoncer "l'abominable piège"!
On a des intellectuels de tout bords confondu qui trouvent "épouvantable" qu'il puisse passer un seul jour en prison...

On a même la Bulgare Irina Bokova, nouvelle directrice générale de l'Unesco, qui est également montée au créneau dimanche pour défendre le réalisateur : «Je ne sais pas les détails, mais c'est choquant», a-t-elle déclaré sur TV5Monde-RFI-Le Monde, ajoutant qu'il s'agit d'une «personnalité intellectuelle mondialement connue». En voilà une qui commence bien mal son mandat...

Il ne doit pas y avoir de prescription quand on est fugitif la procédure ayant été interrompue par l'accusé lui même. Il a fait une saloperie, il peut bien l'assumer! S'il est aussi vierge que semblent le dire toute une classe réunie, alors de quoi s'inquiètent-ils?

La France des politiques et des journalistes n'est plus ce qu'elle était. Etat de droit, elle critique les autres pays du haut de son arrogance de vieille puissance politique en perdition.

Pauvre Ministre de la culture, croyant défendre une haute idée de la Culture francaise, obligé de faire des déclarations sur une affaire juridique. Pauvres journalistes donnant des lecons de morale sur des sujets qu'ils ne maitrisent pas.

Et la Victime?

Et la victime... qui se soucie de la victime? Elle a retiré sa plainte, fort bien... cela rend-il le crime de Polanski soudainement acceptable?

Qui se soucie de cette femme qui doit avoir 45 ans aujourd'hui, qui a du vivre avec cette histoire et s'est construite une vie. A-t-elle envie de se retrouver sous les feux des projecteurs? Qu'au moins, on lui épargne ça. Déjà qu'on lui explique que le génie de monsieur Polanski le place au dessus des lois.

Elle dit d'ailleurs sur CNN :

Geimer filed court papers in January saying, "I am no longer a 13-year-old child. I have dealt with the difficulties of being a victim, have surmounted and surpassed them with one exception.
"Every time this case is brought to the attention of the Court, great focus is made of me, my family, my mother and others. That attention is not pleasant to experience and is not worth maintaining over some irrelevant legal nicety, the continuation of the case."

Geimer, now 45, married and a mother of three, sued Polanski and received an undisclosed settlement. She long ago came forward and made her identity public -- mainly, she said, because she was disturbed by how the criminal case had been handled.


Alors quoi?

Alors, aujourd'hui, que la justice poursuive ou non Polanski, peu m'importe. Je ne suis pas juge, je ne suis pas juré ni juriste. Je ne suis pas avocat, je ne suis pas constitutionaliste.

Le point central, c'est qu'en dehors de l'aspect judiciaire de l'affaire, l'aspect médiatique gomme toute dignité, toute retenue!

Oubli de la victime, oubli des faits, levée de boucliers pour protéger un délinquant toujours considéré comme en fuite, utilisation du pouvoir politique dans une affaire judiciaire... et quoi? Sarko va-t-il bientôt en plus envoyer Cécilia pour libérer cette abominable victime d'un terrible acharnement judiciaire?

Lire les déclarations du monde de la Culture et d'un Ministre supposé connaître la séparation des pouvoirs me donne juste envie de vomir. Laissez la justice suivre son cours de peur que vos actions ne fassent un jour juriprudence.

jeudi 24 septembre 2009

Les mauvaises idées du CSF

Comme nous le savons tous, nos gouvernements sont "passablement" désargentés en ce moment et cherchent donc toutes les pistes possibles et imaginables pour limiter leurs déficits.

Mais, comme de bien entendu, plutôt que de planifier quelque économie ou rechercher de rendre les politiques plus efficaces, nos éminences pensent comme d'habitude qu'il est plus simple de demander aux citoyens de faire un petit effort supplémentaire.

Champion du monde!

Ce ne serait rien, ou pas trop si nous vivions dans un pays à la taxation modérée et à l'efficacité des politiques publiques démontrées. Je rappelle que ce n'est pas le cas, nous sommes champions du monde sur la rage taxatoire au niveau général, et d'un point de vue particulier toujours dans le top 3 que ce soit en matière de :
  • Impôts sur les personnes physiques
  • Impôts des sociétés
  • Taxe sur la Valeur Ajoutée

Je passe les différents autres impôts déguisés que nous subissons tous les jours de l'air que l'on respire à l'eau que l'on boit... du droit d'habiter sa propre maison que l'on a payé avec des revenus déjà taxés aux prohibitives taxes sur la mort.

En Belgique, qu'on naisse, qu'on meurt ou qu'on vive, on paie des taxes, des impôts dans tous les sens. Et ça pour une efficacité très médiocre de l'utilisation des moyens ainsi dégagés.

Pistes du Conseil Supérieur des Finances (CSF)

Dans ce contexte, nos amis du CSF ne cherchent pas de piste pour rendre l'utilisation du bugdet plus efficace mais de nouvelles pistes pour augmenter les moyens du budget. Un véritable non-sens en période de crise soit dit en passant... (source Le Soir).

  1. Une hausse de la fiscalité sur le mazout de chauffage. Le conseil constate que le niveau des accises en Belgique est bas par rapport aux pays voisins. « Hors carburant, dit le conseil dans son rapport, les accises correspondent en moyenne à 6 euros la tonne de CO2. » Le conseil propose dès lors d’augmenter la taxation de la tonne de CO2 « L’impôt total correspondrait à 36 euros la tonne de CO2. » POur le CSF, il faudrait dès lors prévoir une compensation. Autre problème : la hausse des accises risque de déforcer nos entreprises par rapport à leurs concurrentes étrangères. Le CSF propose une compensation par voie de réduction des cotisations patronales.

    Réaction : Donc, si je comprends bien.. on va mettre un système en place dont on dit déjà qu'on doit le compenser ... je ne saisis pas bien la logique si ce n'est encore une fois de complexifier le système fiscal belge. On compte juste SEXTUPLER une taxe... Mais soyez rassurés braves gens, on va compenser...pour les bas revenus (c'est quoi un bas revenu en Belgique au fait? un revenu inférieur à 6.900€ brut par an? sachant qu'à partir de 6.901€ on est taxé à 25%?). Qui paiera? Une classe moyenne qui s'appauvri un peu plus chaque jour. On souligne déjà aussi l'effet pervers pour nos entreprises mais tout compte fait...on va quand même garder l'idée. On compensera, ça ne fera qu'un peu plus d'administrations pour les entreprises hein...

  2. Une taxation du carburant au kilomètre et la suppression de l’avantage fiscal aux véhicules de société. Le CSF préconise une taxation du kilomètre parcouru, qui s’ajouterait aux accises, tant pour les camions que pour les voitures privées. « Une taxation au kilomètre est un instrument beaucoup plus performant : elle est perçue là où les nuisances sont générées, ce qui n’est pas nécessairement le cas lors de la taxation des carburants, ceux-ci pouvant être achetés à l’étranger. » Ceci sous-entend d’équiper les voitures d’un système de contrôle de kilométrage, comparable à celui existant pour les camions. Pour le court-terme, le CSF préconise une hausse de la fiscalité sur les carburants, « en maintenant la différenciation entre le diesel privé et professionnel. » Le CSF préconise une seconde réforme : la suppression de l’avantage fiscal aux véhicules de société et aux cartes-carburant.

    Réaction : En clair, on taxera 3 fois les automobilistes!
    Première fois : avec les accises sur le carburant... ce qui est soit dit au passage déjà une taxe à l'utilisation et au kilomètre parcouru vu que si vous roulez vous consommez, donc vous payez des accises.
    Deuxième fois : La TVA... ben oui... on ne va pas enlever la TVA, impôts sur la consommation.. qui se calcule aussi sur les accises (quelle ironie n'est ce pas?)
    Troisième fois : la nouvelle taxe au kilomètre... dont les arguments sont quand même très foireux. "taxer là ou se produit la nuisance et non à l'achat (pouvant se faire à l'étranger)..." Et si je prends mon carburant ici et que je dois descendre sur Paris pour le travail chef?
    Quand à la supression des avantages fiscaux sur les véhicules de société, est-il besoin de rappeler pourquoi la Belgique est championne du monde en matière de nombre de véhicules de société? Mais tout simplement parce que les charges sur le travail de ce pays sont totalement disproportionnées et que si l'on veut encore récompenser les gens qui travaillent sans mettre une société en péril, le véhicule de société est encore une des meilleures façons d'octroyer un avantage salarial net au travailleur.

  3. Une réforme de la fiscalité immobilière. Le CSF plaide notamment pour l’instauration d’une obligation, pour les propriétaires, d’effectuer un audit énergétique de leur immeuble, sanctionné par un certificat. Ceci entraînerait une décote des immeubles peu performants sur le marché de l’immobilier, l’acheteur étant informé des performances énergétiques. Enfin, le Conseil prône une réforme fiscale qui n’encouragerait plus les investissements immobiliers rentables pour le propriétaire.

    Reaction: C'est agréable de disposer de son bien propre dans ce pays... vous payez déjà un précompte immobilier pour vous autoriser à vivre chez vous, vous payez des droits de succession sur des immeubles déjà payés et pour lesquels vous payez des taxes, si vous louez, vos locataires sont à peu près plus maîtres du bien que vous.. mais cela ne suffit pas... on va vous imposer un audit énergétique pour commencer (à 600-800€ le certificat...). Et pour peu que vous fassiez l'effort d'investir pour consommer moins et polluer moins, le CSF demande qu'on ne vous encourage surtout pas... Le CSF semble ignorer qu'aujourd'hui, sans les aides et subsides, quasi aucun investissement "vert" n'est rentable pour les particuliers. Sans subsides, placer des panneaux solaires, isoler, etc n'est pas rentable ou alors avec un retour sur investissement à près de 20 ans! Le résultat d'une telle politique est qu'il vaudra mieux construire neuf. Alors que l'on manque de terrains à bâtir... On peut aussi compter sur un paupérisation de l'environnement urbain, les propriétaires ne parvenant plus à louer ou à vendre... ni à faire les travaux d'isolation...

Dans la version encore provisoire de son rapport, le Conseil conclut : « Certaines de ces recommandations vont bousculer des habitudes et des intérêts particuliers bien établis et qui seront assurément défendus. Les habitudes en questions sont celles qui nous ont précisément amenés là où nous sommes. Il est temps d’y substituer l’intérêt général et surtout l’intérêt des générations futures »

Rapport 2.vert? Non, conseil 2.budget only!

Moi, quand je lis ce rapport, je le trouve déconnecté du soucis des générations futures. Je ne vois que des pistes pour renflouer les caisses de l'Etat. Le prétexte 2.vert est franchement minable. Non, ce n'est pas ainsi que l'on va faire de l'écologique et relancer l'économie.

On ne parviendra pas à rendre le pays plus vert sans une économie forte. C'est l'économie qui portera la vague verte (en tentant d'éviter de faire un grosse bulle) et pas une politique verte qui portera l'économie. D'aillleurs pour ce que je lis, ces politiques ont toutes les chances de briser nette toute velléité de croissance. Oui, ce sont les habitudes passées qui nous ont menées là... au bord du gouffre financier, ça c'est vrai et ce sont elles, ces habitudes fiscales, qui empêchent aujourd'hui d'investir dans l'avenir de nos enfants!

Cette politique va aussi briser tout espoir d'ascenceur social pour les gens qui travaillent et font justement vivre l'Etat. Pourquoi ne lis je rien en matière de mobilité? D'efficacité energétique des bâtiments publics? De taxation du kérosène qui reste étrangement défiscalisé?

Pourquoi est encore une fois à la classe moyenne et à la classe laborieuse que l'on s'adresse pour résoudre les problèmes de l'Etat... L'Etat doit être une solution, une orientation au vivre ensemble...pas créer des problèmes de vivre ensemble.

jeudi 3 septembre 2009

En attendant l'inflation...et la reprise en 'W'

Petit retour sur la crise...

Pour rappel, nos économies sont donc en crise... Nous avons déjà parlé des subprimes et des causes potentielles... Pour contrecarrer au maximum les effets de la conjoncture, les gouvernements ont pris une série de mesures de soutien...

Et au plus je regarde les mesures prises, au plus je me pose la question de leur réelle efficacité... et du monitoring qui a accompagné ces mesures.

Pensons à la prime à la casse (au passage, les primes en Allemagne sont épuisées...) qui a, je pense, juste retardé l'effet de la crise. A ce sujet, quand les effets de la prime seront épuisés, et si vous avez toujours rêvé de votre berline Allemande, ce sera le moment de regarder, ça va être la grande braderie!

Puis souvenons nous des garanties aux banques... aujourd'hui tout le monde semble s'émouvoir qu'elles renouent avec les bénéfices. Rien d'anormal cependant, les banques ont acté leurs réductions de valeur... les banques européennes n'étaient pas si touchées. Le vrai problème qui s'est posé c'est le manque de confiance. Du coup, plus de prêts interbancaires très court termes et des banques qui ne peuvent alimenter le marché ni honorer leurs obligations. Ce n'est pas pour autant qu'elles étaient en mauvaise santé...

Je ne vais même pas vous parler de la lamentable affaire Fortis dont on a dit que la banque se mourrait alors que son ratio de solvabilité est un des plus solides en Europe... et ce , encore aujourd'hui.

La probablement pire solution (mais y en avait il une autre) c'est l'inondation massive de devises, le fait de faire tourner la planche à billet à tout va. Nous nous préparons une inflation carabinée et une nouvelle chute des bourses. Pour moi, nous aurons une reprise en W.

Et les robinets restent grands ouverts. Ainsi, le WSJ nous explique que
Jean-Claude Trichet, president of the European Central Bank, said Thursday that the significant contraction in the euro-zone economy has ended, but that the ECB will keep its money taps open to support a recovery.
(...)
Economists warn that failure to withdraw stimulus programs soon enough will speed a recovery-induced inflation surge. Pulling out too soon could stifle the recovery. The topic is at the top of the agenda for finance ministers from the Group of 20 leading industrial countries in London beginning Friday.

Mr. Trichet's message was that the ECB, at least, will continue injecting additional liquidity into the bank system to spur lending to households and businesses.

The ECB has offered abundant liquidity to the euro-zone banking system -- including €440 billion in 12-month funds at 1.0% earlier this year -- and a €60 billion facility for direct purchases of covered-bonds from banks


Si ça, ce n'est pas préparer une inflation...

Mais à côté de ça... n'y aurait-il pas pire? Oui...il y a pire, ce sont les mensonges diffusés à cet égard. Selon nos gouvernants, ça ne causera aucune inflation, tout est sous contrôle... C'est ça quoi, tout va très bien madame la Marquise.

Pourquoi une inflation?

Parce qu'on ne met pas autant d'argent en circulation sans en subir un moment les effets secondaires. Les politiques en place prétendent maitriser l'inflation à venir pourtant les autorités n'en feront rien. Elles ont même besoin de cette inflation.

Prenons le cas des Etats Unis (source Trends Tendances). En ce moment, les USA dépensent 185% de leurs recettes et s'acheminent vers un déficit de 13% de PIB. Pour clôturer leur budget, les américains doivent trouver 1.800 Mia de dollars... Et il ne pourront en emprunter que la moitié (en interne ou à l'étranger) .

Le reste? La planche à billet devra s'en charger et s'en charge déjà. Il existe différentes théories sur l'inflation (FTPL, Sargent et Wallace (politique budgétaire dominante), Sargent (Système Ricardien et non Ricardien), Begg et Haque (Dette publique), Woodford, Buiter etc etc) et si l'on compile les différentes approches, que l'on essaie d'en faire la synthèse en utilisant les données de la conjoncture, j'en arrive à la conclusion qu'on ne coupera pas à l'inflation. Et qu'à cet égard, ce ne serait pas mal de s'y préparer...

Qu'est ce que j'en retiens pour ma part dans la situation actuelle?
  1. les Etats se sont endettés bien au delà du raisonnable (et pas uniquement pour sauver les banques...ça, c'est le prétexte, à la vérité le sauvetage des banques devrait rapporter aux Etats... cessons d'agiter des épouvantails!)
  2. ils se sont partiellement financés sur les marchés, le reste est constitué de l'émission massive de devises
  3. je pense que nous sommes dans un système Ricardien, c'est à dire un système où les ménages anticipent les difficultés de l'Etat et s'attendent à une augmentation du niveau d'impôts. Donc dans cette perspective augmente leur niveau d'épargne, ce qui peut limiter la demande donc limiter la hausse des prix.
  4. certaines théories (Aiyagari & Gertler) prétendent que la dette n'est pas à rembourser mais représente une richesse nette des ménages, ce qui s'opposerait au point 3. Je conteste que ce soit une richesse nette. Cette dette doit être remboursée et nous nous en apercevons tous les jours en Belgique. Ce qui est intéressant c'est que dans leur article, ils tablent sur un partage équitable de la dette entre monnaie et obligation (ce qui semble être le cas aujourd'hui). On arrive au résultat que le niveau général des prix (donc l'inflation) dépend de la politique budgétaire...
Le résultat global est donc aujourd'hui, un endettement massif en devenir, des devises à profusions avec une planche à billet qui ne cesse d'émettre et, de l'épargne...

Première action discrète de la BCE : on maintient les taux bas. Le but des taux bas est de relancer l'activité et de mettre de l'argent (encore!) a disposition à bon marché, ce qui n'est pas répercuté par les banques aujourd'hui. Tant que les banques ne le répercuteront pas sur les marchés, inutile de rêver à un quelconque frémissement.

Deuxième action à venir : à mon avis est que les banques vont être forcées par les autorités publiques à répercuter les taux vers leurs clients (mais en conservant une marge qui permettra d'alimenter les budgets des gouvernements actionnaires de nos banques). Limite, les banques attendent juste d'avoir reconstitué leurs réserves, et elles s'y emploient croyez moi, pour commencer à répercuter les taux. Le gouvernement a besoin que la demande augmente... car celle-ci pourra causer l'inflation dont ils ont besoin pour diminuer leur dette.

A ce moment là, nous aurons un redémarrage de la consommation, et ce sera aussi le moment ou le niveau général des prix augmentera... mais ce n'est pas tout.

La Poule Mouillée

En dehors de l'aspect consommation, si on reprend les équations de Leeper, mon hypothèse de ménages Ricardiens et que l'on pose que nous sommes en situation de politique monétaire active et de politique budgétaire active...( aux objectifs par ailleurs opposés!)

Ceci est possible car nous avons deux autorités différentes qui tiennent chacune un des leviers et chacune à une mission, un objectif différent (Sargent & Wallace):
  • La BCE dont la mission est de contrôler l'inflation à un bas niveau
  • L'Etat dont la mission est de favoriser la production

Le premier résultat des équations de Leeper (Regime IV, pol. Mon. et Budg. active) est un modèle instable. Imaginons un choc permanent de la demande (démarré grâce à un taux d'intérêt faible). L'inflation est durablement plus élevée. Le taux d'intérêt réel est plus fort. La politique budgétaire ne réagit pas et la dette publique est explosive (le Trends du 08/09/2009 nous signale que nous nous orientons vers une dette publique à nouveau supérieur à 100%).

Je pose donc comme acquis que nous n'échapperons pas à l'inflation. Ce qui est plus inquiétant encore, c'est le "jeu de la poule mouillée" (voir théorie des jeux) qui est lentement en train de se dessiner.

Chaque autorité, l'Etat ou la Banque Centrale, suis sa propre logique et refuse de l'infléchir, ce qui amène à la catastrophe (la dérive de la dette publique). L'autorité qui cède permet d'éviter la catastrophe, mais doit accepter la domination de son partenaire.

On retrouve une configuration similaire si l'Etat et la Banque Centrale indépendante n'ont pas les mêmes objectifs en terme d'inflation, et donc de production: la Banque Centrale augmente le taux d'intérêt pour lutter contre l'inflation tandis que l'Etat augmente le déficit public pour relancer l'activité. Il en résulte, tant qu'aucun ne cède, une hausse continuelle du taux d'intérêt et du déficit public. (source, ww.CAIRN.info, La théorie budgétaire du niveau des prix, un
bilan critique, Revue d'économie Politique. pg 914
)

Nous nous retrouvons donc dans une situation qui risque bien de s'empirer malgré la relative embellie actuelle.

Et la reprise actuelle alors?

Il y a effectivement une embellie pour le moment sur le terrain économique. Je n'ai pas envie de jouer les Cassandre mais mon hypothèse actuelle est que nous sommes dans une configuration en W et que la crise n'a pas encore fini de purger les toxiques de nos économies.

La reprise actuelle s'explique par le fait que les entreprises ont cessé toute commande et fourniture vu la diminution de leur carnet de commande. Leurs stocks étant arrivé à leur limite, ils doivent les reconstituer ce qui explique partiellement du moins la reprise dans le secteur industriel.

Les bourses rebondissent aussi car les faibles taux offerts par les banques et les quelques bonnes nouvelles redrainent une partie de l'épargne vers le terrain des actions...

Néanmoins, les signaux inflationnistes et le probable relèvement des taux de la BCE et autres Fed à venir risquent bien de briser cette reprise ne reposant sur aucune vision long terme de nos économies et des entreprises qui les constituent. Aujourd'hui, on pare au plus pressé...

Nous n'avons pas encore trouvé la nouvelle technologie, le nouveau hype qui tirera de nouveau l'activité et recréera une bulle. Pardon? Vous imaginiez que les bulles c'était fini? Alors c'est ma prochaine mauvaise nouvelle, l'économie ne progresse que par le biais de bulles et de crises. Toute l'histoire de l'économie n'est faite que de cela. Et vouloir les éviter serait aussi la pire erreur que nous commettrions: adieu évolution et innovation. Le jeu est de sentir à temps quand ça va nous sauter au visage...

Alors que faire?

Comme toujours, diversifiez vos placements. Ce qui s'annonce n'est absolument pas réjouissant mais nécessaire (et ça nous fait une belle jambe, je sais...).

N'épargnez pas trop en liquidité, la valeur de votre argent va diminuer... les Obligations et Bon d'Etat même combat.. l'Etat compte dessus pour se financer à bon compte grâce à l'inflation. Ne refuser par une petite part de risque... mais les conseilleurs ne sont pas les payeurs n'est ce pas?

Tout concoure en tout cas à nous mener droit dans l'inflation et le déficit monumental. Bon courage...

lundi 3 août 2009

Blog en Vacances...

...après une année bien chargée, je me repose un peu...
je lis, je flane, je papote, je "ré-initialise" mon cerveau...
...
quand ça recommencera à fermenter... vous aurez de nouveaux des posts....
...
Bonnes vacances et bon repos à tous.

lundi 13 juillet 2009

Les jobs verts... Mythe? Réalité?

Il y a de quoi en perdre son latin... selon l'étude que l'on lit soit on créera 7 millions d'emplois d'ici 2030 (rapport "Green Jobs: towards decent work in a sustainable, low carbon world", ONU) soit, les emplois verts sont un mythe car les technologies sont non efficaces, les promesses mensongères et contribuent à un appauvrissement global et, au mieux, à un statu quo du niveau de pollution.

je vous parlerai d'une étude publiée le 12 mars 2009 par l'Université de l'Illinois. Elle reprend les différentes hypothèses et thèses des différentes parties et en tire des conclusions.

Ce qui est intéressant pour moi, c'est que
  • cette étude est menée justement par des non intégristes et... par des économistes. Vous me direz qu'ils ne peuvent juger de l'écologie... comme si les écologistes ne se targuaient pas eux de nous calculer des retombées économiques? Au passage, les travaux de Defeyt en économie sont pas mal reconnus même s'il est écolo hein...
  • ils prennent en compte les études des deux parties sans aucun a priori. Ils traitent scientifiquement les chiffres et assomptions proposées
  • ils démontent les mécaniques sous jacentes à la pensée 'globale' telle qu'imposée par les uns et les autres.

C'est pour ça que je considère cette étude comme étant réellement de référence.

Green Jobs Myths

Mythe 1: les études contre les idées vertes sont financées pas les lobbies agro-alimentaires ou pétroliers

Une remarque péliminaire intéressante consiste à démonter ce mythe génial permettant aux écolos de n'avoir rien à justifier. Il leur suffit de dire que l'études en questions a été financée par l'une ou l'autre "puissance occulte".

S'il est vrai que certaines études le sont, ce constat est vrai aussi pour les études issues des rangs écologistes. Ainsi, par exemple, on remarque que les études pour promouvoir l'énergie solaire étaient financée par des lobbies fabricants les panneaux solaires... Cette étude ne reflète pas l'efficacité des technologies mais l'intérêt propre de cette industrie.

D'autres études sont financées et orientées par des syndicats de gauche influents... Ou on va récupérer les assomptions, les transformé en postulat et dès lors atteindre le résultat désiré... Balle au centre donc pour cet argumment.

Mythe 2: Produire 100% d'énergies renouvelables dans 10 ans

Ce n'est pas moi qui le dit, c'est Al Gore qui dit que c'est possible (28 janvier 2008)... Ceci reviendrait à éliminer 40% de la production électrique actuelle des USA. A côté des coûts engendrés (que l'on ne peut ignorer), avec les technologies actuelles et les vitesses de déploiement, la majorité des Américains n'aurait plus de courant en 2018 si on coupait les sources non renouvelables.

Que des choses et des évolutions soient possibles, certes...mais de grâce, que l'on cite des chiffres réalistes et étudiés. Par uniquement pas honnêteté mais aussi pour conserver l'adhésion des gens qui sont aujourd'hui éhontément trompés sur le sujet.

Mythe 3 : tout le monde sait ce qu'est un emploi vert

Tout aussi faux... Un des vrai soucis est de définir un emploi vert... et les conséquences d'en créer un. Dans un post précédent, j'avais d'ailleurs parlé de cette étude qui chiffrait a 2,2 emplois le prix de la création d'1 seul emploi vert. Si on s'inscrit dans la perspective de l'emploi durable, l'emploi croissance, il est bien sur inacceptable que la création d'emploi vert entraîne un bilan négatif en terme d'emploi global.

Sur le contenu du job en lui même aussi, les associations écologistes divergent... L'UNEP souligne ainsi que tous les emplois verts ne sont pas verts de la même manière. Ils insistent pour que la barre soit mise au plus haut. Cela pour éviter que le terme "emploi vert" ne soit trop facilement galvaudé.

Ainsi pour certaines associations, un emploi dans le nucléaire peut être considéré comme un emploi vert alors que pour d'autres, c'est la peste absolue.

La même question se pose, mais de manière beaucoup plus complexe, au sujet de la filière des biomasse... La question se pose car, comme il s'agit de bruler des déchets de bois, si le bilan carbone pourrait être intéressant, qu'en est-il du bilan effet de serre, smog, pollution atmosphérique, libération massive de CO2 emprisonné...

Que penser aussi des bio-carburants? On ne peut de fait pas uniquement penser en terme "non pétrolier" et "renouvelable"... nous devons aussi étudier l'impact sur l'humanité et la durabilité. Qu'en penser quand on sait combien les agro-carburants ont accentué la crise alimentaire de 2007? Quand on sait qu'on déforeste? Qu'on détruit l'habitat d'espèces menacées?

Alors? Emploi vert ou pas? Itou pour les filières de recyclage, pour les jobs "équitables", les consultants en écologie...

Bref, pour un ensemble d'emplois, la question de savoir si on les considère comme verts ou pas comporte son lot de contradiction. Ce qui engendre de fait un débat facile sur les chiffres publiés. Chiffres qui n'ont d'ailleurs que trop rarement une vraie base scientifique.

Mythe 4 : des taux de croissance affolants

Notons d'abord que l'entreprise basique, classique, cherche de fait l'efficacité et le moindre coût, donc entre autre à utiliser le moins d'énergie possible...alors que la plupart des entreprises dites vertes sont subsidiées et ne se préoccupent pas, ou moins, de ce critère d'efficacité.

En matière de débat sur les chiffres, ils raisonnent souvent en évolution relative plutôt qu'en évolution absolue... ainsi passer d'un à deux emplois se traduit par une une hausse de 100%... et je ne vous parle même pas des chiffres pondus sans base ou sans modèle valable. L'augmentation de la production de 45% en energie renouvelable ne concernait qu'un passage à...0,2%de la production d'énergie US.

D'autre part, certaines assomptions citées sont aussi abérantes et sur-optimistes. Ainsi, l'énergie électrique est non stockable... le moment où la demande en électricité est la plus forte, ce sont les débuts de soirées en hiver... Le moment où le vent souffle le moins fort? En début de soirée en hiver.

Alors, quand on lit que si on prend le potentiel de production éolienne des 4 états les plus prometteurs des USA, on peut produire suffisamment d'énergie pour alimenter les Etats Unis, on constate que la promesse n'est pas réaliste. On ne peut pas demander au vent de souffler quand on en a besoin, c'est basique, c'est bête mais c'est la réalité.

Mythe 5: des emplois pour nous ou les batailles de chiffres

Quand on entend les chiffres cités, on imagine toujours que la croissance d'emploi se produire chez nous. Hors, si on prend par exemple le phénomène I-pod, les emplois créés l'ont été en Chine...

Ne nous leurrons pas, aujourd'hui, les USA ne créent par exemple aucun emploi dans l'éolien (à l'exception du montage)... pour la technologie, ils dépendent de l'Europe d'où ils importent cette technologie qu'ils ne maitrisent pas. Avec l'augmentation des volumes, que croyez vous qu'il se passera? On risque bien de délocaliser cette production et de créer des emplois verts, ...chez les voisins... avec des subsides bien de chez nous.

Autre point que je relève dans cette étude, c'est le "serpent qui se mord la queue". Quand on cite certains chiffres, on prend le BLS (Bureau of Labor Statistics) comme source. Hors, celui-ci utilise des assomptions publiées pas l'ASE. Ensuite, l'ASE reprend les chiffres du BLS comme source fiable pour légitimer ces calculs. Puis va post-travailler des dérivés du BLS qui, je suppose s'en servira ensuite comme postulats...

Le rapport s'attarde aussi sur les batailles de chiffres entre organisations vertes... c'est un peu les enchères : qui dit mieux? On a des variations, pour les même thèmes de 275% à 675%...

Pour des organisations qui essaient de 'vendre' leur thèse, je trouve que ça fait fort désordre et les décridibilise dès le départ... Par exemple "ASES" revendique que 8,5 millions d'emplois verts existent déjà quand les "Mayors" démontrent que 751.051 existent réellement. S'ensuivent bien vite des batailles de chiffres sur des détails quand en réalité la variation est tellement immense qu'elle ne peut être le fait de détails.

A cela se rajoute la non maîtrise des outils économiques comme les utilisations de multiplicateurs (technique input-output) qu'on utilise uniquement dans le sens positif et dont on n'oublie les postulats de base...

Mythe 6 : l'emploi vert est efficace

J'ai déjà en partie abordé ce point dans un précédent post : la subsidiation ...ou le coût d'opportunité (que je ne vais pas réaborder in extenso). Ce qui revient non seulement à détruire de l'emploi (ou empêcher d'en créer de nouveaux) mais aussi à, in fine, créer des emplois inefficaces. Et ça, c'est encore un facteur mortel pour l'industrie et l'économie classique...

Pire... l'UNEP par exemple exige que ces emplois soient improductifs! Ainsi, les rapports de l'UNEP soulignent que "l'un des effets négatifs de l'économie actuelle est que la recherche d'efficacité et de productivité réduit la main d'oeuvre nécessaire à la production de biens et de services".

Pourtant, c'est de cette manière que le monde fait des bons technologiques et libère la main d'oeuvre pour la nouvelle vague de technologie. C'est ainsi depuis la nuit des temps! C'est aussi ignorer que l'histoire et les études ont démontré que promouvoir des emplois bien payés mais peu productifs (pour créer plus d'emplois) mène paradoxallement à un important taux de chômage structurel. En quelque mots : c'est MORTEL pour l'économie, l'évolution sociale ...

Alors oui, une baisse de productivité drastique pourrait créer un grand nombre d'emplois... mais ne rêvons pas, le niveau de vie le paiera cher car ne nous illusionons pas... ces emplois sous productifs ne pourront être rémunérés chers... en bref, c'est un mythe illusoire. L'évolution passe par l'efficacité. Sans efficacité, pas de marché! Une entreprise n'existe pas pour créer de l'emploi mais pour être rentable...

Et si quand même on voulait créer ces emplois peu productifs, bien payés à grande échelle, sachez que le seul modèle possible est l'économie planifée et standardisée... (hum...vous soyez? style URSS...)

La méconnaissance de l'Analyse Economique

A côté des mythes que nous venons de passer en revue, les différentes analyses publiées négligent réellement la rigueur de l'analyse économique. Même les règles basiques sont foulées aux pieds comme si elle étaient négligeables (pour des gens qui prônent l'économie planifiée, rien d'étonnant nénamoins).

Notons aussi que souvent les assomptions, ou plutôt les postulats souvent utilisés dictent le résultat... pourtant, ces postulats sont on ne peut plus fragiles... si a de fragiles postulats on raoute des erreurs dans l'analyse économique, que penser des résultats obtenus?

Erreur 1: rejet des avantages comparatifs...

Quand la base des analyses sur l'économie verte commence par traiter comme fausse la théorie des avantages comparatifs (elle n'est pas parfaite mais n'a pu être réfutée jusqu'ici) et le commerce comme dommageable... on part déjà sur des postulats entièrement biaisés qui ne pourront que mener à des résultats faux.

Oser dire que le commerce et l'échange représentent une perte nette dans l'économie restera pour moi un profond mystère à jamais mais... c'est le postulat sous jacent des théoriciens verts qui nient les avantages comparatifs. A lire les économistes verts, on a l'impression d'etre de retour à la nouvelle économie: pas besoin d'échange, les jobs seront créés, distribués équitablement de de manière équivalente partout. Même pour un non économiste, même pour l'altermondialiste radical, on sait que ce n'est pas vrai et qu'il y aura toujours des zones de spécialisations et des zones où cela coûte moins cher de produire. Même les Russes ou les Chinois l'ont admis...

Erreur 2: Nier les surplus des consommateurs/producteurs

En économie, on évalue traditionnellement le succès (ou l'échec) d'une politique par le calcul du bénéfice social net basé sur les surplus des consommateurs et le surplus des producteurs. En littérature verte, le bénéfice du consommateur est systématiquement oublié pour se focaliser sur les surplus des producteurs.

Soulignons que ça devient réellement dérangeant quand ces bénéfices du producteurs sont ceux de producteurs protégés et subsidiés... Pourtant, ces subsides se paient par un taux d'impôt plus élevés, la production protégée par des prix plus chers... ce qui mène à un déficit pour le consommateur globalement.

Ainsi, critiquer la surproduction par des géants agroalimentaires fait partie des cibles "faciles"...souligner que le prix du lait n'a jamais été aussi bas dans les supermarchés semble ne pas exister... Il faudrait donc des analyses coûts-bénéfices plus pertinentes que ce que nous avons pu lire jusqu'ici.

Erreur 3: Mandat Gouvernemental contre le Marché

La grande majorité des programmes verts sont basés sur des mandats gouvernementaux plus que sur les logiques de marché. Ceci veut dire que les producteurs et promoteurs du "vert" prétendent que sans intervention gouvernementale, jamais les différents acteurs du marché ne feraient le bon choix (c'est à dire le choix du vert bien sur).

...cela revient à admettre que ces technologies sont en fait inéfficaces, trop chères, pas assez performantes au stade actuel. C'est une simple analyse "coût-bénéfice"! Or, pour combattre cela, les gouvernements vont protéger et subsidier ce "qui est bon pour le peuple".

C'est très pervers car

  • cela conforte les producteurs peu efficaces à ne pas améliorer leur rendement.
  • cela entraine une non relation entre choix technologique et efficacité / mérite.
  • si le marché entraine la compétition et l'innovation, les mandats cadenassent les choix techniques (même mauvais).
  • bloquer des choix "arbitrairement" entraîne des coûts d'opportunité.

Erreur 4: Négliger les coûts d'opportunité

L'ayant déjà développé dans un autre post, je ne vais pas redévelopper les arguments ici.

Erreur 5: Ignorer les effets des incitants

La littérature verte se focalise toujours sur les politiques publiques qui induisent une meilleure efficacité énergétique, tant pour réduire l'effet de serre que pour fuir notre dépendance aux énergies fossiles.... Etrangement, elle passe par contre totalement sous silence que les gains en efficacité énergétique sont un phénomène naturel du marché!

Dans une logique capitaliste, la recherche d'efficacité, donc d'avantage compétitif sur son voisin est permanente. Entre 1970 et 2000, en valeur et périmètre constant, la consommation d'énergie a diminué de 36%!

Les prévisions en 1980 de ce que serait notre consommation actuelle sont oubliées... Pourtant elles étaient catastrophiste, jugez plutot, les estimations étaient entre 60 et 80% supérieures à notre consommation réelle actuelle. Pourtant, les experts savaient que nous aurions des améliorations en efficacité... mais les ont sous-estimées. On peut raisonnablement penser que c'est aussi le cas aujourd'hui.

On peut décréter si on veut... le marché recherche de toute manière l'efficacité... De 1800 à nos jours, si on étudie les graphes et chiffres des matières premières, productions, utilisations, consommations et efficacité, on démontre une constante : la recherche de l'économie et de l'efficacité (énergie, production d'acier, de fer, de pulpe et papier tous gros consommateurs d'énergie ont connu des gains extraordinaires d'efficacité et une baisse constante du besoin d'énergie!)

Erreur 6: Etre hostile au marché

C'est un constat pas une critique... les lobbies verts sont opposés à l'économie de marché et prônent tous une économie centralisée et planifiée. Se souvient-on de ce qu'était la planification soviétique? On m'objectera que l'on ne refera pas les même erreurs et pourtant, c'est exactement la même chose qu'on le produit déjà!

Les soviétiques prétendaient produire des céréales dans des zones et avec des techniques pour le moins incongrues... cela n'a jamais rien produit et les pénuries étaient courantes. Pour autant, les journaux devaient vanter les bienfaits de la centralisation et les réussites des programmes de productions. Nous sommes déjà dans cette logique de production inéfficace subsidiée et ...non-criticable. Je sens les regards moqueurs... j'espère me tromper... mais le fondamentalisme et les principes de peur et de mauvaise conscience sur lesquels on joue sans rien nous donner d'objectivable devrait mener plus d'un à réfléchir sérieusement à la question.

Je rappelle qu'à ce jour, dans l'histoire de l'humanité, le système ayant le plus démontré son efficacité à produire du bien être et l'évolution sociale reste l'économie de marché décentralisée (et on a aussi pu voir les ravages de l'économie planifiée par ailleurs).

Conclusion

Mythe: Tout le monde sait ce qu'est un emploi 'vert'
Réalité : Il n'existe aucune définition d'emploi 'vert'

Mythe: Créer des emplois verts va booster le nombre d'emplois et leur productivité
Réalité: Les estimations en emplois verts comprennent un grand nombre d'emplois bureaucratiques, administratifs... qui ne produisent ni bien ni services...

Mythe: les prévisions en emplois verts sont fiables
Réalité: les études sur les emplois verts reposent sur des modèles économiques simplistes et des assomptions douteuses...

Mythe: les emplois verts boostent la croissance
Réalité: en promouvant le nombre d'emplois plutot que la productivité, les emplois verts encouragent la création d'emplois mal payés et dans de mauvaises conditions. La croissance économique ne se décrète pas...

Mythe: on peut revoir le système économique mondial en réduisant le commerce, en réduisant les échanges et en réduisant la consommation sans toucher à nos standards de vie...
Réalité: l'histoire montre que les états ne peuvent tout produire en autarcie. Le niveau social a évolué par la spécialisation des fonctions et par les échanges internationaux (avantages comparatifs)

Mythe: les mandats gouvernementaux sont des substituts aux marchés libres
Réalité: les entreprises réagissent plus vite et plus efficacement à la demande des consommateurs...

Mythe: imposer le progres techologique par la législation est le meilleur choix.
Réalité: certaines technologies promues par les lobby verts n'ont pas la maturité suffisante que pous atteindre une efficacité écologique ou économique. Certaines sont même contreproductives pour la qualité de l'environnement, l'emploi, la qualité de l'emploi!

Le verdissement que l'on glisse insidieusement sous nos pieds en donnant mauvaise conscience au gens n'est en fait que la tentation totalitariste de faire passer nos économies de modèles concurrents et décentralisée en modèles planifiés et centralisés.

Sources:
1. UNEP (United Nations Environment Programme) report by Worlwatch Institute (for an environmentallu sustainable society)
2.ONU report : Green jobs: toward decent work in a sustainable, low-carbon world
3.Illinois Research's Paper: The Green Jobs Myths
4. ASE report (American Solar Energy Society): Renwable Energy & Energy efficiency: Economic Drivers for the 21st Century.
5. CAP (Center for American Progress): Green Recovery: a program to create good jobs & start building a low carbon economy

jeudi 25 juin 2009

Les vrais chiffres de la Dette Belge...

Ou comment présenter un bilan catastrophique comme étant une grande victoire?

Voilà des années que l'on vante la magnifique et magnificiente gestion de la dette publique belge. Qu'à coup de grande communication, on vante les mérites de l'Etat, probe et efficace (sic) qui parvient à faire baisser toujours plus le poids de la dette des épaules des ménages.

Une agence a même été créée pour cela : l'Agence de la Dette.
Cette agence n'est pas mal dans son style communiquant. Ainsi, les chiffres flatteurs sont-ils proposés sous forme de graphiques (ouaw, c'est super, la dette diminue) quant aux chiffres montrant la catastrophe annoncée vers laquelle nous nous dirigeons à grand pas, tel le Titanic vers son Iceberg, ils sont proposés dans d'austères documents pdf remplis de chiffres et planqués au fond d'une arborescence.

Communiquons...

Quand on se ballade sur le site de l'Agence, quand on écoute les communiqués officiels à la télévision ou en radio, quand on lit les journaux, on apprend que la gestion dynamique et efficace de la Dette publique belge a permis de passer d'un taux d'endettement de 133% du PIB à 84% du PIB en 2007.

2008 et la crise font passer ce taux d'endettement à 89,7%. Premier couac.
Mais l'Agence annonce fièrement sur son site :

"Evolution du taux d'endettement (en % du PIB): le taux d'endettement a atteint le niveau record de 133,5% du PIB en 1993. Depuis lors, ce taux à diminué de manière constante."
Et de publier un joli graphique à l'appui de cette proposition:


Nous voilà donc, nous, citoyens, rassurés pour notre avenir. La dette diminue. L'austérité et les efforts conscentis payent. Avec un peu de chance, nos enfants vivront mieux et sans cette épée de Damocles au dessus de leurs têtes.

Les gouvernements pourront dégager des marges et alimenter le Fond Argenté. On pourra entreprendre des politiques sociales bien pensées etc.

Cette pensée est d'ailleurs renforcée par le deuxième graphique (magique) de la page et le texte l'accompagnant:

"Evolution des soldes primaire et de financement (en % du PIB): un surplus
primaire substantiel et un budget structurellement équilibré"


  • solde de financement
  • surplus primaire
  • charge d'intérêt

Avouez que le graphique et la légende qui l'accompagne sont doctes, jolis, et que la communication (méthode Coué?) nous montre que tout va bien, soyons appaisés...

Hélas trois fois Hélas...

Je passe le fait que le quidam lambda ne se préoccupera pas de ce qu'est le solde primaire (différence entre les recettes de l'année et les dépenses de l'année hors paiement des intérêts de la dette!). On lui dit que tout va bien, c'est que c'est vrai. En plus, on le voit bien, on a une jolie courbe qui descend. Ah, c'est la charge d'intérêt... tant que le PIB augmente plus vite que la dette, c'est logique... mais ça ne veut pas dire que la dette diminue hein...

On nous dit qu'on a un surplus primaire substantiel... oh... c'est fantastique, ...sauf qu'à bien y regarder, ce surplus primaire à tendance à diminuer depuis 2001... (il passe de 6,9% à... 2,5!!!). Ce qui signifie en français que l'on a moins de moyens pour payer les intérêts de la dette...

...quant à l'affirmation "budget structurellement équilibré", je me permettrai de ne pas insister lourdement sur le nombre de mesures "one shot" (vente de bâtiments entre autre, libéralisation d'un autre etc) qui font que, non, cet équilibre n'est justement pas structurel!

Revenons aussi sur le passage surprise de 84 à 89,7% du PIB... D'accord il y a la crise... Mais avec les chiffres réels, rien qu'une stagnation de notre PIB avec une légère augmentation de la dette dûe au déficit public nécessité par le renflouement des Banques, nous aurions déjà une augmentations du niveau.

Il n'y a pas de mystère à ça, en chiffre absolu, la dette de la Belgique n'a jamais cessé d'augmenter... Elle est ainsi passée de 255 Mia d'€ en 2001 à 319,75 Mia d'€ en mai 2009 (soit une croissance de 25%). Et, le graphique vous le montrera, ce n'est pas l'effet de la crise que nous traversons!

De fait, nous avons une "accélération" de l'endettement dûe à la crise, mais cette dette restait de tout façon en croissance.

En comptant que nous étions 10 Mio d'habitants en 2001 et que nous sommes aujourd'hui 11 Mio, ça signifie simplement que la dette par tête de pipe est passé de 25.500€ à 29.065€. Chaque enfant belge qui nait commence avec une dette de près de 30.000€ à éponger!

Soit une augmentation de 13,98% par habitant en 8 ans... Et heureusement que notre population est en croissance sinon ce serait encore pire...

Communiquons aussi!

En vue annuelle, voici ce que donne l'évolution de notre dette publique depuis 2001...
La dette de la Belgique à augmenté de 25% en 8 ans... tout celà reste fort loin des discours officiels et des évangélistes budgétaires vous annonçant des marges et des miracles pour demain.



...et juste pour le fun la même dette en vue mensuelle. On notera une meilleure maîtrise de cette dette de 2005 à 2007... mais à part ça... point de salut...


Nous voici donc fort loin des discours officiels que l'on nous serine depuis 10 ans. Il est évident en connaissant ces chiffres que le moindre accident de conjoncture entraîne un effet mécanique important sur notre endettement.

Crise, effet mécanique et futur...

De manière évidente, si nous arrivons dans une période de crise, c'est à dire de décroissance du PIB... même avec une dette n'évoluant pas en valeur absolue nous aurons un taux d'endettement plus important...

Si en prime, cette même dette augmente... mécaniquement, l'effet dette/PIB est renforcé. C'est encore pire quand on sait qu'en période de crise, ces effets sont inévitables et conjugués! Et que la dette augmente d'autant plus que le PIB diminue.

Si le PIB diminue, ça veut dire que l'on produit moins, nous avons donc besoin de moins de gens pour produire, augmentation du chômage, donc augmentation des dépenses sociales avec en même temps des recettes en baisse (IPP, ISOC, TVA)... nous entrons dans une spirale potentiellement infernale!

Il suffit d'ailleurs de lire le graphique de l'agence de la dette pour montrer que nous ne sommes jamais entrés dans un cercle vertueux... mais entreront très rapidement dans un cercle vicieux:
Il faut environ 2 ans pour que le taux d'endettement diminue de 6 % alors qu'en 6 mois, nous venons de l'augmenter de 6%.

Il est d'ailleurs étonnant que les agences de presse (j'ai presque envie de dire de propagande du coup) n'expliquent jamais des choses aussi simple aux gens: le niveau d'endettement peut diminuer même si la dette augmente. Il suffit simplement que la dette augmente plus lentement que le PIB... avec tout les risques que cela comporte.

L'homme politique qui parviendra à faire comprendre ça au gens sera un homme intelligent. Celui qui leur fera comprendre que l'Etat va mieux gérer les recettes pour diminuer la valeur nominale de la dette mais que celà nécessitera de revoir le systèmes des droits acquis sera un Homme d'Etat.

Prospective

A défaut d'homme d'Etat donc, nous sommes forcés de tirer un premier constat: nous sommes dans la mouise.

Le deuxième constat est que les plans de stabilisation et de retour à l'équilibre que l'on nous propose sont LARGEMENT insuffisants. En effet, un retour à l'équilibre en 2015 signifie attendre la prochaine crise. Il faut dire que les crises ont toujours été des prétextes facile pour ne pas tenir ses engagements ou faire passer des choses inacceptables.

Nous sommes en 2009... considérons que les cycles se maintiennent... la crise a éclater mi-2008, fin 2007... Nous avons des cycles d'environs 6 ans...
Soyons très clair, je ne sais pas ce qui causera la prochaine crise. Ce sera probablement une bulle, toutes les règlementations que l'on mettra en place ne pourrons l'éviter (les systèmes et règles implémentés à postériori évitent juste de répéter les même erreurs), le système fonctionne et évolue comme ça. Je sais juste qu'en 2014-2015 nous aurons une crise.

On le sait... il nous faut donc :

  1. être à l'équilibre budgétaire à fin 2012 (et un équilibre Structurel et non One-Shot)
  2. dégager des marges pour revenir au niveau d'endettement de 2007 pour 2013 en gérant la dette de manière active et en activant des programmes d'austérité
  3. profiter de la croissance que nous connaîtrons en 2012 au plus tard pour limiter les dépenses sociales et augmenter les revenus de l'Etat, ce qui implique une révision des systèmes de "droits acquis".
  4. s'attaquer à la valeur nominale de la dette pour rentrer dans un cercle vertueux
  5. dégager des marges et des réserves pour la prochaine crise, alimenter le Fond Argenté.

C'est un programme ambitieux certes mais a-t-on encore vraiment le choix?

Bien sur, ce n'est pas très porteur électoralement...du moins aujourd'hui...