jeudi 28 août 2008

Défense du consommateur ou déresponsabilisation coupable ?

Coup sur coup, un article sur Medium4 you (Test-Achats : Nécessaire ou Emmerdeur ? de Patrice Roulive) et deux annonces liées aux télécommunications dans la presse attirent mon attention :

"Test-Achats a introduit une plainte contre l'iPhone auprès de la Direction générale Contrôle et médiation. L'association de consommateurs dénonce en effet la fausse pénurie et la vente couplée."

Et

"La Commission européenne va proposer mardi un prix maximal pour les SMS"

Alors, je veux bien qu’on prenne la défense des consommateurs quand il y a monopole, petits caractères dans un contrat léonin, défauts de fabrication entraînant une défectuosité d’un produit mais non couvert par la garantie. Je veux bien que la Commission Européenne régule le service universel en télécommunication (depuis quand n’avez-vous plus entendu cette notion ?) de façon à ce que toute la population puisse bénéficier d’un service minimal, accessible pour les besoins indispensables.

Par contre, je m’insurge violemment contre cette réglementation à outrance qui déresponsabilise mes concitoyens et vient à leur faire croire qu’ils ont droit à tout…

Déresponsabilisation coupable

Je suis fatigué de lire les lois, décrets et règlements en tout genre ne servant que des intérêts partisans et électoralistes des gens qui les écrivent et les défendent (de préférence à la télé). Bon dieu, le service universel avait pour but la disponibilité d’un service de base à un tarif social. Une sorte de remplacement de la bonne vieille cabine téléphonique.

Aujourd’hui, la Commission semble transformer un problème de luxe en issue sociale. Tout comme elle le fit hier avec les tarifs de roaming. Bien sur, je ne peux pas me plaindre en tant que consommateur que mon tarif de roaming diminue mais était-ce un vrai problème ?

Non bien sur, car quand je partais à l’étranger rien ne m’obligeait à téléphoner en Belgique. Et si je voulais le faire, je savais toujours le faire à moindre coût dans des centres d’appels spécialisés voire dans une cabine téléphonique.

Téléphoner à l’étranger ou de l’étranger N’EST PAS UN PROBLEME SOCIAL !

C’est un problème de luxe si vous me passez l’expression qui ne concerne majoritairement que les vacanciers, ceux qui ont les moyens de partir en vacances.

Je pense que chacun est libre et responsable d’utiliser ou non son GSM en vacances à l’étranger. Les tarifs de roaming sont publiés et accessibles facilement. A chacun d’être assez grand que pour gérer sa consommation en personne responsable que diable. Moi, quand je vois un bien ou service, si le prix ne m’agrée pas, je ne l’achète pas ! Si je n’ai pas les moyens, je ne l’achète pas. En quoi la Commission doit se mêler d’un problème de responsabilités des gens ? On ne leur met pas un pistolet sur la tempe pour qu’ils téléphonent de l’étranger que je sache.

Enfin, de quel droit la Commission va-t-elle imposer un tarif maximal à des entreprises privées pour un produit de luxe (excusez moi mais j’ai du mal à qualifier un sms à l’étranger de produit essentiel ou de base) ? Les revenus des différents opérateurs européens ont déjà été amputés par la baisse des tarifs de roaming, ils ne vont pas se laisser tondre une deuxième fois. Ils iront récupérer le manque à gagner d’une autre façon comme une augmentation des abonnements… enfin, sur quelle base logistique vont-ils calculer ce prix maximal ?

Je suis donc très dérangé par cette approche légère et déresponsabilisante. Ce d’autant plus qu’il y a quelques années, c’est la même Commission européenne qui par sa passivité a failli tuer un certain nombre d’opérateurs (qui ont été aussi crétins de jouer le jeu stupides des enchères pour les licences) en ne prenant pas une position pour l’ensemble de l’Europe mais a laissé à chaque pays définir ses propres règles…

Je suis dérangé, car on renforce le paradoxe sociétés (dans le sens entreprises) capitaliste ultra-libérale versus politique (dans le sens homme politique) de marché communiste où tout bien doit être accessible à tout le monde. Et bien non madame Reding, je suis au regret de vous dire que nous ne sommes pas dans une économie communiste où tout bien appartient à tout le monde. Et c’est tant mieux. Car fut-ce le cas vous tueriez tout amélioration de la qualité, toute innovation, toute baisse des prix et tout investissement en recherche et développement.

Génération internet ?

La plainte de Test Achat me dérange elle encore plus. Encore une fois, personne ne nous force à acheter un I-Phone. Le prix est communiqué, les fonctionalités qu’il apporte ou non sont bien expliquées, voilà plusieurs mois qu’il est sur le marché de manière à ce que tout consommateur puisse clairement connaître ses défauts s’il cherche un minimum sur le net…
Alors en quoi cela dérange Test Achat que Apple aie un marketing efficace pour vendre son produit plus cher ?

C’est quoi le problème de cette génération ? Qu’elle ne peut pas se payer l’I-phone ? Aura-t-on bientôt des grèves pour que l’I-phone deviennent un droit universel et acquis à tous ? Cette génération « internet » (tout, tout de suite et gratuit) est incapable de faire face à la frustration et demande que tout bien, pour luxueux soit-il, lui soit dorénavant accessible.

Quand donc Test Achat déposera-t-il une plainte contre Rolls-Royce pour avoir organisé une pénurie suscitant une flambée des prix ? Je trouve lamentable de la part de Test-Achat de participer à ce genre de mouvements.

Le pire, c’est qu’il faut aussi lire l’objet de la plainte… « La plainte n'est pas adressée à l'encontre du fabriquant Apple ni du distributeur Mobistar, mais bien contre le produit lui-même. "La plainte est liée au produit iPhone 3G et à la pratique de vente et c'est à la Direction générale de déterminer qui porte la responsabilité dans cette affaire", indique-t-on chez Test-Achats. "Pour nous, il n'est en effet pas clair où et dans quelle mesure Apple ou Mobistar aurait commis une erreur".”

Inédit comme approche… on attaque le produit, pas le fabricant ni le distributeur… en quoi un produit pourrait-il être responsable ? Je n’ai jamais entendu parler, pour ma part, de personnalité juridique d’un produit. Encore une fois, l’approche me parait fantasque.

Test Achat dénonce la vente couplée ? Alors même que la Belgique est le seul pays ou l’ I-phone est désimlocké ? On ne peut donc le vendre avec un abonnement obligatoire ! Encore une fois, légèreté de l’approche déresponsabilisation des acteurs. Quant à l’accusation de pénurie organisée… quand bien même, cela relève de la liberté d’une entreprise d’organiser son marketing comme elle l’entend. Le prix étant fixé, la pénurie n’a ici aucun rôle financier, juste une approche médiatique.

Liberté rime avec responsabilité

Personnellement, je suis dérangé par l’approche des deux acteurs sus mentionnés tendant à faire croire aux consommateurs que tout bien est un droit acquis. Cela ne responsabilise pas les acteurs du marchés, ni au niveau consommation, ni au niveau production.

Les consommateurs doivent aussi se rendre compte que la réglementite aigüe à l’égard des entreprises dénote très clairement d’une future limitation des libertés individuelles. Cela au nom de la déresponsabilisation ! La Commission, l’Etat va vouloir votre bien contre votre gré. Cela est déjà présent dans les mesures hygiénistes prises au nom du « principe de précaution ».

La Commission et Test Achat se plantent de combats… ou alors, cela dénote d’une approche très inquiétante de ce que pourrait être l’Europe du futur. Avec des prix contrôlés, des nationalisations, une baisse de l’innnovation (toute innovation engendrant un progrès ne pouvant plus être vendue à un prix lui permettant de récupérer les frais de R&D, vous tuez l’innovation de facto), des citoyens irresponsables qui attendent que tout biens lui soit offert au moindre prix…

Si le citoyen veut la liberté, il doit être responsable et capable d’assumer sa responsabilité. Il ne doit pas attendre que d’autres acteurs pensent à sa place. Acteurs qui au lieu de défendre l’indéfendable feraient mieux d’éduquer les populations. Eduquer à gérer un budget, éduquer pour trouver un emploi rémunérateur, éduquer à la frustration etc

lundi 25 août 2008

Coucou, coucou.. il y a le coucou qui chante... ou Attention Arnaque!

Vous connaissez les Coucous? Vous savez ces oiseaux qui s'installent gentiment dans les nids des autres oiseaux, y pondent leur oeufs puis laissent ceux-ci au bon soin de leur hôte?

Et bien j'ai appris dans le Trends que certaines personnes malintentionnées pratiquent la même technique avec les entreprises...

La forêt cache l'arbe bien sur...

Comment mieux cacher un arbre que dans une forêt? Un papier dans un livre? Ou une ligne téléphonique dans un ensemble d'abonnements...

Et bien c'est ce qui arrive pour le moment à certaines PME ou grandes entreprises... Des petits malins parviennent, grâce à la négligence des opérateurs, à faire passer leur abonnement dans de grandes structures et se faire ainsi payer leurs communications, entretenir tel des coucous.

Ho...c'est discret, une ligne sur 200 GSM... qui va le remarquer? Surtout si la consommation reste non excessive?

Affligeant de facilité

Le pire, c'est que c'est affligeant de facilité:
-Monsieur X est chez l'opérateur A
-Monsieur X fait modifier ses coordonnées via le call center
-Monsieur X, pour ce faire, fournit les coordonnée de la société Y (dont il ne fait bien sur pas partie.

La négligence coupable des opérateurs téléphoniques est proprement hallucinante! En effet, pas de papiers, pas de contrats ou d'avenant au contrat, aucune signature.

Le pire est que l'idée, ce sont eux qui l'ont fait germée chez les escrocs par le biais des "promotions" fantastique que vous ne pouvez refuser. Qui n'a jamais été appelé par son opérateur qui propose un nouveau tarif imbatable? Que l'on peut bien sur activer, là tout de suite, par téléphone? Nouvelle tarification que vous retrouvez parfois d'ailleurs à la facture suivante alors même que vous avez dit non! Le tout encore une fois sans papier, sans signature, sans contrat!

Ce qui est encore plus affligeant, c'est la sourde oreille dont ils font preuve quand on leur explique que le numéro de Monsieur X n'appartient pas à la société Y... Ils s'en moquent tout simplement... l'opérateur est payé, le reste, ce n'est plus son problème.

Je ne peux que recommander aux PME et au gestionaire de parc télécoms de bien vérifier que tout numéro présent sur la facture appartient bien à la société!

...aussi avec les ...virements!

Bien sur, comme toute innovation, celle-ci en génère d'autre. J'en veux pour preuve que l'idée a été reprise et vise les professions qui travaillent encore avec des virements papiers...
La technique? Faire endosser, grâce à des virements déposé en banque, des sommes prélevées sur le compte de ces sociétés et versée sur un compte créé à cet effet.

Ici aussi, on noie le vol dans un grand ensemble d'opérations. Ainsi, les professions visées pour le moment sont les bureaux d'avocats, les huissiers, les notaires chez qui les virements se comptent par dizaines par jour.

Négligence coupable!

Et même pire, protections des coucous de la part des prestataires de services!
Négligence car de la part de la banque, il n'y a aucun contrôle de la signature!
Chez l'opérateur, il n'y a même pas de signature du tout!

Protections car d'après le Trends, 5 mois après que les escroqueries aient été mentionnées, le coucou sévissait toujours. Il a fallut une plainte à la police pour qu'il ne bénéficie plus de l'abonnement... mais la société lésée n'est toujours pas remboursée!

Protections de la part des banques qui refusent de mettre en place des contrôles spécifiques supplémentaires!

Alors, même si cela vous prend un peu de temps, contrôlez les mouvements sur vos comptes et les numéros de GSM figurant sur votre facture... car ce n'est pas sur vos prestataires de "services" que vous pouvez compter!

samedi 16 août 2008

Des ordres Pascaliens à la moralité de l’économie…

Dans mes lectures de vacances, j’ai donc emmené le livre de Comte-Sponville : « Le Capitalisme est-il moral ». il n’était nulle raison de me poser la question de la moralité et de la philosophie en politique sans un jour ou l’autre me poser la question du sens de l’économie de marché, de sa place « morale », de ses différences avec d’autres systèmes, de leurs raisons d’apparaître et de disparaître, des liens inévitables entre les différents niveaux : individus, société, politique, économie…

Sur la recommandation de mon ami Pierre, je me suis donc penché sur la conférence d’André Comte-Sponville. L’ouvrage est fort bien construit, pédagogique, et nous emmène par la main pas à pas à la découverte de la moralité (ou non) du capitalisme. Ce qui ne veut pas dire que nous devons être en accord sur tout, … disons qu’il nous trace, propose une piste de réflexion, tire ses propres conclusions mais n’interdit pas notre propre évolution, notre propre cheminement, nous pouvons nous interroger et trouver d’autres réponses…

Tout part des constats…

…d’évolution de générations…

Que si les années 60-70 étaient politiques, tout était politique et la politique était tout, la génération 80 elle est une génération « morale ». En effet, dans les années 60-70, tout étudiant se définissait automatiquement de gauche ou de droite, participait activement à la vie de la cité et s’investissait en politique. La moralité, il s’en fichait au fond pas mal car la politique était là pour donner les balises du bien, du mal… Le problème c’est que dire que la politique est tout, c’est prétendre que le problème du chômage est une question de volonté politique, que le vaccin anti SIDA, c’est une question de volonté politique… Nous allons voir plus tard combien ce genre d’affirmation est « ridicule » (et le sens du mot ridicule)… Ce que je trouve encore plus inquiétant, c’est que nous avons encore aujourd’hui des hommes politiques pour nous sortir ce genre d’ineptie. Bon sang.. bien sur que le SIDA était une question de volonté politique, le fléau n’existerait déjà plus…

Les années 80 voient un rejet massif de la politique… Pas mal de mes contemporains n’ont d’ailleurs abordé la politique que par l’émission de Guignols de l’Info. Non, la réponse aux problèmes du monde est dans la « morale »(comprendre par là ‘droits de l’homme’, ‘solidarité’, ‘humanitaire’…) pour eux. (bien que faisant partie de cette génération, je n’ai pas cédé à cette tendance, je suis un peu trop pragmatique pour cela). Ainsi résoudre la faim dans le monde ? On le résout avec les Restos du Cœur. La pauvreté ? L’abbé Pierre et les compagnons d’Emmaüs… Erreur encore une fois que de penser cette fois que la morale peut tenir lieu de politique. C’est beau, c’est idéaliste mais ça ne peut pas marcher.

« La morale et la politique sont deux choses différentes, l’une et l’autre nécessaires, mais qu’on ne saurait confondre sans compromettre ce qu’elles ont chacune d’essentiel. Nous avons besoins des deux, et de la différence entre les deux ! » (page22)

Le problème n’est pourtant pas dans la « faillite morale »… le problème de notre démocratie se trouve dans la désaffection politique de nos générations. Nos hommes politiques, loin s’en faut, ont leur part de responsabilité dans cet état de chose. Malheureusement, sur le terrain ça donne une inflation constante des votes extrémiste (et/ou du taux d’abstention en France…)

… mais si les années 80-90 sont celles de la génération que Comte-Sponville qualifie de morale, quelle est la génération 2000 et post millénaire ? Sans vouloir jouer les prophètes, il semble que Comte-Sponville rejoigne Malraux : « le XXIème siècle sera religieux ou ne sera pas ». Comte-Sponville parie donc sur l’émergence d’une génération « spirituelle ». A ne pas d’ailleurs confondre avec une génération religieuse, le spirituel devant être compris comme une recherche du sens.

« Génération lien » ?

Fort de ce constat, et suite à mes différents écrits passés, il me serait bien difficile de chercher noise à l’auteur. Il semble en effet que je fasse partie d’une génération de transition comprenant la recherche du sens des choses et cherchant à les positionner aussi sur une échelle morale, éthique. Ce lien entre l’économie / la technique, la politique, la morale et l’éthique… ce sens des choses. Je ne me reconnais dans aucune des générations décrites et dans toute à la fois. Je ne conçois pas que l’on puisse considérer ces niveaux séparément. C’est le genre de chose qui arrange d’ailleurs trop bien les scientifiques avec leur trop fameux « toute autre chose étant égale par ailleurs », formule que je n’apprécie guère vous le savez, car rien n’est jamais égal par ailleurs et nier les interactions entre les niveaux est un non sens profond. Je reconnais bien sur son utilité dans la description des phénomènes en milieu fermé. Ce que j’apprécie nettement moins, c’est la facilité avec laquelle cette formule est réutilisée en dehors des laboratoires, entre autre par des politiciens.

…du triomphe du Capitalisme

Le deuxième constat de Comte-Sponville est que le capitalisme a définitivement triomphé…
S’il a perdu sa légitimité « négative » due à la comparaison avec le communisme suite à l’effondrement de ce dernier, il a du chercher son affirmation positive. On pourrait d’ailleurs dire « Enfin ! ». Car il serait pour le moins osé de définir son système comme étant le meilleur pour l’humanité juste en le comparant à son concurrent. Comparer ma société avec celle d’un concurrent et m’en servir pour dire : « mon entreprise est le top du top, la plus performante et la meilleur possible » est un non sens

« Non que je conteste quoique ce soit de l’effondrement de l’autre système. Mais rien ne prouve, lorsque deux systèmes sont en concurrence l’un contre l’autre, que l’effondrement de l’un soit le triomphe de l’autre. Ils pourraient échouer tout les deux (…).
(…)je rappellerai quand même que l’échec de Spartacus n’a pas suffit à sauver l’Empire Romain…(…)
Quel rapport avec le retour de la morale ? Celui-ci : tout adversaire est aussi un faire valoir. Pendant toutes les années de guerre froide puis de coexistence pacifique, la capitalisme, l’Occident libéral, le monde libre, comme on disait, pouvait se sentir suffisamment justifié, d’un point de vue moral, par son opposition au système communiste. » (page31)


Si l’Occident conserve des ennemis, des adversaires, nous ne devons pas confondre le système politique et le système économique. L’occident peut avoir Ben Laden comme adversaire. Il y a une lutte de « valeurs », de « civilisations » (là, c’est J. Chirac qui me honnirait ! Il déteste ce concept de choc des civilisations), de « religions », mais aucune proposition alternative au niveau économique. Le capitalisme n’a plus d’adversaire. Même la Gauche dans différents pays a reconnu qu’à ce jour le meilleur système économique est le capitalisme.

Définition


Le Capitalisme est un système économique fondé sur la propriété privée des moyens de productions et d’échange, sur la liberté du marché et sur le salariat. (page 87)
En découlent entre autre les notions d’intérêt et de solidarité! Intérêt et égoïsme car chacun travaille, produit, échange dans son propre intérêt. Solidarité car les intérêts des uns et des autres se rejoignent tout le temps ! Ainsi, je n’ai pas intérêt à mentir ou a mal produire car je n’aurais plus de clients. C’est dans mon intérêt ! L’entreprise, c’est l’intérêt de l’actionnaire, qui prendra soin de ces clients et de ses salariés car c’est dans son intérêt. Le salarié a intérêt à produire bien et le patron à bien le soigner… etc etc. Il s’agit de simples… mécanismes générant de facto la solidarité. Ne confondons d’ailleurs pas solidarité et générosité… la générosité, c’est prendre en compte les intérêts de l’autre quand bien même nous ne les partageons pas… La solidarité, c’est prendre en compte les intérêts de l’autre parce que nous partageons cet intérêt. (déf page 129)

Le capitalise repose tout entier sur la solidarité… cette préoccupation des intérêts de l’autre dans un but tout égoïste. Se préoccuper du client, c’est aussi et avant tout dans l’intérêt de l’entreprise… et ça tombe bien que ce soit aussi dans l’intérêt du client, ça le fidélise. Cette solidarité d’intérêt entraîne de facto une forme d’honnêteté dans l’échange. Tout comme moi en tant que client, si j’achète à l’entreprise ‘X’, c’est égoïstement dans mon intérêt, il se trouve que ça converge avec l’intérêt de l’entreprise ‘X’… c’est pour ça, pour ces convergences constantes et variables d’intérêts que le Capitalisme est un véritable succès.

Solidarité et intérêt… cela vaut d’ailleurs dans les pays socialistes ne leur déplaise… Il faut bien que ceux qui travaillent produisent plus de valeurs qu’ils n’en reçoivent pour assumer les dépenses non productives de la vie sociale…

Ainsi, contrairement au libéralisme, il n’est pas pensée politique, philosophique ou sociologique. Dès lors, le triomphe du capitalisme n’a d’égal que son désarroi. Le capitalisme n’étant que les mécanismes qui régissent le marché, il n’a pas de sens… Une horloge n’a pas besoin de sens pour fonctionner, une réaction chimique n'a pas besoin de sens pour se développer… mais les individus ont besoin de sens… Dès lors se posent pour l’Occident la question de ce qu’il a à offrir au monde ? Ainsi en est-il pour l’Europe… l’Europe est en panne aujourd’hui car elle ne trouve plus de « sens », ne trouve plus de projets communs, de valeurs à mettre en avant, à proposer au monde.

C’est donc une conjonction d’éléments – passage de génération et perte de la justification négative – qui nous permet en définitive de nous poser, enfin ( ?) la question de la justification du capitalisme, de son sens. En dehors bien sur du fait, que ce soit le système d’échange économique qui s’est mis naturellement en place, répondant le mieux à la psychosociologie des groupes humains (conclusion toute personnelle s’il en est). Mais il reste encore une cause à cette évolution, ce que Nietzsche nous dit en disant « Dieu est mort !’ (et que j’ai envie de compléter avec le corolaire de Malraux et un retour à la tradition monarchique française « Dieu est mort ! Vive Dieu… »)

La justification du capitalisme est le triomphe de la solidarité, de la convergence d’intérêts…

…et de la mort de Dieu

Ce qui est génial en disant Dieu est mort est que finalement, ça ne le rend que plus immortel. Car soit Dieu existe, et il est immortel et intemporel par définition, soit il n’existe pas … et est immortel de ce fait même…

Cette mort de Dieu, certains en accuse la laïcisation de la société… rien n’est plus faux, la laïcisation ne fait que ramener Dieu à la sphère privé. Pour le reste, on peut y croire ou non, c’est du pareil au même. Dieu est juste mort « socialement ».

Du coup, Comte-Sponville se pose la question du lien, de la communauté…

Cela nous pose toutes sortes de problèmes considérables, qui tournent presque tous autour de la question de la communauté. Que reste-t-il de notre communauté, par exemple nationale ou européenne, quand on ne peut plus la fonder sur une communion religieuse ? Car c’est la communion qui fait la communauté et non l’inverse. (page 37)

Si je reconnais pour ma part, et insiste pour que cela soit mentionné dans une « constitution européenne », notre tradition, notre civilisation judéo-chrétienne, je dénie à la religion d’être la seule réponse à cette question. Il s’agit de civilisation, pas de religion. Le lien, la communauté existent toujours. Il faut juste que les gens redeviennent conscients de leur Histoire, la comprennent et parviennent à cerner à nouveau en quoi cela influence nos modes pensée, d’être, de vivre. C’est pour cela que je pense qu’il s’agit d’une mention essentielle dans un Traité Fondateur, une Constitution.

Mais je m’éloigne… ma réponse personnelle est que Dieu n’est pas mort, la religion se meurt, c’est différent, il me semble plutôt que les nouvelles générations découvrent de nouvelles formes de spiritualités, de sens et dénie le droit aux religions de penser à leur place (mais ceci est surtout valable dans les sociétés occidentales). Donc, Dieu (du moins via la religion) ne répond plus à la question « Que dois-je faire ? » qui au final… n’est jamais qu’une question morale…

Morale et éthique d’entreprise

Chapitre jouissif s’il en en est que celui-là. En effet, aujourd’hui on nous vend de l’éthique à tous les étages alors qu’il n’est en réalité nulle éthique… juste une question capitaliste qui démontre que l’éthique rapporte toujours plus sur le long terme que la malhonnêteté. Agir honnêtement pour un commerçant est souvent moins une question morale, de devoir, d’éthique qu’une question d’intérêt. Que l’éthique d’entreprise n’est pas forcément moral, car il est intéressé. Or, pour Kant du moins, une action n’est morale que si elle est désintéressée.

Et que notre action dès lors, pour conforme qu’elle soit à la morale, n’a pourtant, comme dirait Kant, aucune valeur morale – puisqu’elle est accomplie par intérêt, et que le propre de la valeur morale d’une action, comme chacun sait, c’est le désintéressement.
(page 45)
Nous devrions un peu tempérer notre ami Kant car nous devrions profiter justement de la conjonction entre morale et intérêt, tant mieux si les deux peuvent parfois aller de pair. La notion de « moral » ne doit-elle qu’à l’intention ? Et si cette intention génère du profit ? Comment en juger. Nous sommes sur une frontière à laquelle chacun devra répondre par lui-même.

Ordres Pascaliens sauce André

André Comte-Sponville nous propose une grille de lecture pour, sur base des précédents constats, juger de la moralité de l’économie. Pour ce faire, il récupère l’idée des ordres de Pascal. Ordres à comprendre comme étant des niveaux, des plans parallèles donc indépendants l’in de l’autre mais l’un pouvant influencer l’autre par le biais du lien qui n’est rien d’autre que l’être humain…


« Un ordre chez Pascal, est un ensemble homogène et autonome, régi par des lois, se rangeant à un certain modèle, d’où dérive son indépendance par rapport à un ou plusieurs ordres. (…) Rappelons que les trois ordres chez Pascal sont l’ordre du Corps, l’ordre de l’esprit ou de la raison, et l’ordre du cœur. » (page 51)
Ainsi l’indépendance des ordres et leurs influences mutuelles sont très bien montrés par cette pensée bien connue de Pascal « Le cœur à ses raisons que la raison ne connaît pas… »

Donc Comte-Sponville récupère l’idée des niveaux, des ordres et nous en propose trois autres en grille de lecture, non de l’homme comme Pascal, mais de notre monde.

Ordre techno-scientifique

Dans cet ordre, on ne se préoccupe que de l’aspect technique des choses. Est-ce possible ou non ?
Est-il possible en biologie de cloner un être humain ? Si pas aujourd’hui ? Demain ? Quelles limites pour la biologie ? Cet ordre ne répondra pas à la question de la limite… il dira si c’est possible ou non. Est bien ? Est-ce mal ? ne font pas partie des questions auxquelles il répondra.En économie, quelles sont les limites pour le capitalisme ? Quelles limites pour la loi du marché ? Le prix des matières premières achetées au tiers monde est il décent ? La décence ne fait pas partie de l’économie… on dira juste si ce cours des matières premières est pratiqué, praticable ou non…

Gardons en tête que l’économie, en tant qu’outil, que mécanisme fait partie de cet ordre ci…Mais… entre ce qui est possible et ce qui est souhaitable, nous pouvons mettre en place des barrières, grâce à d’autres ordres, indépendants comme dit précédemment, avec leur logique propre mais s’influençant quand même…

Ordre juridico-politique

Pour maintenir et limiter cet ordre techno-scientifique, l’ordre juridico-politique en d’autres mots la Loi, l’Etat.

Ainsi le clonage humain peut bien être possible, la Loi l’interdit. Avec cet ordre, il y a ce que la Loi autorise (le Légal) et ce que la loi interdit (l’Illégal). Il ne faut pas pour autant croire que la loi régit la morale ou est en conformité avec la morale ! Le légal ne définit pas le bien et l’Illégal ne définit pas le mal. Ce sont des concepts, des ordres différents.

En effet, si on se limite à ces deux ordres, on verra des gens qu’on appellera des « salauds légalistes ». Toujours respectueux de la loi… mais comme aucune loi n’interdit l’égoïsme, le mépris ou la méchanceté…

Notons aussi que la Loi, elle est votée par des majorités… que ces même majorités représentent le peuple… que le peuple est « souverain »… On peut donc en toute légalité voter des lois discriminatrices, modifier la constitution pour rendre la loi légale et conforme… et que donc, la loi peut très bien s’amuser à opprimer des minorités… Bref, la Loi, l’Etat ne répondent pas à tout et pas correctement à tout
« Dire, avec Rousseau, qu’il n’y a pas de loi fondamentale et que la souveraineté est incapable de se limiter elle-même, cela revient à dire exactement : il n’y a pas de limites démocratiques à la démocratie » (page 59)

Encore une fois, nécessité est faire de limiter cet ordre de l’extérieur par un ordre « supérieur ».

Ordre de la morale (a ne pas confondre avec l’ordre moral)

Si nous ne devenons pas tous des salauds légalistes, c’est parce qu’au dessus des lois qui s’imposent à tout citoyen, il y a la morale. C’est elle qui fait de nous des individus fréquentables et capables de vivre en société. La loi régit la vie des citoyens, la morale se rajoute pour encore « restreindre » nos droits pour faire de nous des individus aptes à vivre ensemble. La loi nous dicte le Légal, la morale nous dit ce qui est acceptable, le Légitime.


« Je ne sais pas si les lois anti-juive de Vichy étaient juridiquement valides (…) Mais elles étaient immorales, et sans autre portée dans l’ordre de la morale, que de justifier qu’on leur désobéisse et qu’on les combatte. » (page 65)
« Je répondrai avec Kant : la morale est l’ensemble de nos devoirs – l’ensemble, pour le dire autrement, des obligations et des interdits que nous nous imposons à nous-mêmes, pas forcément à priori, mais indépendamment de toute récompense ou sanction attendue, et même de toute espérance. » (page 66)

Notons tout de même que cette morale n’est pas universelle (ouf, Comte-Sponville ne tombe pas dans le travers des politiciens et pseudo-démocrates évangélistes qui le croient en toute bonne foi). La morale est historiquement culturelle, donc aussi relative.

Ordre éthique

Dernier ordre, suprême entre tous, l’ordre éthique, ou ordre de l’Amour, celui qui nous rend outre nos compétences, notre respect des lois et notre morale, être humain parmi les humains. Distinguons le moral comme étant ce que l’on fait par devoir et l’éthique comme étant ce que l’on fait par amour. En règle général, on notera par ailleurs que souvent les deux nous mènent à effectuer les même actions et se complètent.

Confusion d’ordre : Ridicule et Tyrannie… Barbarie et Angélisme

Petite conclusion sur ce chapitre des ordres… Quand on commence à les confondre, on est, ce que Pascal appelle, Ridicule.

Ainsi, quand on dit la phrase « le cœur à ses raisons que la raison ne connaît pas ». Pascal mentionne aussi « Le cœur à son ordre ; l’esprit à le sien, qui est par principe et démonstration. Le cœur en a un autre. On ne prouve pas qu’on doit être aimé en exposant d’ordres les causes de l’amour ; ça serait ridicule »

La Tyrannie, c’est le ridicule au pouvoir, autrement dit, la confusion des ordres érigés en système de gouvernement. Ainsi en était-il du communisme, forme de pensée appartenant à l’ordre de la morale mais érigé en système politique et économique. C’est la confusion d’ordre en plein, partant peut être d’une bonne intention mais menant à massacrer tout qui ne répondrait pas à cette morale.

La Tyrannie de l’inférieur, c’est la Barbarie : prétendre la suprématie de la technique, de l’économie sur le politique. Soumettre la morale à l’ordre de la politique, c’est de la barbarie. L’ultra-libéralisme en ce sens est une barbarie. Vouloir soumettre l’ordre politique à la suprématie d’un système économique, c’est de la barbarie.


« On peut appeler Libérale toute pensée qui est favorable à la liberté du marché (libéralisme économique) et au libertés individuelles (libéralisme politique). Cela n’exclut pas, mais suppose au contraire, certaines interventions de l’Etat, y compris le cas échéant dans la sphère économique. Ainsi chez Adam Smith ou Turgot. Et on peut appeler Ultralibérale, par différence, toute pensées qui veut réduire le rôle de l’Etat au strict minimum (ses fonctions régaliennes : justice, police, diplomatie), ce qui suppose qu’il s’abstienne de toute intervention dans l’économie. Ainsi chez Frédéric Bastiat ou Milton Friedman. » (page 137)
L’Angélisme par contre, c’est la tyrannie du supérieur. C’est vouloir soumettre l’économie à la politique ou à la morale par exemple… Le communisme est un forme d’Angélisme… ce qui vous en convenez ne signifie pas le sens que nous donnons habituellement à « angélisme ». L’histoire de guérir le SIDA, c’est une question de volonté politique, c’est aussi de l’Angélisme. Croire que l’ordre politique peut donner l’ordre à la technique de résoudre ce problème…

Je ne m’étendrai pas plus ici sur ces concepts, ils sortent de mon propos et vous les retrouverez dans l’essai de Comte-Sponville.

Réponses aux « ordres » : la responsabilité

Alors, c’est vrai que c’est facile de décider quand les 4 ordres s’accordent à ne nous donner qu’une seule direction, qu’une seule réponse à un problème.

Ca se corse quand la technique nous montre une voie, la politique en énonce une autre, notre morale la réfute et notre éthique s’intrigue…

C’est dans ces circonstances qu’il faut choisir quel ordre on va privilégier. Si on peut tout déléguer, ce genre de décision ne se délègue pas car il s’agit de notre RESPONSABILITE. La seule chose qu’on ne délègue jamais, c’est sa responsabilité.

« La responsabilité, c’est assumer le pouvoir qui est le sien - tout le pouvoir qui est le sien -, dans chacun des quatre ordres, sans les confondre, sans les réduire à une seul, et choisir, au cas par cas, lorsqu’ils entrent en contradiction, auquel des quatre ordres, dans telle ou telle situation, vous décidez de vous soumettre en priorité. » (page 121)

Notez bien le « au cas par cas »… car il signifie que vous devrez toujours choisir et que penser que vous vous soumettrez toujours à un ordre en priorité (par exemple l’ordre de la morale) serait un peu niais… Un ordinateur peut résoudre un problème ; seul un individu peut prendre une décision. Un ordinateur peut être performant, un individu peut être responsable. (page 140)

Alors ? Le capitalisme est-il moral ?

Maintenant que nous disposons des sources de la question et d’une grille de lecture, revenons à notre question de départ… le capitalisme… moral ou pas ?

Rappelons mon point de vue personnel sur le capitalisme : il n’est pas une pensée comme peut l’être le socialisme ou le libéralisme, le capitalisme est une mécanique économique, c’est le système d’échange naturel qui s’est mis en place entre les êtres humains, celui qui répondait le mieux à leur psychologie, à la sociologie de nos groupes. C’est aussi le système, comme le démontre Comte –Sponville qui génère le plus de bien-être autour de lui-même s’il n’est pas exempt de défauts. Le capitalisme génère la solidarité, qui est la complémentarité d’intérêts de chacun.

Notons quand même qu’une autre définition du capitalisme c’est créer de la richesse avec de la richesse… ce qui revient à dire aussi que le meilleur moyen de mourir riche dans nos sociétés est encore de naître riche. C’est d’ailleurs pour cela que le politique, le moral et l’éthique tente de palier, de corriger, d’améliorer certains mécanismes de marchés, ces ordres vont le limiter pour permettre une ascension des individus. En attendant, certains s’enrichissent sans travailler et certains se tuent à la tâche et restent pauvres… A ce regard sur le capitalisme, si on devait quand même en juger, il est vrai qu’il est plus immoral que moral…

Néanmoins, dès lors que le capitalisme est une mécanique, elle répond à l’ordre Techno-Scientifique… Le Capitalisme n’est dès lors pas Moral… Il n’est pas Immoral non plus. Il n’a juste pas de moral, il est amoral (‘a’ donnant le sens privatif). Comme on ne se pose pas la question de savoir si la biologie, la physique sont moraux, la météo n’est pas morale ou immorale, ils n’ont juste pas de morale…

« Que tout le monde veuille la prospérité, cela n’a jamais suffi à empêcher la misère (ndr retour à la question de la « volonté politique). Comment l’économie serait-elle morale, puisqu’elle est sans volonté ni conscience ? » (page 77)

Ne comptez pas sur le marché pour être moral… à votre place !

mercredi 6 août 2008

Les seules batailles que l’on perd à coup sûr sont celles qu’on n’engage pas…

La phrase de titre n’est pas de moi, elle est de Philippe Riès dans son ouvrage « L’Europe malade de la démocratie ». J’avoue avoir abordé l’essai avec un peu de crainte surtout au vu de son quatrième de couverture. Le résumé donne, je trouve une bien mauvaise image de son propos, ça sentait un peu le réactionnaire, l’homme du retour à l’ordre moral (tiens… ça, c’est pour le prochain billet). Ainsi, son propos serait d’expliquer que loin de souffrir d’un déficit de démocratie, l’Europe souffre d’en avoir trop. Heureusement, je ne me suis pas limité à ce quatrième de couverture qu’il vaudrait d’ailleurs remanier je pense, tellement il donne une mauvaise image de son contenu.

Mais si donc l’Europe n’est ni en déficit démocratique, ni en excès de démocratie, de quoi souffre-t-elle donc ? Tout simplement de la même maladie que la majorité de nos pays européens. Le dévoiement de la démocratie, la culture de l’image, le choc de la communication. A ce sujet, je prétends pour ma part que si les années 80 étaient dominées par la connaissance, les années 90 ont vu le triomphe de l’information (c’est déjà plus court-termiste), et le nouveau siècle a inauguré la culte de la communication (on se fiche du contenu, on se contente de communiquer, vrai-faux, affirmations partiales, mensongères (le SMIC à 1500 euro), on s’en fiche, on communique, on affiche, on approxime, on masque, on jette un nuage de fumée. (j'y reviendrai dans un prochain post)

Le bouc émissaire idéal

Ainsi donc, aujourd’hui, étant donné que 60% (d’autres sources prétendent 80%) de notre législation est de source européenne, l’Europe est devenue le bouc émissaire idéal de tout les maux nationaux possibles et imaginables. Tout comme Riès, je prétends que pourtant loin d’être la coupable idéale, l’Europe se propose plutôt à nous comme solution idéale. Seulement voilà… dire ça, ce n’est pas bon pour son score électoral.

C’est tout le problème de la communication faites par nos hommes politiques depuis des décénies, vu que l’on a dépeint l’Europe comme un ogre technocrate et peu démocratique, il est bien difficile aujourd’hui de faire marche arrière. C’est encore une fois le porte à faux que je retrouve avec les libéraux « classiques » : eux croient en l’humain, moi, j’en ai qu’une confiance modérée. Car enfin, si le discours anti-européen, anti-intégration et pro-intergouvernemental passe si bien, c’est bien parce qu’une majorité de citoyen est prêt à entendre et croire ce discours.


Leszec Balcerowicz, ancien gouverneur de la Banque de Pologne, a cette formule définitive sur le défi démocratique : « Les mauvaises politiques sont plus faciles à vendre que les bonnes » .
L’imposture démocratique conduit le projet européen à la paralysie, au nom d’un peuple qui n’est ni formé, ni informé. (page12)
Le défi démocratique et sociologique de notre époque n’est plus la mondialisation mais le retour à une société de la connaissance, du savoir, de la capacité à apprendre, voir, critiquer. Le prochain grand défi de nos civilisations est de rendre le peuple capable (ça fait peur a certains politiques quand on voit de quelles façons l’enseignement a été orienté ces dernières années.) Le défi européen est que sa population en comprenne les tenants et aboutissants… qui ne sont pas aussi complexes qu’on ose nous le faire croire. La complexité vient des politiciens qui cachent leur incompétence derrière le bouc émissaire européen. Philippe Riès nous rappelle d’ailleurs les pensées de Churchill qui bien que défendant que le « peuple gouverne » compléta en privé que « cinq minutes passées avec un électeur suffisent à vous convaincre des travers de la démocratie »

Une fois le peuple bien intoxiqué… le politicien aura alors facile d’utiliser l’arme suprême, la dernière lâcheté dont il est capable : le référendum… Quel courage de se défausser ainsi sur le peuple la responsabilité d’enterrer toute réforme de l’Union… réforme bien entendu peu souhaitable par les baronnies européennes jalouses de leurs pouvoirs féodaux et dépassées dans un monde globalisé. On se fait bouffer tout cru par la sclérose en plaque et on va voir le rebouteux du village…

C’est ainsi qu’en parlant éhontément de déficit « démocratique » on replace l’argument démocratique en prétendant que la légitimité se trouve au niveau des gouvernements nationaux, élus aux suffrages universels. Foutaises bien sur… aucun gouvernement n’est élu… seuls les parlements le sont… et rappelez vous la façon dont on nomme un ministre…

Dès lors, l’Europe intégrée voulue par ses pères glisse lentement vers le modèle de collaboration intergouvernemental… bref, à la paralysie totale car à 27… on ne décidera plus qu’à minima.

Démocratie…

Tout le souci de la démocratie actuelle est son glissement vers la culture de la communication. Comment voulez vous prendre une décision courageuse dans ce bas monde tant que vous garderez l’œil rivé sur votre score électoral ?

A ce niveau, Jean-Claude Junker avait une formule que je trouvais superbe « Nous savons tous quelles sont les réformes à entreprendre. Ce que nous ne savons pas, c’est comment nous faire réélire après les avoir menées à bien »… c’est tellement vrai, tellement triste et explique, ma foi fort bien, l’état actuel du malade.

On ne peut pas espérer de nos hommes politiques une quelconque avancée courageuse vers un modèle européen intégré qui les priveraient de leurs droits divins de suzerain…

La démocratie ce n’est pas le peuple qui gouverne, c’est le peuple qui élit ses représentants sur base d’un programme. Outre le fait que les « promesses n’engagent que ceux qui les écoutent » (attribué à J. Chirac), les entourloupes pour retourner sa veste son nombreuses.

Puis il y a aussi les partis sans programme… ça m’a frappé depuis 2002 avec la gauche française. Je reste encore ébahit car ça n’a pas changé : après les élections présidentielles perdues, Hollande disait que le peuple français lui avait montré quel devait être son programme… Superbe, sauf que la déclaration vint après les élections pour lesquelles aucun programme de gauche cohérent n’avait pu être mis en avant sauf l’inévitable caricature d’une droite « ultralibérale » (notez que l’on affuble d’ailleurs l’Union Européenne de la même tare…). Royal en 2007 ne fit guère mieux avec ses forums participatifs où en réalité elle n’écoutait qu’elle et prenait toutes les idées qui passaient par là, même contradictoires, l’important c’est de communiquer… Il n’est donc plus besoin de programme dans notre monde. Il suffit de s’attaquer au programme de l’adversaire, à le démoniser pour commencer à être crédible…

La cause européenne avait tout à perdre de cette dérive populiste des systèmes démocratiques nationaux. Et de fait, elle a beaucoup perdu, comme l’ont révélé les référendums constitutionnels en France et aux Pays-Bas. La « bureaucratie » bruxelloise est à ce point le bouc émissaire idéal des frustrations nationales qu’il faudrait l’inventer si elle n’existait pas. La posture politique dominante peut se résumer ainsi : pour ce qui va bien, remerciez-moi ; pour ce qui ne va pas, voyez Bruxelles. (Page 18)

Toujours au niveau des hommes politiques nationaux… il faudra alors aussi qu’il s’explique sur le mode de désignation des Commissaires Européens… Heureusement que depuis quelques temps le Parlement a encore son mot à dire… car aujourd’hui (c’est une tendance récente, je tiens à le souligner) Bruxelles sert de parachutes pour les hommes politiques en fin de carrière ou qu’on ne sait pas recaser ou dont on veut se débarrasser (Cresson, Busquin, Michel, …). Ils sont d’ailleurs désignés, non par leurs parlements nationaux mais par les gouvernements… qui ne sont pas élus… donc par les partis… il n’y a d’ailleurs que d’obscurs marchandages (pensons au refus Anglais à la nomination de Verhofstadt, quand on connaît l’intérêt des Anglais à la chose Européenne, cela relève de l’antijeu, du scandale sans nom), pas d’appel à candidature ni job description. Pourquoi d’ailleurs et selon quelle règle le président de la commission doit-il être issu du club des chefs de gouvernements ? Trouvez moi cela dans un quelconque règlement européen… Cela relève ni plus ni moins de la capture de poste. Et tout cela pour quelle qualité ?


Le simple fait de prendre le Dr Durão Barroso pour succéder à Romano Prodi comme président de la Commission Européenne donne la mesure de la chutte de qualité moyenne du leadership politique dans l’Europe des 25 » Alfredo Barroso (page 30)
Alors « démocratie », pardonnez-moi d’avoir du mal à trouver cela idéal quand les politiciens s’en revendiquent mais ne s’en servent que pour la dévoyer dans un intérêt personnel ou partisan. Oui, dans ce cas, je préfère le fameux « complot élitiste » (qui n’existe soit dit en passant que comme bouc émissaire) mais qui au moins prend en compte l’intérêt commun, l’intérêt public et voit l’Europe comme la solution et non comme la cause de tous les maux.

De plus le mode de désignation de la Commission malgré son rôle primordial, la qualité des personnes que l’on y place, l’oubli de la règle voulant que l’on oublie son pays d’origine confine cet exécutif à ne plus être un rouage essentiel, à avoir un rôle moteur mais bien à n’être que le secrétariat des Conseils Européens…

Quatre libertés et un enterrement

1957, Traité de Rome, on consacre la libre circulation des biens, des personnes, des capitaux et des services…
2005, on enterre, avec la directive Bolkenstein, cette dernière liberté. Résultat amusant, les milliers de jeunes cadres dynamiques empruntant le Thalys chaque jour vers Paris, Bruxelles ou Londres pour aller travailler sont des… clandestins. Ils auraient en effet dû déposer une demande préalable auprès de chaque autorité nationale.

Le résultat réel de cet enterrement est qu’une fois de plus, la concurrence qui devrait mener à une régulation des prix, une augmentation de la qualité, de l’innovation, n’existe pas. Et c’est le consommateur qui paie la note.

Ceci est d’autant plus remarquable qu’aujourd’hui l’économie de Services représente 70% de la valeur créée chaque année.

Une fois de plus, culture de la communication oblige, tout a été dit sur cette directive… surtout des mensonges, des bêtises et de la xénophobie. Le plus triste, c’est que tout le monde s’y est mis, y compris les gens dit « éduqués ». Logique, il faut protéger son pré carré, son petit revenu et éviter de s’exposer trop à la concurrence… Notons aussi tout de même que les hypocrisies des anciens dirigeants se lamentant de l’échec de cette nouvelle harmonisation sont pathétiques. Il n’échappera à d’aucun que depuis 1957, ça fait plus de 50 ans que l’on aurait pu travailler à ce chantier et qu’il n’en à rien été.

Qu’on aime ou pas Barroso, il lance des phrases que l’on devrait tout de même retenir : « Le vrai fossé en Europe n’est pas entre la gauche et la droite mais entre les modernisateurs et les réactionnaires » (page 45).

Si l’on a renié la directive service, ce n’est pas le moindre des péchés des Etats nations de l’Europe actuelle. En effet, souvenons des critères de Maastricht… entre autres critères budgétaires et économiques et comparons le aux reniements franco-allemand actuels. Tant qu’à parler de démocratie, parlons de celle qui consiste à démontrer que certains Etats (les gros.. et du Nord) sont plus égaux que d’autres (les petits et/ou du Sud)… La procédure infractionnelle à l’égard du Portugal fut menée promptement et à son terme. Les Français et les Allemands ont obtenus des délais indécents pour se mettre en ordre sans même que l’on entame le moindre début de procédure. La démocratie européenne tarde…

Rappelons aussi que ce pacte de stabilité et de croissance avait été mis en place à défaut de réussir à se mettre d’accord sur ce qui eut pu être une magnifique avancée européenne : un gouvernement économique commun et un budget communautaire unique…

Dure réalité des chiffres

Il se passe peu de jours sans que l’on entende, culture communicationnelle oblige, un dirigeant européen se plaindre de l’Europe, des technocrates de Bruxelles, ultralibéraux, dépensiers, et probablement fraudeurs…

Tout d’abord, parlons de cet adjectif fraudeur… qualificatif ô combien immérité quand on connaît l’Olaf et le nombre de contrôles hallucinants auxquels sont soumis les fonctionnaires européens.

La question à ne jamais poser d’ailleurs à un dirigeant (national) européen prompt à faire la leçon est pourquoi il ne s’engage pas à mettre en place autant de contrôles chez lui…


« pourquoi les états membres exigent-ils de l’administration communautaire le respect de principes et de normes (éthiques, budgétaires, fonctionnelles) qu’ils sont eux même incapables de respecter ? » (page 97)
(…) En vertu d’une singulière perversion de l’idéal démocratique, les hommes politiques semblent convaincus que l’imprimatur du suffrage universel les autorise à prendre des libertés avec des règles de la morale ou tout simplement de la décence. » (page98)

Je ne peux qu’en revenir à la constatation que je faisais à Rudy Aernoudt, ou au mot de Churchill : nous avons les dirigeants que l’on mérite… si les gens continuent à voter pour eux, ça en dit tout aussi long sur la population que sur la démocratie… La question de moralité, lancinante revient à chaque discours sur la démocratie... on y reviendra avec Comte-Spontville.

L’autre chiffre que j’aimerais que l’on n’oublie plus : 22.000 (vingt-deux milles). C’est le nombre de fonctionnaires européens. N’oublions pas que les règlements européens représentent 60 à 80% des textes légaux dans les pays d’Europe de nos jours. Que ces 22.000 fonctionnaires travaillent pour 500 millions d’individus… Quel gouvernement national peut s’enorgueillir d’une telle efficacité chez ses fonctionnaires ? Surement pas la Belgique avec ses 20% de fonctionnaires pour 10 millions d’habitants.

Doit-on seulement parler des épreuves de recrutement ? Ultra sélectives et difficiles ? Certes, tout n’est pas rose, mais peu de pays peuvent déjà se targuer d’avoir mené de telle réformes en leur sein.

On peut par exemple citer l’Allemagne qui a lutté, réformé durant dix ans, coupé ses coûts (9% de PIB de dépenses publique en moins !) et pris des mesures de compétitivités drastique tout en sauvant son modèle rhénan. Réformes courageuses mais qui aujourd’hui déploient toute leur raison d’être. L’économie Allemande est à nouveau un moteur de l’Europe.

A défaut de réformes, on pille la richesse produite. Ainsi une des raisons du ressenti d’inflation s’explique par la hausse des prélèvements obligatoire sur le travail… Une autre raison de l’inflation est le refus de la directive services… secteur protégé, ces prix ont fortement augmentés…

Alors, on crie haro à l’Euro, on trafique les indices si ceux-ci n’indiquent pas ce que l’on attend d’eux, on se montre à la télévision on montrant l’évolution du prix du gigot, ah, culture de la communication toujours… Pourtant, les statistiques sont une chose trop importante que pour être laissées à l’appréciation du politique. On casse les thermomètres, on tue le messager, mais le fait reste… on communique juste ce que l’on veut faire savoir… et encore.

La vérité des chiffres est pourtant sans appel : les pays qui ont mené assez tôt les réformes structurelles (assouplissement du marché du travail, libéralisation du marché des produits, modernisation de l’Etat et des systèmes de sécurité sociale (voir le billet consacré à l’Allemagne) imposée par notre nouvel environnement économique ont plus que largement tiré leur épingle du jeu.

Pour les autres, la mise en place de l’Euro « a bloqué l’échappatoire traditionnelle des économies en diffficults : la dévaluation compétitive » (page70).

Je vous passerai par ailleurs l’exemplaire chapitre consacré à la PAC, ou il est démontré que non content de consacrer 40% du budget européen à 4% de travailleurs non compétitifs(produisant 2% de la richesse européenne) et n’ayant aucunement l’envie de se réformer, on apprend que de l’océan de complexité de ses règlements sont aussi nés les plus belles fraudes profitant à quelques nationaux… Lisez le livre, ce chapitre en vaut tellement la peine… Les chiffres sont cruels mais eux au moins sont objectifs ...

Sortir par le haut ?

La proposition de Philippe Riès est de sortir la crise européenne par la haut en s’inspirant de ce que nous avons déjà réalisé en matière de politique commerciale.

C’est sensé quand on sait qu’il s’agit du seul terrain où l’Europe est première mondiale, du seul terrain où l’Europe parle d’une seule voix, du seul terrain où l’Europe fait céder les Etats Unis dans des négociations d’égal à égal.

Cela consiste aussi à re-donner un rôle moteur à la Commission et non plus un rôle de secrétaire du Conseil. Pour ce faire, il faudra donner les moyens à la Commission Européenne de remplir ses missions… et de lui en faire endosser de nouvelles. Nous avons urgemment besoin d’une politique étrangère commune et unique, besoin d’une politique économique et de croissance simplifiée et unifiée. Parlons aussi de la politique énergétique… qu’y a-t-il de moins commun que cette politique consistant à avoir son « champion national », à sortir du nucléaire pour les uns et installer une centrale à la frontière pour les autres ? t l’approvisionnement en carburant ? Qui ose faire la leçon à la Russie, qui ose se lever comme un seul homme pour gérer ce secteur hautement stratégique ? Personne… on le fait au niveau national, autant que l’on joue au théâtre de marionettes pendant que les Russes, les Chinois et autre grands en sont déjà aux effets spéciaux de Hollywood en 2050…

Il faut cesser de pousser le modèle de coopération intergouvernemental. Ca fait des années que nous le disons, que nous le prônons mais une telle réforme signifie la perte des pouvoirs féodaux de nos suzerains nationaux.

Ce que j’en ai pensé

J’ai été agréablement surpris par le propos du livre, tant dans le fond que dans la forme. L’essai est bien documenté. On sent le penchant libéral de l’auteur mais aussi une sincère conviction pro-européenne. Il évite les lieux (trop) communs et illustre son propos avec la politique française en matière européenne. J’ai appris des choses je ne le cache pas. Maintenant, on sent aussi par moment le petit côté pamphlétaire quand Philippe Riès occulte certains « scandales » européens. Passe sous silence l’évolution positive de certains secteurs et massacre allégrement le secteur des services sous prétexte que celui-ci n’a pu être dérégulé par la directive Bolkenstein. Connaissant un peu le contenu de celle-ci, je me dois de dire qu’elle devait en effet être tempérée pour partie et surement ne pas être appliquée comme telle.

Mais admettons une chose qui est tout de même la qualité du propos de l’auteur, le style et l’organisation de l’ouvrage.

Pour ma part, je trouve qu’il complète bien nos précédentes réflexions sur la démocratie. De Belgique, nous voici en Europe. Je pense que la solution des crises nationales ne passera en effet que par l’Europe et que les Etat nations sont appelés à disparaitre sur le long terme pour faire place à des « régions » qui transcenderont les frontières et qui auront d’ailleurs des limites flexibles. Mais ce sera un autre chapitre…

Je terminerai par quelques extraits du livre en forme de conclusion :

Un demi-siècle après sa naissance, le projet européen est toujours tiré en arrière par une conception dévoyée de la souveraineté nationale.

(…)c’est peu dire que les responsable politiques européens n’ont pas porté leur niveau de jeu à la hauteur du défi. On cherche le début d’une prise de conscience des responsabilités globales créées par l’existence de la monnaie unique (…)

Le traité simplifié, qui prive d’ailleurs Mr Solana (…) du titre de ministre des affaires étrangères, ne changera pas cette réalité : il fera les courses des ministres des grands pays, dixit J. Chirac.

A défaut d’efficacité, la diplomatie de l’Union européenne pourrait avoir des principes, projeter vers le reste du monde les valeurs qui ont présidé à sa création et à son développement.

LES SEULES BATAILLESQUE L’ON PERD A COUP SUR SONT CELLES QUE
L’ON N’ENGAGE PAS.


Il est temps, en Belgique, en Europe et ailleurs que l’on se rende compte de cela. L’avenir passe par une réforme profonde. Il faut oser, il faut se donner les moyens. Alors que les grands groupes industriels se « conglomérisent » pour être plus puissants, faire face à la mondialisation et à la mise en place de grands blocs ultra-puissants, la politique européenne s’atomise sous les coups de butoir de nos suzerains élus… et c’est à nous qu’il revient de changer la donne. La nation d’Europe, le monde attend que l’Europe apparaisse…