mardi 4 novembre 2008

Temps de travail, salaire et retraite

Trop de règles...

Une question récurrente que je me pose est la raison de réglementer certaines choses. Cette question se fait d'autant plus pressante qu'enFrance, on vote une loi autorisant le travail jusque 70 ans, et en Belgique, on parle norme salariale 2009-2010.

Je pense que tant pour le temps de travail que pour la retraite, il doit s'agir d'un choix personnel qui doit être éclairé par les conséquences qu'ils génèrent.

La réforme des pensions ne passera que par la transformation radicale de notre façon d'envisager l'organisation et la rémunération du travail.

Temps de travail

Je serais personnellement très frustré de ne devoir travailler que 35 ou 38 heures... et encore plus, que le fait de travailler plus soit limite punissable vu le taux d'impôts frappant nos heures supplémentaires ou nos bonus/primes.

L'avenir n'est pas à une réglementation sur le présentéisme en entreprise ou sur la durée du temps de travail mais sur l'adéquation entre besoin de l'entreprise et besoin du travailleur. Une constante dans les deux en général : la demande de flexibilité. Imposer 38 heures par semaine, c'est faire l'impasse sur le fait qu'on a des activités cycliques, des périodes de hautes charges et des périodes creuses.

Pourquoi ne peut-on ainsi pas négocier en bonne intelligence des horaires variables?
Par exemple 48 heures semaine en période de rush, 30 heures en période creuse?
Pourquoi ne pas imaginer que je n'ai pas besoin de travailler plus de 22 heures en été mais prêt à en faire 50 en hiver? Le tout bien sur avec un salaire qui peut varier tout autant.

Pourquoi n'aurais je pas le droit à décider de travailler, tant que je suis jeune, en forme et en bonne santé, une cinquantaine voire une soixantaine d'heures par semaine? Et au fil de la vie, selon les circonstances, adapter notre rythme de travail. C système serait compatible avec, par exemple, un système de point donnant droit à une part de retraite. Et vous pourriez ainsi accumuler les 'points retaites' à votre rythme et selon votre besoin.

Ainsi, heureux Papa, pourquoi ne pas avoir la possibilité, outre quelque jours de congés, d'adapter facilement ses horaires et son temps de travail? Avec adaptation du salaire bien entendu.

Puis quand les enfants grandissent, se remettre un peu plus à fond dans le travail. Tout comme, l'âge de la retraite approchant, une adaptation du temps de travail devrait être prévue pour tenir compte aussi de la santé physique, de la motivation moindre etc. et autoriser les gens à travailler trois quart temps et d'avoir un rôle de coaching par exemple.

Cette flexibilité doit aussi permettre à l'employé qui le désire en accord avec la société qui l'emploie de travailler plus tard s'ils le souhaitent tout deux. Et ce... sans préjudice des points retraites accumulés... Qu'il peut sit commencer à percevoir en sus de son salaire, soit continuer à capitaliser pour plus tard...

Evolution salariale

Aujourd'hui, ce genre de chose est impossible de par les règlements et de par les lois sur les salaires qui empêchent une ré-adaptation du salaire vers le bas. Aujourd'hui, un salaire ne peut évoluer que vers le haut car, pense-t-on, l'ancienneté le justifie. Pourquoi ne pas lier plus le salaire à l'implication dans la société, aux résultats générés etc.


La courbe de votre salaire aujourd'hui, ressemble à la courbe suivante:



La flexibilité, l'évolution salariale new generation (voir graphique projection) permettrait cette évolution.



Un avantage concret de la méthode permettrait une meilleure adéquation des revenus aux besoins réels des personnes.

Je m'explique...
24-25 ans : on termine ses études, on commence à travailler, on a besoin d'un logement. Le problème, c'est que vu la vitesse de l'évolution salariale, et la contrainte "d'ancienneté", l'employeur ne peut aujourd'hui vous augmenter autant que vous le mriteriez peut être. Son souci, il n'a pas moyen de redescendre le barême après. Bref, vous bossez comme un fou mais ne vous sentez pas reconnu. En prime, vous ne savez pas vous prendre entièrement en charge.
Avec le nouveau système, votre salaire croît plus vite et vous pouvez prendre plus facilement et rapidement votre envol

28-35 ans : Vous vieillissez, vous avez enfin un logement, c'est pas facile, il faut le financer, mais ça passe. ... Arrivent les premiers enfants, les couches, les crèches,... vous êtes à nouveau sur la corde raide. Heureusement, votre salaire avait commencé à grandir. Vous êtes éduqués,formés, compétents et ultra motivé.
Avec le nouveau système, vous parvenez à tout assurer en même temps, vous savez toujours vous offrir quelques loisirs et même épargner pour les temps plus durs ou pour votre pension.

35-45 ans : votre salaire décole enfin, les enfants grandissent, pas encore d'études à financer. Tout ça va bien. Vous calmez votre ardeur au travail. Vous êtes compétents, éduqués, avez de l'expérience (qui pallie la baisse de motivation) mais vous impliquez moins dans la société. Votre vie de famille prends un peu le pas sur le boulot.

45-55 ans : si vous avez de la chance, vous avez toujours un boulot. Les enfants grandissent et entament leur parcours académiques supérieurs. Pour un peu, vous devez aussi financerla voiture et le kot en sus de votre propre domicile. Les contraintes de la vie ne vous laissent pas souffler, vous avancez mais votre revenu parvient à boucler vos fins de mois, enfin quelques loisirs.
Dans le nouveau système, vous êtes au pic de vos revenus, vous parvenez à assumer ce train de vie sans soucis et à assurer l'avanir de vos enfant sans hypothéquer le votre. Dans quelques temps, votre salaire va diminuer, pas de soucis car d'autre part, votre prêt hypothécaire touche à sa fin.

55-65 ans : Les enfants prennent leur envol, vous commencez à lever le pied. Ce n'est pas très bien vu dans la boîte qui a le courage de vous employer... Vous êtes au pic de votre salaire, vous êtes moins motivés, vous avez moins de besoins, vous commencez à lorgner vers votre pension. Vous avez de très hauts revenus mais ne savez quoi faire de tout cet argent. Il aurait pu arriver plus tôt.
Quant à la pension, oui, vous y pensez, mais vous préféreriez un passage graduel, lever le pied, et éventuellement même continuer 1 jour par semaine après...mais la loi ne vous l'autorise pas.
Dans le nouvau système, vous travaillez à temps partiel et à des tâches d'encadrement, passage de connaissances coaching. On ne vous cote plus à la performance mais plutôt au savoir que vous partagez. Vore salaire a diminué mais votre maison est payée, vos enfants ont fini leurs études. Vous avez votre épargne, vos revenus sont corrects. Votre employeur est content aussi, il garde un talent, un talent satisfait qui plus est, et qui ne coûte pas les yeux de la tête. De par la flexibilité, le senior reste motivé...

Etc etc. c'est un peu caricatural, mais c'est à ça que devra ressembler lemonde du travail de demain.
Cette évolution ne sera rendue possible que par une croissance plus rapide et précoce de votre salaire, une stagnation et une légère décroissance en fin de carrière. En global, le volume sous les courbe reste le même mais il vous a permis de mieux vivre, plus tôt, d'économiser, de ne pas être la corde au cou aux étapes clés de votre vie.

C'est une formule gagnante pour tout le monde. Pour vous car il y a une meilleure adéquation entre vos revenus votre parcours de vie. Pour votre employeur qui est moins tenté de vous virer en fin de carrière ou de vous prépensionner, votre salaire n'est plus un obstacle mais un atout, il y a un meilleur transfert de connaissance, etc

La pension

Il doit d'ailleurs en être ainsi de notre pension, et à cet égard, le système français va dans le bon sens me semble-t-il.

Si un âge légal de départ à la retraite doit offrir la garantie à tout un chacun de pouvoir à cette date butoir prendre sa retraite, on doit aussi offrir un peu de flexibilité aux gens.

Si une personne veut continuer à travailler, oui, elle doit avoir ce droit sans être "punie" pour ça. En Belgique, un retraité n'a le droit que d'arrondir ces fins de mois... et encore... vu les montants autorisés, il vaut mieux encore travailler en noir. Alors qu'autoriser les personnes à continuer à travailler permet à celle-ci de continuer à se sentir utiles, à s'offrir des choses qu'elles n'auraient pu avec juste leur pension (et donc de payer aussi la TVA) ... et comme il s'agit d'un salaire, de payer un impôt sur le revenu. Résultat.. même l'Etat sort gagnant de ce nouveau contrat.

Le système de points que j'ai brièvement évoqué dans cet article permet à chacun de travailler selon ses envies et d'adapter son rytme de travail tout en prévoyant son futur. Il sait combien de points il a besoin pour recevoir une pension... tout comme le montant dont il disposera le jour de sa retraite. Cela suppose aussi un passage à la pension par capitalisation...

Paradoxale augmentation de l'âge...

Aussi bonne devrions nous considérer l'idée d'autoriser si la personne le souhaite, le travail après 65 ans, autant il est paradoxal d'entendre que celà doit permettre d'assurer les pensions futures. Sauf votre respect, cela n'assure juste rien du tout. Le système de retraite par répartition est mort. Seule le passage à la retraite par capitalisation peut nous sauver.

Car à quoi bon autoriser (et ensuite augmenter l'âge légal) le travail après 65 ans quand le taux d'emploi des soixantenaires est de 16%en France. Seul 38% des plus de 55 ans ont encore un emploi. Qui donc va profiter du système?

Réforme insuffisante!

La réforme pour intéressante soit -elle se plante complètement et va rater son objectif!

1. Elle se destine à une minorité. Le taux d'emploi des plus 55 ans est dramatiquementbas. Plutôt que proposer au plus de 65 ans de continuer à travailler, l'Etat doit inciter les entreprises à conserver et à embaucher les plus de 45-50 ans.

2. Cette incitation à l'embauche et au maintient des "seniors" en entreprise ne passera que par une refonte de notre système salarial. Le plus grand péchés des aînés sur le marché du travail est leur prix et leur fatigue légitime.

3. Cette adaptation du système salarial passera aussi par une revue de notre mode d'organisation du et au travail. Une plus grande flexibilité va être demandée de part et d'autre (employeur et employé). Si cela se passe en bonne intelligence, tout le monde sortira gagnant.

4. Il faut aussi interdire les pré-pensions et limiter la durée des allocations de chômage dans le temps. Les premières car elles permettent trop facilement aux entreprises de se "débarrasser" des plus âgés sur le compte de la société, les deuxièmes car elles n'incitent nullement à rester actifs sur le marchés de l'emploi.

5. Ces réformes ne sont possibles qu'avec un véritable partenariat avec les syndicats. Ce partenariat n'est possible que si les syndicats représentent les travailleurs... et exclusivement les travailleurs. Il est donc hors de question de continuer à financer les syndicats par rapport au nombre de chômeurs.

mercredi 15 octobre 2008

Avoir tort ne donne pas raison à l'autre...

Je dis ça parce que l'empapilloné du Boulevard de l'Empereur semble jouir d'une possibilité de justification du socialisme par la négation du libéralisme (voire du capitalisme vu qu'il confond tout).

Tout comme André Comte-Spontville déniait au capitalisme le droit de se justifier par l'existence même du communisme et de ses horreurs, le socialisme ne se trouve pas justifié par la déroute économique actuelle.

Commission d'enquête...

Le PS local demande donc une commission d'enquête parlementaire pour débusquer les responsables de la crise actuelle (vous avez remarqué cette tendance à trouver des responsables pour tout?).


"Ces experts, payés chèrement, qui connaissent le système mondial mieux que quiconque ne pouvaient-ils pas envoyer des signaux?"
Est-il utile de signaler que la crise est mondiale, trouve son origine aux Etats Unis et que la petite Belgique est peut être mal placée pour donner des leçons de bonne gestion. De plus, au niveau des responsabilités et des origines, de l'effet domino etc, de nombreux experts se sont déjà largement exprimés... est-il besoin d'une commission en plus? Ne pourrait-on utiliser les parlementaires à des choses plus utiles?

Mais soit... si pour lui les responsables de la crises peuvent être trouvés et si Didier Reynders et le MR doivent être considérés comme étant ses responsables (d'une crise mondiale originaire de l'autre côté de l'Atlantique?) alors pour moi, je ne comprends pas qu'il dise être toujours innocent des affaires de Charleroi et des affaires issues de son propres partis... Elio n'aurait-il pas reçu les signaux que quelque chose était pourri dans la barronie du Hainaut?

Bon, les "affaires" n'exonèrent pas le crash actuel. Mais je pense que si nous pouvions prévoir les gros soucis de Fortis à cause du rachat pour raison d'égo d'ABN, pour Dexia, KBC et les autres banques belges, non, ils ne pouvaient faire plus que ce qui a été fait. C'est à dire des signaux depuis plus d'un an qu'une crise liées aux prêts subprimes arrivait. C'était dans les journaux. Et quoi? Pouvait on interférer pour autant dans les affaires des banques américaines?

Pour le reste, Dexia, KBC, et même Fortis, ce sont, ça reste des banques foncièrement saines victimes de spéculations boursières.

Effondrement libéral

Elio entretient soigneusement la confusion entre capitalisme, libéralisme et ultra-libéralisme (tout comme d'autre celle entre socialisme et communisme...) quand il dit :


Nous vivons depuis 10 ans avec un concept selon lequel il faut réduire à sa plus simple expression l'autorité publique ainsi que tous les mécanismes de régulation
... mensonge que cela... Les libéraux ne prônent pas de réduire l'Etat à ses fonctions régaliennes (ce serait plutôt le fait de l'ultra-libéralisme).

On constate que dans toute une série de domaine nous avons connu une évolution technique permettant d'augmenter l'efficacité de l'administration. Ainsi, est-il nécessaire de conserver 820.000 fonctionnaires? Nous sommes les recordmen européens en nombre de fonctionnaires par habitant... est ce à dire que les autres pays son mal gérés?

Moins de régulation? Vu le nombre toujours croissant de pages du Moniteur Belge, je crains que ce ne soit pas la voie choisie... Ce serait pourtant une bonne chose dans certains domaines... tout comme le contraire dans d'autres domaines.


"aujourd'hui, les banques s'effondrent et avec elles, l'idéologie libérale".
N'en déplaise à Elio, la banque existe depuis des centaines d'années. Je ne vais pas faire un cours d'histoire sur la question, toujours est-il que force m'est de constaté que la banque a existé quelque soit le régime politique. Parfois elle fut certes nationalisées comme ce fut le cas en France mais ... il n'en reste pas moins que la banque est dénuée d'appartenance idéologique. Même Arlette Laguilier travaille d'ailleurs au Crédit Lyonnais...

La banque n'est pas là pour défendre des valeurs libérales ou socialistes, la banque est un rouage essentiel de notre économie. Elle travaille pour ses actionnaires. Généralement pour servir au mieux les actionnaires, il faut qu'elle serve au mieux le marché.

Que pourrais-je dire moi de notre Etat qui avait réussir à faire atteindre à notre dette publique 130% de son PIB? N'importe quelle société privée aurait été mise en faillite.
L'Etat ne pu être mis en faillite car il lui suffit de ponctionner un peu plus le citoyen. Alors facile de critiquer les banques quand on est soit même un piètre gestionnaire mais... qu'on ne peut être mis en faillite ou rendu responsable...

S'il y a une différence à retenir c'est que dans le libéralisme, les sociétés privées et les individus sont responsables et responsabilisées dans leur gestions et leurs actions. Dans le socialisme, l'Etat ou l'individu ne sont compris que comme une masse où tout le monde donc personne n'est responsables, où il n'y a aucune notion de bonne gestion et de bonne gouvernance.

Le code de gouvernance des entreprises est certes imparfait, mais il vaut toujours mieux que pas de code du tout...

Avoir honte d'être...

Aujourd'hui, on sort l'adjectif libéral ou socialiste comme une injure... dans un cas comme dans l'autre je trouve ça très triste et dénué de sens. Personnellement, quand je tire sur les socialistes en Belgique c'est pour le motif qu'ils ne sont souvent socialistes que dans leurs discours. C'est aussi parce que ma façon de voir le bien commun et ma vision du "comment" y parvenir ne colle pas avec la leur.

Je crois que l'intérêt commun n'est pas l'apanage socialiste et que ma conviction profonde est que le libéralisme est par essence social... et qu'en sus de cet aspect là, il prend nettement plus en compte l'être humain et son épanouissement que le socialisme. Mais ce n'est pas pour autant que 'socialiste' est un gros mot.

Par contre se servir de son cerveau pour sortir des âneries et le faire consciemment (je rappelle que monsieur est docteur en sciences donc a priori suffisamment éduqué que pour éviter les propos approximatifs) est impardonnable.

Solution d'avenir

Et notre ami au noeud papillon de nous dire que "le socialisme est une solution d'avenir"
Face à la faillite du libéralisme, le socialisme est "moderne" et incarne une "solution d'avenir", a clamé Elio Di Rupo. Selon le président du PS, le socialisme "est le seul capable de concilier progrès social et développement économique", là où, selon lui, "le libéralisme s'avère incapable de générer spontanément du progrès social".
A ce jour, et dans l'histoire de l'humanité, le système le plus performant pour créer le progrès n'est ni le socialisme ni le libéralisme, c'est le capitalisme. Le socialisme ou le libéralisme sont la couche que l'on met au dessus pour pallier aux imperfections, ou plutôt à l'intransigeance du système aveugle (comme on met un matelas pour palier à l'intransigeance de la gravité, elle est aveugle la gravité comme l'est le capitalisme, ils ont des lois et les suivent).

Bref, et ma conviction est que plus on est proche du capitalisme, plus on obtient un système performant (mais amoral et tenant moins compte du facteur humain) et que le meilleur compromis se situe dans le libéralisme.

Pour que le système fonctionne, il faut tant que faire se peut libérer les facteurs de production (capital, ressources humaines, environnement légal...) tout en l'encadrant pour qu'il reste conforme à une norme éthique commune et dispose d'une légitimité dans ces moyens.

Actuellement, les contraintes légales encadrant tant la création, l'innovation que la gestion d'entreprises sont telles qu'elles augmentent l'incertitude plus qu'elle ne la réduisent. Au point que parfois le danger n'est pas dans votre gestion ou votre environnement concurrentiel mais dans vos rapports à l'Etat. La confiscation des moyens de production par le biais d'impôts et taxes rendent le système sous régime socialiste si peu rentable qu'il finit par ne plus produire, par ne plus rechercher le profit... Or sans recherche de profit et de lutte contre la concurrence : aucun progrès social, aucune innovation, aucune concurrence, aucune amélioration de la qualité.

Autre exemple intéressant, les Etats Unis sont un des pays les plus innovants, nos cerveaux les plus brillants s'y rendent pour participer à des projets de recherche dont les moyens sont sans communes mesures avec ce que l'on peut connaître en Europe. Alors certes, le système américain est bien imparfait, mais les crédits de recherches sont néanmoins souvent privés. Non, il n'y a pas que l'Etat qui est capable de se préoccuper de recherches, de bien social etc. Avez vous vu le nombre de fondations et leurs moyens aux USA? Avez vu quelque chose de semblable en Europe? Pourtant, les Etat Unis ne sont pas socialistes.

La Rupture...
Répétant sa volonté d'une meilleure régulation du monde économique et d'un contrôle du monde financier, Elio Di Rupo a invité les militants socialistes à rester vigilants. Il faut s'organiser en une véritable "force de progrès pour éviter le retour de ces gens", a-t-il dit, appelant syndicats, mutuelles, secteur associatif, bénévoles et militants à se mobiliser avec les socialistes pour "fédérer" tout le pays dans cette gestion de "rupture" avec le système actuel.
En parlant de rupture, je me demandais si Elio pensait sérieusement ce qu'il disait... étant donné que les écuries d'Augias socialistes me semble encore particulièrement pleines.

Où est la rénovation? Où est le changement? Quand je vois certains mandataires politiques socialistes dont le cabinet de réviseurs engrangent contrat après contrat auprès des instances publiques qu'ils contrôlent, je m'interroge.
Quand on accepte de mandataires socialistes qu'ils signent des contrats engageant toute une région pour des millions d'euro sans même lire lesdits contrats parce qu'ils sont en Anglais et qu'on ne comprend pas l'Anglais, je m'interroge.
Où est la rupture tant annoncée et tant prônée? Où sont les rénovateurs?

Si le libéralisme a fait ses preuves en matières d'entreprises et de créations d'emplois, que les syndicats si prompts à donner des leçons de gestions me montrent quels entreprises et quels emplois ils ont créé? En tant qu'entrepreneurs, je suis fatigué de lire ce mot comme l'équivalent d'inhumain, d'exploiteur ou de fraudeur. Moi je travaille, je produits de la richesse, je paie des impôts. Avec pour résultat entre autre que j'aurai une pension inférieur à une personne ayant chômé toute sa vie... C'est ça le socialisme?

Les emplois créés par les syndicats tels les délégués permanents sont payés par les entreprises qu'ils combattent... un non sens n'est-il pas?


"Ne croyez pas qu'ils vont se laisser faire. Ils ont quémandé l'Etat", et aujourd'hui ils sont "à Monaco! ", a dit le président du PS, en référence à un lunch organisé vendredi par la branche Assurances de Fortis dans le plus somptueux palace de la principauté et à un événement similaire mis sur pied par Dexia.
De fait, Fortis Insurance, non touché par la présente crise a organisé un dîner pour 150.000 euro (d'autres citent des chiffres inférieurs). Dexia itou...
Cela n'a aucun rapport avec le besoin de capitaux...

Au demeurant, tant qu'à citer des chiffres... est-il besoin de rappeler que le gusse socialiste, ministre des sports, a, à ce jour, rentré pour 75.000euro de notes de frais pour lui tout seul aller se pochtroner à Pékin? Pour rappel ça, ce sont 75.000euro pour lui tout seul... les 150.000euro de Fortis sont partagés entre des courtiers qui génèrent de la richesse et donc permettent de financer les gabegies étatique...
Toujours chez le même ministre (merci Phineas!):
Pour Francorchamps, il (M. Daerden) remet le couvert en paradant aux nombreuses tables [17 rien que ça !] réservées au nom de la Région wallonne dans les salons VIP de l’Eau Rouge à 2500 € le couvert le week-end de 3 jours. Sans la moindre gêne, alors que le Grand Prix réalise l’exploit de faire 5,5 millions € de déficit en 2 ans. C’est le même Daerden qui avait déjà investi plus de 15 millions € pour remettre le circuit à neuf.

N’importe quelle société privée aurait arrêté les frais devant des résultats financiers aussi catastrophiques. Mais ici, on s’en fiche : c’est le contribuable qui paie l'addition finale...
Et puis, ce GP, vous comprenez, c’est tellement bon pour l’image de la Wallonie.

Alors, le dîner "libéral" à 150.000euro, sur des deniers qui ne sont pas publics (je rappelle que l'Etat n'a pas subisidié Fortis ou Dexia, il prend part au capital avec en échange des dividences, un droit de vote etc) comparé aux 75.000euro de Pékin, aux 17 tables de Francorchamps financés eux sur l'argent public, il y aurait bien des choses à dire.

La crise économique n'est pas le triomphe du socialisme ni la mort du libéralisme!

Si j'ai tort quand je dis que 1+1=4, cela ne signifie pas que vous aurez raison en disant que 1+1=0...

Ce qui m'offusque le plus c'est la désinformation permanente que subit le public, cette pré-campagne électorale mensongère et relayée par les journaux, les chaînes de télévision sans mise en perspective est lamentable.

Le libéralisme n'est peut être pas le meilleur des systèmes, mais à ce jour et en Belgique, il ne trempe pas dans une montagne d'affaires comme le parti socialiste.
Se gargariser d'une crise, externe au parti libéral et touchant tous les systèmes, socialistes comme libéraux montre bien le rideau de fumée que l'empapilloné tente de dresser entre son parti et les affaires qui ne s'arrêtent pas.

La crise ne signe pas la mort du libéralisme mais une crise de régime et une nécessité d'adaptation des règles qui régissent le système c'est certain. Elle est surtout très utile à la gauche pour masquer son incapacité latente à créer elle même de la richesse. Elle critique le libéralisme mais s'en sert pour pour créer la richesse à confisquer et à redistribuer.

Je reviendrai dans un post futur sur les tracas et les contrôles qu'un indépendant, un entrepreneur, un employeur subit tous les jours et les amendes incessantes qui le menacent comparées à l'encouragement au chômage que l'on retrouve sur les sites syndicaux... au manques de contrôle ou de pointage des chômeurs...

lundi 13 octobre 2008

Leçon d'économie et de politique...

En ces temps troublés de crise où des empapillonés ne pensent qu'à hurler à la mort du Libéralisme, voire du Capitalisme... j'ai trouvé l'édito de Michel Konen dans La Libre de ce jour particulièrement pédagogique. Le fait que l'empapilloné soit président de parti et homme de sciences diplômé me déçoit énormément. Ses discours actuels sont populistes, démagogique et oublient ce que ses diplômes sont sensés lui avoir appris : des faits, de l'objectivité et de la rigueur. A son égard, une petite leçon d'économie et de vocabulaire s'impose.

Je me permets donc de vous publier cet excellent édito...

On entend des voix qui s'élèvent aujourd'hui pour signer la mort du libéralisme et appeler l'Etat à jouer un rôle plus déterminant dans la gestion de l'économie et des finances. C'est oublier le sens des mots.

Le capitalisme est un système économique et social fondé sur la propriété privée des moyens de production et d'échange. Il se caractérise par la recherche du profit, l'initiative individuelle, la concurrence entre les entreprises. L'humanité n'a pas connu de système aussi puissant pour assurer son développement. Elle n'a pas connu non plus de système qu'il faille autant réguler pour éviter les abus.

Le
libéralisme est une doctrine économique et politique qui tend précisément à réguler les excès du capitalisme. Selon elle, l'état ne doit pas gêner, par ses interventions, le jeu de la libre concurrence. Il doit au contraire permettre à celle-ci de s'exercer pleinement en évitant, en particulier, les régimes des monopoles.

Le
socialisme se définit par la condamnation de la propriété privée des moyens de production et d'échange pour aboutir au communisme avec la collectivisation de ces moyens de production.

L'économie est comme un réseau routier sur lequel circulent les voitures.
-Le capitalisme laisse les véhicules se débrouiller seuls : que les camions écrasent les autos puisqu'ils sont les plus gros.
-Le libéralisme consiste à réguler le réseau en inventant le code de la route, par exemple. Ce qui n'empêche pas les accidents (les crises) mais n'empêche pas non plus chacun d'aller où il l'entend au volant de son véhicule.
-Le socialisme veut mettre un chauffeur dans chaque automobile quand il ne veut pas obliger les citoyens à n'utiliser que le car collectif.
-Le communisme, lui, vous impose l'heure et le lieu de départ tout comme le lieu d'arrivée.

La crise actuelle doit créer un code de la route collectif, pas une appropriation collective des moyens financiers. L'intervention des Etats ne doit être que provisoire et circonstancielle. Sous peine de voir régresser les libertés !


Merci Michel pour cet édito qui remet quelques pendules à l'heure et réexplique la pensée économique et sociale de chacune des tendances.
Merci d'avoir rappeler que le capitalisme, comme la gravitation, ne sont que des systèmes...

jeudi 9 octobre 2008

Ce n'est plus une crise de confiance!

Ca devient aujourd'hui de plus en plus clairement une crise spéculative...

... De fait, voici déjà quelques temps que je vous bassine avec une "crise de confiance"... Si ce fut le cas, j'ai tout doucement l'impression que nous sommes en train, depuis quelques semaines, de changer radicalement la nature réelle de cette crise. Et ce, pour des motifs bassement mercantiles. Décodage.

Les Origines.

Au commencement, nous avons la crise des "subprimes".
En cours, les banques américaines vendent des crédits à des gens qui ne sauront pas les rembourser.
On planque le tout via une titrisation. On fourgue le tout au marché. On assure le reste...
Arrive le jour où, bien sur, les preneurs de crédits ne peuvent plus rembourser.
Ce jour là, l'impact va toucher :
  • les banques américaines vu que les clients ne remboursent plus leurs dettes.
  • les assureurs (AIG) qui avaient assuré des risques mals évalués
  • les banques du reste du monde qui ont acquis les titres pourris.

Les banques américaines vont rencontrer un problème de liquidité et de solvabilité. Pas de secret, c'est la faillite sauf si l'Etat rachète ces banques.

Les banques du reste du monde (ou même les rares américaines qui n'ont pas trop misé sur les CDS, CDO et autres titres pourris) vont acter des moins values dans leurs comptes. L'impact se retrouve au niveau bilan (dû à cette satanée norme IFRS que je conteste depuis des années) et dans une diminution de fonds propres. Néanmoins... elles devraient pouvoir traverser cette crise!

Le Domino... spéculatif

Mais voilà... Si les banques américaines connaissent un problème de liquidité et... de solvabilité, la crise débarque quand même en Europe. Les différentes banques actent les moins values. Ca ne fait certes plaisir à personne certes mais l'ensemble est sain, nous sommes en bonnes positions pour traverser sans trop de heurts.

Il faut ensuite différencier les cas... car si tout le monde s'accorde sur l'origine... les conséquences n'ont pourtant pas la même origine...

Fortis et la confiance

Fortis s'est embourbée dans un rachat disproportionné comparé à sa taille. Sa grande erreur n'est pas tant le rachat que de l'avoir bouclé sans avoir bouclé son financement... Il lui restait plusieurs milliards à trouver quand la crise américaine éclate.

Devant l'incertitude et la méconnaissance des risques réels encourrus par chaque banque, la marché des liquidités s'asèchent, Fortis ne parvient plus à boucler le financement, c'est le début de la fin.

Crise de panique et de confiance, on ne prête plus à Fortis... qui achève bien tristement sa vie démantelée entre différent pays.

Mais est-ce bien là LA vraie et seule raison?

Dexia, KBC et les autres...victimes spéculatives

Si Dexia est touchée par le subprime via sa filiale FSA (héritée rappellons-le des... Français du Crédit Local, je préfère le rappeler vu que les Français accusent la Belgique dans la gestion...), il n'en reste pas moins que la société Dexia est saine.

Elle a un très solide ratio de solvabilité, contrairement à ses consoeurs américaines, elle recueille aussi les dépots, elle n'a pas investit dans les subprimes (sauf FSA et encore, c'est du rehaussement de crédit).

Malheur, Paulson décide de faire couler Lehman Brothers, elle victime de la crise de confiance. Les banques saines qui ont investit dans des produits de banques saines tel Lehman se retrouvent le bec dans l'eau. C'est le déclenchement de la guerre spéculative.

Car, et alors même que tout le monde crie "ayez confiance, Dexia est saine!", on lui coupe l'accès aux crédits...

Fortis, même si partiellement victime de l'ego de ses dirigeants et du manque de liquidité, de la "crise de confiance", je note que l'issue de son histoire n'est pas négative pour tout le monde. En vrac, ABN retourne en Hollande à moindre coûts, l'Etat hollandais rafle Fortis NL pour une croute de pain, l'Etat Belge fait une plus value potentielle de plus de 1 milliard d'euro et BNP rachète Fortis (sans la partie Toxique que l'on délaisse aux petits actionnaires!) pour à peu près rien...

...sans la partie toxique...

Et si donc, cette crise de confiance n'était là que pour légitimer des choses bien moins avouables? S'il y avait un agenda caché? Loin des théories du complot, le scénario est de plus en plus à envisager.

1. Crise de confiance? Non, crise spéculative!

Vous la voyez où vous la crise de confiance? Voyez-vous des files aux guichets des banques? De retraits massifs? Des émeutes pour récupérer de l'argent? Non. Il y a certes d'après mes informations plus de passages dans les agences, plus de retraits qui sont de toute façon recaser dans d'autres banques, mais de vraie panique? Non.

Qui panique? Le gouvernement belge quand il brade Fortis et accepte que l'on jette Miller comme un malpropre.

Bref, si crise de confiance il y a, elle n'est pas chez le particulier. Alors... les institutionnels? Ceux là même qui nous disent "N'ayez pas peur! La Banque machin est saine! La Banque truc est solvable"? Non... car ils ont raison... Mais... ils ne prêtent malgré tout plus leur argent...

Pourquoi? Par manque de confiance? J'aurais de moins en moins tendance à le penser. Aujourd'hui, mon hypothèse est de plus en plus que certains vont réaliser une remodelage complet du paysage bancaire à moindre coût!

Ce qu'ils n'ont pu obtenir par OPA, ils l'auront par l'assèchement du crédit! Comme aux bons vieux temps moyennageux, rien de tel qu'un bon siège, un bon blocus pour amener l'ennemi à céder...

2. Assainissement à peu de frais

L'objectif secondaire de l'opération est, après avoir récupéré la cible, de laisser les petits actionnaires avec la partie "toxique".

C'est l'étape la plus intéressante et la moins éthique du processus. On récupère les patie rentables en prenant en sus l'habit de "chevalier blanc" mais on éjècte toutes les crasses. Comme pour Fortis, on va laisser la partie "toxique", "pourrie", risquée aux petits actionnaires. Ces parties partiront probablement tôt ou tard en faillite. On va juste limiter les dégats en essayant de récupérer les créances qu'on peut. Le reste, ce sont les petits actionnaires qui en font les frais

C'est une manière crapuleuse de dire "vous êtes actionnaires, assumez le risque" alors même que les gros actionnaires institutionnels ne l'ont, eux, pas assumé. En somme, si vous êtes petits, démerdez-vous!

L'objectif n'est pas de sauver les petits actionnaires, l'objectif est d'assainir rapidement et à moindre coût le marché financier.

3. Terre d'essai?

A cet égard, la crise ne fait que commencer en Europe. Je pense qu'elle va durer 8 mois à un an maximum. La Belgique pourrait servir de ballon d'essais.

Je ne crierais donc pas victoire dans les autres pays... la pseudo crise de confiance, véritable crise spéculative n'en est qu'à ces début. Et les prêts massifs des Banques Centrales n'y changeront rien car les "spéculateurs" n'ont cure de la solvabilité des banques.

Par spéculateurs, il faut comprendre les autres banques qui ne prêtent plus aux autres, tout en les sachant saines, dans le seul but de faire leurs emplettes à moindre coût. Avec probablement la complicité des gouvernements qui le font dans le but, non avoué, d'assainir aussi rapidement que possible le marché financier.

Pour moi, la seule vraie victime de la crise de confiance est Lehman Brothers. Après, c'est le déclenchement d'une offensive massive sur les valeurs bancaire dans un but de restructurations du paysage.

Ce ne sont bien sur que pensées et conjectures personnelles... et votre avis, même contraire, est le bienvenu...

lundi 6 octobre 2008

Agence de Notation ou Critique Facile...

La Libre m'apprend ce soir que la célèbre agence de notation Standard & Poor's a modifié la perspective associée à la note à long terme de BNP Paribas. Celle-ci passe de "stable" à "négative".

Fort bien... j'ai juste envie de dire : "la critique est facile mais l'art est difficile". Or, il se fait qu'ici l'art n'est point de prédire mais de faire.

Crise Septennale

Il faut d'abord et avant toute chose signaler que cette crise est un phénomène économique normal. Certains vont diront qu'avec plus de régulations ça n'arriverait pas, que le grand capitalisme est malade etc etc. Balivernes que cela, ce n'est pas le capitalisme qui est malade. Il ne peut pas, il n'est qu'un système, comme la gravitation est un système en physique newtonnienne. Vous conviendrez avec moi que personne n'a jamais dit que la gravitation était "malade".

Le problème, c'est l'être humain... L'être humain est, pardonnez-moi, moyennement bête, suroptimiste, orgueilleux et amnésique. Il est toujours persuadé d'être plus intelligent que son voisin, d'avoir trouvé la martingale et qu'au pire, il va se "refaire".

Ici, on pensait avoir découvert le moyen de faire une montagne d'argent avec des dettes... il y a sept ans, on croyait à la croissance infinie grâce à la nouvelle économie, on a joué avec l'immobilier comme on a joué avec les valeurs internet.

Nous sommes amnésiques car il y a sept ans, nous avions aussi tous les signaux dans le rouge, nous avions aussi des voix insistantes qui signalaient que nous avions une bulle qui allait éclater et nous ne les avons pas on plus écoutées...

L'être humain est ainsi fait qu'il causera des crises économiques tout les septennats, c'est inévitable.

La régulation?

Ne croyez pas qu'elle apportera une solution à nos problèmes de manière durable. Que n'avons nous entendu en 2001 : "Ca nous a servi de leçon!" "On ne nous y reprendra plus" "On va mettre des systèmes de contrôle en place" etc.

De fait, nous n'aurons probablement plus une crise dûe aux subprimes... mais nous aurons une autre sorte de crise, causée par une autre "martingale", par l'amnésie et la surdité de l'homme. Si d'aventure nous mettions en place un système régulatoire fort, trop fort oserais-je dire, proche de l'autoritarisme d'un état qui se voudrait "éclairé", nous n'aurons peut être pas de crise dans sept ans, mais nous ne connaîtrons pas non plus croissance, progrès ou innovation. Nous entrerons dans une société stagnante, dans le "non-changement"... or tout ce qui est immobile est appelé à mourir.

Agence de notation et amnésie

Mais, après cette disgression en réponse aux appels pressants à la régulations, revenons-en à notre agence de notation...

Reprenons donc la dépêche et commentons là.

Si les notes à long terme "AA+" et à court terme "A-1+" de BNP Paribas sont actuellement confirmées par Standard & Poor's car elles reflètent la solidité de son profil opérationnel et de son profil financier, elles pourraient être abaissées si l'intégration de Fortis présentait des difficultés inattendues et que BNP Paribas ne parvenait pas à rétablir la crédibilité de la marque Fortis, dit Standard & Poor's.

...Bravo... c'est subtil remarquez... Je traduis : votre fils a un bon bulletin, mais si il échouait à son prochain examen, il aura une mauvaise note. C'est ce que j'appelle de la non information. Ca ne m'apprends rien sauf que... BNP est solide (enfin, moi, je n'en suis pas sûr, voir mon précédent billet)
Selon l'agence de notation, la transaction opérée par BNP Paribas est conforme avec la stratégie du groupe sur le marché européen. Le nouveau groupe deviendra la première banque commerciale en Belgique et au Luxembourg. L'opération ne devrait avoir qu'un impact modéré sur le profil financier du groupe mais elle "présente des risques financiers et des risques d'exécution pour l'ensemble des acteurs du secteur bancaire", selon le communiqué de Standard & Poor's.
Notez que si un étudiant me remplit sa feuille d'examen comme ça, il ne risque pas d'obtenir A ... plutôt un F. Je n'apprends rien une fois de plus... sauf que ça va bien quoi.

"Il est essentiel que BNP Paribas rétablisse rapidement l'image de Fortis aux yeux des clients de ce dernier. Si BNP Paribas maintient de bons résultats ainsi qu'un profil de risque stable et que l'intégration de Fortis se déroule bien, la perspective pourrait être ramenée de "négative" à stable", conclut le communiqué.
Donc, dans tout le communiqué, on vous annonce que là, ça se passe bien... mais au final, on va quand même passer la perspective à négative... juste comme ça. Ce n'est pas pédagogique me semble-t-il et est la pire chose que le marché aurait pu entendre. Puis ptêtbien que, en fonction du vent et de la procréation des Iguanes en Terre Adélie, nous pourrions si, l'herbe pousse drue et verte, éventuellement et sous certaines conditions que nous ne pourrions vous préciser, penser à revoir la note à "stable". Je vais rester poli mais je ne vous cache pas qu'un gros juron encombre ma gorge...

Inconséquence, inconscience ou sabotage volontaire?

Ah... pour les gens qui ont envie d'entendre ces oiseaux de mauvais augures, je vous signale qu'un peu plus haut, je disais que l'homme est amnésique. Alors avant de les écouter, souvenez vous que c'est le même Standard & Poor's qui posait des ratings triple A sur les CDO, CDS et autre actions pourries liées aux subprimes!

Je me demande comment ils osent encore la ramener après le bourbier qu'ils ont participé à créer.

Aujourd'hui, tout le monde s'accorde à dire, qu'au niveau européen surtout, la crise est essentiellement une cirse de confiance. La confiance n'existant plus, nous arrivons à avoir des sociétés saines, j'insiste, des sociétés SAINES, qui partent en faillite (telle Lehman ou ... Dexia qui est en mauvaise postures). Lehman n'aurait JAMAIS du être mises en faillite. Mais le gel de ses liquidités pas JP Morgan au plus mauvais moment l'a précipitée au sol.

Aujourd'hui, Dexia est victime de rumeurs essentiellement. Fortis, aussi mal embarquée dans un fusion à laquelle je ne croyais pas, n'aurait pas pour autant du faire la culbute. Car leur fondamentaux et leurs capitalisations sont suffisantes. Le problème est que ces rumeurs sapent la confiance et que le système repose sur la confiance et sur la circulation d'argent.

L'annonce inconséquente de Standard & Poor's ne repose sur rien, nous venons de le montrer mais va amener le marché à paniquer plus encore. L'homme est bête et perd toute sa raison dans la panique actuelle. Je ne dis pas ici que BNP est sain (je pense que le marché français n'est pas encore contaminé mais pas plus que le nuage de Tchernobyl ne s'est arrêté aux frontières française, la crise leur tombera aussi dessus!). Si communication il doit y avoir, il faut qu'elle soit basée sur des faits et uniquement des faits. Sinon, le marché français tombera comme le belge.

A cet égard, les déclarations hollandaises à l'égard de Fortis comportent aussi une dose de responsabilité dans ce qui lui arrive.

Dernière hypothèse, affreuse mais réaliste s'il en est:

A qui profite le crime?

L'Etat Batave a mis la main sur ABN AMRO et sur Fortis à un prix défiant toute concurrence... Barclays a racheté Lehman pour une croute de pain... BNP récupère Fortis à moindre coût... Dexia est menacé tant et plus. Il y a quelques mois, une banque américaine en rachette une autre ... puis quintuple finalement le prix offert. Quel est le sens? Quelle réalité? Même une banque ne sait plus en chiffrer une autre? A la limite... mais entre 1 et 5... quelle énormité!

Je rappelle que nous sommes ici dans le cadre de rumeurs, de paniques, de surdité, d'émotions et non de faits... Si je regarde les faits, je m'apperçois qu'on est gentiment en train de redistribuer les cartes et les contrôles à moindre coûts, et sans le moindre droit de regards des actionnaires de ces sociétés (à cet égard, il semble que des actionnaires Fortis se réveillent et comptent lancer une procédure par le biais de Maitre Modrikamen)... Que les banques en questions disposaient de fondamentaux stables et corrects, en ligne en tout cas avec les attentes de solvabilité du monde bancaire. Elles étaient toutes peu touchées par les subprimes, en ce compris la banque américaine Lehman.

Dès lors, et devant ce faisceau de coïncidences, je m'interroge sur la réalité de la crise en Europe et sur le sens à donner aux différents annonces en cours. Cette crise est réelle car nous nous appercevons clairement du ralentissement de la circulation d'argent et l'augmentation des taux d'întérêts... mais les causes exactes me semblent peu claires.

Il faut appeler au calme, tout message doit être lu et relu trente fois avant d'être publié, il faut que cessent les rumeurs et les fausses vérités. Il faut que l'on conserve la tête froide et qu'on cesse de donner n'importe quel signe au public. Même si tout le monde s'extasie devant nos gouvernants au chevet des banques, je commence à penser que si la première action sur Fortis se justifiait, la suite ressemble furieusement à un jeu politique où l'on joue un mauvais jeu/calcul électoral, à se mettre en avant et à se faire mousser. Pour une fois que le "public" peut mettre la pile au "privé", pourquoi se retenir n'est ce pas? Mon avis est qu'au lieu de se faire mousser et jouer les donneurs de leçon à des sociétés saines, ils feraient mieux de s'occuper de la gestion d'un pays laissé à l'abandon depuis 16 mois...

Plutôt que de "sauver" les banques, on doit faire cesser les rumeurs et les actions à l'emporte pièce des gouvernements ou agence de notation qui détruisent plus la confiance qu'autre chose. Trop d'actions autour des banques mine la confiance... que le gouvernement se le tienne pour dit...

mardi 30 septembre 2008

Dégat collatéral et victime expiatoire

... opinion personnelle...

Ni Miller ni Richard ne devaient démissioner!


Ils ont effectué un excellent travail à la tête de Dexia, la banque est saine et sa communication est claire.
Il est anormal qu'avec une telle nouvelle le titre monte... moi, leur départ minerait plutôt ma confiance!
... on verra la suite.

UPDATE
Guillaume m'apprend que :
A vérifier mais ce serait une volonté de Sarkozy de reprendre la main sur la gestion de Dexia via la minorité de blocage obtenue par la France.
Remarque : Lagarde a bien dit hier que c'était uniquement la faute des belges pour Dexia.


Salut Guillaume,
j'avais bien entendu que Sarko voulait la tête de Miller...

Quand aux paroles de Lagarde, tu me l'apprends... et je ne les cautionne pas le moins du monde. Pour le moment, de fait, deux banques à ancrage belge sont dans la tourmente...

... attendons aussi de voir ce que les banques françaises vont acter dans les semaines à venir... à suivre : LCL, BNP, Crédit Agricole et autre banques hexagonales.

Je ne dis pas que ce sera pour de bonnes raisons, elles seront probablement victimes de la même crise de confiance... mais comme pour le nuage de Tchernobyl, il n'y aucune raison que la crise s'arrête à la frontière française...

Je pense que c'est pour ça que Dexia a pris de l'avance en demandant de l'aide... aujourd'hui, elle peut l'avoir, demain Sarko fera un exemple...

lundi 29 septembre 2008

Fortis, Crises et ... petites approximations

S'il y a bien une chose que j'exècre, c'est quand des personnes sensées informer d'autres personnes se permettent de relayer rumeurs, approximations et contre vérités.

Dans les personnes sensées véhiculer l'information pour permettre au quidam de comprendre ce qu'il se passe, on trouve en première ligne : les journalistes, et en deuxième ligne, les hommes politiques.

Dans la crise actuelle, j'ai l'impression qu'une partie des premiers est incompétente et se contente de relayer les approximations du café du commerce et que les deuxièmes profitent de leur pouvoir médiatique pour mener une pré-campagne électorale en jouant sur des techniques identiques à l'extrême droite à savoir : jouer sur la peur. Ici, de manière inconsciente, certains parti flirtent avec les approximations, accusent le "grand capital", l'ultra libéralisme coupable et prétendent que le salut est dans l'Etat.

STOP! Faisons le point et tentons d'éclairer un peu le public

1. C'est la faute à l'Ultra-Libéralisme
Tout d'abord, l'Europe n'est pas Ultra Libérale. L'Europe est beaucoup plus proche du socialisme que du libéralisme.
Nous avons certes un marché capitaliste mais par dessus, nous avons mis en place une série de mécanismes de régulation. Bon ou mauvais, mais ils existent, peuvent être adaptés et modifiés.
Rappelons aussi qu'en matière d'ultra-libéralisme, j'ai rarement des états ultra libéraux autoriser le chômage à vie ou les aides massives au développement (voir la PAC, les budgets Objectif 1, 2, phase out, le Plan Marshall etc). Nous ne sommes donc pas dans un état, ni un continent ultra libéral. Cessons de dire ou de relayer des absurdités sans nom.

2. C'est quand même la faute à l'Ultra-Libéralisme, regardez, ça vient des Etats-Unis.
Vous devez alors faire partie des quelques rares naïfs à n'avoir pas remarqué les aides massives américaines à différents secteurs industriels. En vrac, l'acier américain en crise permanente car incapable de se restructurer car sous perfusion constante de l'Etat.
Le secteur automobile croulant sous les obligations sociales et fonds de pension à alimenter...
Les fonds constants qui coulent tel l'amazone vers l'océan pour alimenter les différents producteurs agricoles (coton, maïs...)
Non, les USA ne sont plus ultra libéraux depuis longtemps. Notez aussi l'accent particulier mis pendant les campagnes sur la nécessité de mettre en place une meilleure politique sociale et de soins de santé...

3. L'Etat vient encore secourir les actionnaires! C'est ça le Capitalisme???
D'abord, l'Etat ne vient pas au secours des actionnaires.
Les actionnaires sont en train de la payer la note, et violemment...

Pour rappel, Freddie Mac et Fannie Mae valaient près de 70$ par action au printemps 2007...
La crise fait plonger le titre et cause d'énormes pertes aux actionnaires.
La nationalisation et l'intervention de l'Etat (idem pour AIG) ne font pas remonter le titre! Aujourd'hui, vous pouvez avoir du Freddie Mac et Fannie Mae pour quelques 10c...
L'intervention de l'Etat à fait plonger ces titres de 83 & 90%...
A l'heure ou j'écris ces lignes, après un bref rebonds, l'action Fortis continue sa descente...

L'Etat sauve les employés et les épargnants. Ce n'est pas la même chose!
Notez aussi que les organes de directions seront décapités suite à la reprise par l'Etat. Les coupables paient, le marché s'en charge.

4. Comment le marché parvient-il à se maintenir alors qu'on injecte massivement de l'argent?
... ici, on ne peut que regretter que l'on maintienne la confusion autour de ces mots 'injection d'argent'.

En réalité, contrairement à ce que l'on pourrait penser, on ne fait pas tourner la planche à billets... L'économie repose sur la circulation de l'argent. Cette circulation, c'est le sang de l'économie. Le coeur qui fait circuler cet argent, ce sont les banques. Elles le font en récoltant des dépôts et en prêtant pour des projets (hypothèque, investissement d'entreprises, etc etc).

Pour que cela fonctionne, il faut une certaine dose de confiance. Pour le moment, les banques ne se font plus confiance (à mon sens, à tort pour beaucoup) et ne veulent plus se prêter de l'argent. Le sang ne coule plus... le coeur s'asphyxie.

Pour éviter l'arrêt cardiaque, et donc la faillite bancaire, les banques centrales injectent de l'argent dans le circuit. Et il faut comprendre: Injecter = Prêter.
Il ne s'agit d'ouvrir un robinet mais bien de vendre l'eau qui en coule! Les banques centrales PRETENT l'argent au banque, à 24, 48h voire une semaine. e prêt est par ailleurs assorti d'un taux d'intérêt (voir d'une prime de risque par dessus), ce sont les fameux Taux Directeurs.

Ce ne sont donc pas les contribuables qui paient!

5. Vu les cours de bourses, les banques sont quasi faillies!
Faux. Il ne faut pas confondre cours de bourse et solvabilité (complainte beaucoup entendue ces temps ci).

Le cours de bourse reflète la valeur future que des experts estiment. On est réellement ici dans l'estimation avec plusieurs façons, méthodes de chiffrer cette valeur.
La solvabilité c'est la mesure de la capacité d'une entreprise à payer ses dettes sur le moyen et long terme.

En clair, c'est le même principe que l'argus automobile. Des experts estiment la valeur d'un véhicule sur base des différents critères objectifs. Mais cela n'empêche pas votre véhicule de valoir plus (ou moins) que cette estimation. Cela, vous le saurez en revandant votre voiture.

Dans le cadre de Fortis, le problème ne vient pas tant des subprimes que du rachat d'ABN-AMRO (auquel je m'opposais car je prétends que la taille n'est pas le facteur critique dans l'économie bancaire! Il s'agissait avant tout d'une question d'EGO ici, mais soit).
Fortis a payé ABN-AMRO beaucoup trop cher.
Fortis a acheté ABN-AMRO sans finaliser son financement...
Il manquait 4 milliards d'euro encore. Mais, voir plus haut, vu le niveau de confiance entre les banques, personne ne voulait les prêter à Fortis... et si le sang ne coule plus, on s'asphyxie.

Fortis gardait une très bonne solvabilité, comme l'ensemble des banques belges d'ailleurs. Mais la cumulation entre la crise externe (les subprimes) et la crise interne (le rachat) a miner la confiance du marché qui n'a dès lors plus accepter de prêt de l'argent à Fortis.

A propos de ces prêts entre banque, pour faciliter la compréhension, c'est comme l'épicier qui doit payer ces fournisseurs directement alors qu'il n'a encore rien vendu. La banque lui prête de l'argent pour financer ses factures le temps que le stocks soit vendu. C'est le même principe pour les banques.

Mais cela veut dire aussi qu'elle aurait eu beaucoup de mal à faire face à court terme et serait alors tombé en faillite. C'est la même chose pour Lehman. Lehman était, est et reste une banque SAINE! C'est le manque de liquidité court terme et.. le désir de faire un exemple qui ont causé sa perte.

La pire chose qui pourrait encore se produire serait que les épargnants commencent à paniquer et désirent massivement retirer leurs liquidités.

6. C'est le contribuable qui paie la note.
De fait, la nationalisation fait que le contribuable paie la note... aujourd'hui... Personnellement, il s'agit avant tout d'une crise de confiance dans la cas des banques belges. Juste une bonne grosse crise de confiance.
Si le gouvernement nomme de bon administrateurs, un bon comité de direction. Une gestion prudente doit suffire à renflouer les caisses de l'Etat aussi vite que l'Etat a pris une participation. La solvabilité de l'ensemble est bonne. L'Etat a "nationalisé" à bon compte vu la faiblesse du cours de bourse.

Quand la confiance sera rétablie, et je table sur 1 an et demi, deux ans grand maximum, le cours de bourse va bondir et l'Etat devrait sortir gagnant.
Encore une fois, les actionnaires n'ont pas été récompensé ou protégé. Ce qu'on a protégé, c'est l'emploi et les comptes épargne.

7. Vous avez tort! Pourquoi seriez vous plus fort que les experts? Regardez les cours chuttent encore!
Vous avez raison sur le fait: les cours chuttent.
Peut-être pas sur la cause.

D'abord, je l'ai dit, pour les actifs nationalisés, les actionnaires s'encourrent à toute jambe, ils vendent massivement, le cours baisse.

Pour les actifs comme Dexia...
Nous avons eu jusqu'à la semaine passée un marché très spéculatif animé par des "shorts".
Les shorts, ce sont des ventes à découvert (interdites depuis la semaine passée).
En simple: je te vends ce matin une action que je n'ai pas à 10€ en me disant que je l'achète ce soir à 8€... Bref, je joue le volume (si beaucoup de shorter vendent, le cours baisse mécaniquement) et à la baisse (quand le cours à baissé, j'achète et je fais mon bénéfice).
Deuxième facteur plus actuel, Dexia se casse la figure, SANS RAISON sinon la crise de confiance. Il n'y a aucune raison de douter de la solidité de Dexia mais si personne ne lui prête l'argent sur le court terme, elle va se retrouver, tout saine soit-elle, dans le giron de l'Etat.

8. IL FAUT PRENDRE L ARGENT OU IL EST!
Que n'avons nous entendu cette antienne au moment des superbénéfices des banques...
Et aujourd'hui? Que diriez vous? Faut prendre l'argent chez les banques? Difficile n'est-il pas.
Le problème des super bénéfices n'est pas tant les super bénéfice que les super bonus qu'ils ont générés chez des gens qu'on ne peut que virer...

9. L'épargnant qui a acheté Fortis est floué
L'épargnant? Nenni, l'actionnaire. J'entends souvent dire, plein de petits épargnants ont acheté du Fortis en bon père de famille.

Certes, c'était une action de bon père de famille jusqu'à cette fusion hasardeuse. Oui, mais ça reste une action avec les risques que cela comporte. Il ne faut pas perdre de vue qu'une action, c'est du capital risque qu'on peut perdre.

10. Tout ça, c'est la faute des banques américaines!
Mon avis est que oui, la situation est sérieuse. Elle l'est nettement plus aux USA où la crise des subprimes n'est pas une crise du au manque de confiance mais à l'écroulement du crédit.

Chacun peut se faire une opinion sur la cause réelle mais il ne faut pas oublier en dernier ressort
que les banques ont probablement pris de trop de risques... mais le consommateur oublie sérieusement de se transformer en consommaCteur.

Pour ma part, quand je prends un prêt, quand j'ai contracté un emprunt hypothécaire, j'ai été lire les petits caractères. J'ai calculé ma capaciter maximales de remboursement. Et quand je calcule que ma limite sera atteinte trois ans après si j'ai un relèvement de taux, non je ne prends pas le prêt!

La valeur de ma maison a augmentée depuis l'achat? Non, je ne demande pas un emprunt hypothécaire sur la plus-value! Si les banques ont une part de responsabilité, les consommateurs et l'Etat la partage.

L'Etat car avec ses lois anti-discrimination a empêché le contrôle des fiches de paies, de l'historique des crédits etc.

Aux USA, tout le monde porte la responsabilité : Etat, banque et citoyen irresponsable!

11. Avis personnel...
Il faut qu'on se calme et qu'on garde la tête froide.
Certes, la crise des subprimes est sérieuses, mais le système financier européen continental reste je pense, digne de confiance.

Aujourd'hui, les deux plus grands risques que nous courrons sont :
1. les épargnants qui retirent leurs économies des banques
2. que la crise de confiance des banques s'étende à l'économie réelle. La conséquence serait immédiate, paralysie et effondrement très rapide de nos économies, une crise qui nous ferait voir la crise de 29 comme une période de faste et de bonheur. L'asphyxie des banques et l'effondrement du système financier... l'argent ne circule plus...

Aujourd'hui la crise touche l'Europe. C'est une crise de confiance plus qu'une crise financière.
Gardons la tête froide, il est dommage que les Etats doivent intervenir, non pour sauver les banques, mais pour nous rassurer nous. Mais, ce sera payant pour les Etats à terme soyez en sûr. Le plus gros problème, c'est que les acteurs financiers ont perdu tout recul... et objectivité semble-t-il.

C'est un point de vue personnel, je ne suis pas sur d'avoir raison bien sur... mais le débat est ouvert. On peut discuter de chaque point, je ferai de mon mieux pour l'étayer plus en détail.

mardi 23 septembre 2008

Quand les limitations de la concurrence ne bénéficient pas aux citoyens…

Etat complice des banques?

On peut se dire qu’il y a comme une forme de collusion entre l’Etat et certaines institutions privées comme les banques.

Si on peut comprendre que l’économie de marché doit être réglementée ou assistée pour en éviter des dérives (voir post sur la Moralité du Capitalisme), certaines législations sont elles même des dérives dont je ne perçois pas l’intérêt.

Rappelez vous aussi le post posant la question : quid si nous devenions Français ?
Et bien, je rajoute un élément à cette réflexion. Si nous devenions Français, le taux d’intérêt que vous recevriez pour votre épargne ne serait pas plafonné par une loi qui me semble autant inique que protectrice de l’intérêt des grandes banques ! Ainsi, si en Belgique votre carnet est limité à un taux d’intérêt de 4,25% (suite à la très récente, et ô combien généreuse, augmentation de 0.25% accordée par le législateur) en France, vous trouverez des livrets vous offrant 6% d’intérêt voire 8% jusqu’au 31/12/2008…

Mais comment donc se fait-ce que nous ne recevions que 4.25%? ... la réponse : parce que l'Etat en décide ainsi...

Structures opaques

En Belgique, la loi protège les grandes banques peu rémunératrices. Ainsi, les majors (Dexia, Fortis, KBC, ING) n’offraient jusqu’il y a peu que 1,5% sur votre épargne. 1,5% !

Ils vous répondront qu’ils récompensent la fidélité par un taux d’accroissement et un taux de fidélité. Si ce n’est pas se moquer de vous, ce n’en est pas loin. Il faut virer ces taux qui ne rapportent pas grands choses et induisent le consommateur en erreur.

Ainsi, combien de gens pensent que 4 + 2% font 6% ? C’est faux car votre prime ne rentre en compte qu’à partir de 6 mois sans mouvements… Je supporte ici le combat de Test-Achat : supprimons les 3 taux (taux de base, de fidélité et d’accroissement) qui, par leurs opacités, empêchent une saine concurrence et ne donnons qu’un taux unique auquel les épargnants pourront se référer.

Autant dire que nous leur prêtons de l’argent à un taux négatif vu le niveau d’inflation du marché. C’est totalement scandaleux et n’incite certes pas à économiser. Pour ce que vous parvenez encore à économiser bien sur. Votre argent perd de sa valeur et les banques vous demandent en plus de les remercier. Un bon coup de pied au fesses oui ! C’est tout ce qu’elles méritent.

Non seulement la valeur de votre argent diminue mais en sus vous ne pouvez même pas le récupérer comme vous l’entendez. La plupart des banques, en effet, limite le montant de vos retraits (style maximum 2.500 € par semaine, ou 5.000 € par mois…).

Non content de limiter la mobilité des capitaux et de ne pas les rémunérer, nos banques, la plupart du temps, s’octroient en prime la possibilité de vous faire payer des frais de gestion divers et inappropriés vu les services totalement inexistant qu’ils offrent

Leur offre ?

De mois en moins relevante. Avec les progrès de l’informatique, la structure de coût des banques a fortement diminué. Nombre d’agence en baisse, personnel en diminution, nombre de guichets ouverts en diminution, opacité des structures de rémunération de l’épargne, rétrécissement (actuellement ) du crédit.

Avez-vous aussi remarqué que si votre compte passe un jour dans le rouge, le taux d’intérêt que VOUS paierez sera, lui, de 16% parfois ??? Avez-vous vu le taux d’intérêt des prêts à tempérament ? Allons donc, il est quasi inepte de limiter ainsi le taux d’intérêt créditeur.

Il faut aussi savoir que les comptes promotionnels (les comptes internet à 4.25%) sont réservés aux particuliers. Propriétaire d’une société, je n’ai pas l’autorisation d’ouvrir un compte un tant soit plus rémunérateur pour la personne morale qu’est mon entreprise. Ce n’est pas faute de faire des pieds et des mains…. La réponse est identique partout : réservé aux particuliers. Mon entreprise doit donc se contenter d’un piètre 1.5%... Ou utiliser les « possibilités » des comptes à terme (ce qui signifie aussi bloquer les fonds). Et après ça on vous parlera de gestion en bon père de famille…

Complicité Etatique objectivable !

Mais j’accusais au début de cet articulet le gouvernement Belge d’aider, de supporter les grandes banques dans ce vol manifeste de l’argent de l’épargnant (dont on sait aujourd’hui ce qu’ils en font…) et dans la limitation de la concurrence.

Vous le savez, je suis un convaincu que la concurrence apporte innovation, qualité et baisse des prix. Vous savez aussi que pour certaines choses, je défends que la concurrence puisse être limitée. Dans la cadre qui nous occupe, je ne comprends pas pourquoi il faudrait limiter la concurrence entre les banques sur les taux d’intérêt des comptes épargnes ? Pourtant, c’est ce que l’Etat belge fait tout les jours en imposant un plafond à la rémunération de ceux-ci !

Cette limitation du taux d’intérêt empêche les petites banques oustiders (Kaupthing, DB, Rabobank etc) de proposer des taux plus attractifs pour grandir et attirer le chaland. En outre, cela nuit à la fameuse mobilité des capitaux. Quand je pense qu’il y avait, voici quelques temps encore, un projet pour réaliser la portabilité du compte en banque.

La complicité devient totale quand, au vu de ce qui précède, la réforme proposée par l’Etat vise à « stabiliser l’épargne » à l’heure des turbulences financières. L’immobilisme, vous le savez, n’a jamais été mon fort, et seul le changement est garantie d’évolution et de croissance. Mais le gouvernement belge vous prétendra le contraire.

En clair, l’Etat entend « éviter que les épargnants ne fasses de trop fréquents aller-retour entre banques ».

MAIS DE QUOI JE ME MÊLE ?

Si les majors bancaires rémunéraient convenablement l’épargne et respectaient un peu plus leurs clients, il n’y aurait pas besoin de loi pour limiter la mobilité pécuniaire ! Limiter la concurrence est le meilleur moyen d’empêcher le secteur de se renouveler et d’innover.

Le combat d’Yves Delacolette à la Deustche Bank est exemplaire à cet égard. Bien sur, il cherche à ce que sa banque connaisse une belle croissance. Mais il a surtout compris que le capitalisme, c’est une « collaboration », une « solidarité » (voir le billet sur la moralité du capitalisme) qui s’instaure de facto entre le client et le fournisseur.

Un client va chez un fournisseur parce qu’il est bien traité, le fournisseur traite bien son client pour le profit qu’il lui rapporte ! Ne le ferait-il pas qu’il se retrouverait comme nos majors bancaires en train de craindre que le client ne s’en aille et demandant une forme de protectionisme étatique.

En quoi consiste la réforme proposée ?

L’idée est de faire baisser le taux de base mais d’obliger les banque à fournir une prime de fidélité d’au moins égale à un quart du taux de base (vous suivez ?).

Comprenons le avec un petit calcul :
Aujourd’hui, un banque peut vous offrir 4,25% + 2% (en fait, ce sera 4,25 + 1% les 2% n’étant acquis qu’après six mois) soit 5.25%.
Demain, avec la géniale réforme, la taux de base diminue : 3,56% mais avec une prime de fidélité de (3.56*0.25= 0.89%... soit 0.445% vu qu’il faut six mois…) bref, maximum un petit 4%.
(si je ne me trompe pas hein...)

En outre, vous noterez que la réforme ferait probablement disparaître le taux d’accroissement (ce n’est pas mal pour la transparence mais vu que cette rémunération est loin d’être compensée…)

Le résultat d’une telle action ne peut qu’être une limitation de la concurrence et un immobilisation forcée de votre épargne. Les outsiders vont avoir un vrai problème pour se démarquer avec de telles contraintes légales.

C’est, et je cite le Trends, un comble au moment où le marché de l’épargne se réveille enfin.

La question à 2 milliards d’euro : en quoi l’Etat a-t-il intérêt à contrôler ce genre de prix, au détriment de ses citoyens ? Pourquoi l’Etat entend-il limiter la concurrence d’un secteur qui en manque déjà cruellement ? Pourquoi tolère-t-il l’opacité de la rémunération de l’épargne ?

Poser la question… c’est répondre à la question : où l’Etat ira-t-il chercher les milliards manquant des prochains budgets…

vendredi 12 septembre 2008

Coup de gueule : Van Quickenborne vs Di Rupo

In La Libre de ce vendredi :

Di Rupo critique les propositions de Van Quickenborne

Le PS ne voit pas d'un bon oeil la proposition du ministre de l'Entreprise Vincent Van Quickenborne de diminuer de 10% le nombre de fonctionnaires et d'augmenter l'âge à la retraite de ceux-ci.

Les socialistes s'opposent fermement à ces propositions, "qui relèvent davantage du cliché dépassé que d'une proposition sérieuse et constructive".
Le PS regrette dans un communiqué ce type de raccourcis simplistes, qui consistent à croire qu'il suffit de dégrader nos services publics pour ramener de l'argent dans les caisses de l'Etat.

Faire des fonctionnaires les boucs émissaires d'un budget en déficit est une politique à courte vue, dit le président socialiste Elio Di Rupo.

Pour lui, un service public de qualité exige des moyens humains et matériels suffisants pour lui permettre d'assurer efficacement les missions d'intérêt général qui lui sont confiées au profit de tous. On ne peut ainsi décider d'aller "piocher" dans les budgets consacrés à ces services, pour assurer un budget en équilibre.
Plutôt que supprimer massivement des emplois publics, le PS demande que les services en charge de la lutte contre la fraude fiscale soient renforcés.

Les résultats de cette lutte sont en effet en nette baisse, ce qui explique dans une large mesure le risque de déficit budgétaire.
Ramener la Belgique dans la moyenne européenne de la lutte contre la fraude fiscale permettrait selon les experts, de ramener 10 milliards dans les caisses de l'Etat, estiment les socialistes.


Raccourcis simplistes???

Le raccourci simpliste consiste à dire que pour des services de qualités, il faut beaucoup de fonctionnaires... Cela voudrait dire que les services public belges sont alors lrgement au dessus de la moyenne européenne...

Or il n'en est rien... en terme d'efficacité, les services publics belges sont en queue de peloton européen!!! Si nous devions remplacer un fonctionnaire partant à la retraite sur trois nous en avons pour 25 ans pour arriver à la moyenne européenne! C'est ça la réalité belge monsieur Di Rupo.

Quand au raccourcis simpliste consistant à dire qu'il suffit de rechercher les fraudeurs, nous pouvons en reparler! Car il est hallucinant que mon comptable soit obligé de laisser sciemment des erreurs dans ma comptabilité histoire que les fiscards puissent opérer un redressement lors d'un contrôle. Car les contrôles se passent de la façon suivante.

Le contrôleur arrive avec le prérequis que vous êtes un fraudeur. Et s'il ne trouve rien... il devient comme Georges W. Bush qui ne trouve pas d'armes de destructions massives : l'absence même d'indice de fraude confirme que vous êtes un fraudeur. Il faut donc s'acharner encore plus, si on ne trouve pas, c'est que vous êtes un fraudeur expérimenté qui cache d'autant mieux ses vols.

A cet égard, je vous suggère de relire les coupures de presse relatant la façon dont le contrôle des dentistes s'est passé il y a quelques années (histoire de prendre un secteur différent du mien). Comme si on ne pouvait envisager que l'on puisse travailler sans frauder... Mais si vous ne pouez l'envisager, c'est peut être que vous pensez vous-mêmeque devant de tels impôts confiscatoires, le seul choix est encore de frauder?

Dégrader les services publics???

La supression de ces postes ne signifie pas, loin s'en faut, une dégradation des services publics!
Elle signifie redonner de l'espoir à des fonctionnaires qui se lamentent de ne pas savoir évoluer.
Elle signifie rendre de l'efficacité à des services publics pléthoriques et sclérosés.

Comment font les autres pays monsieur le Président pour offrir des services publics efficaces sans pour autant disposer d'une administration pléthorique?

Je suis fatigué des raccourcis simplistes de personnes sensées être des représentants du peuple, sensées travailler dans l'intérêt de la population mais incapables de prendre les mesures courageuses qui s'imposent pour obtenir un budget en équilibre.
Incapables de penser changement, réformes, évolutions.
Incapables depuis plus d'un an d'obtenir un gouvernement qui travaille et obtient des résultats

Fatigués que mon pays connaisse une inflation supérieure à la moyenne européenne à cause de ministres et de partis inconséquents.

Fatigués que mon pays obtienne la médaille d'or à l'IPP, la médaille d'argent à l'ISOC, dispose d'un des taux de TVA les plus élevés d'Europe mais reste malgré tout incapable d'offrir des pensions décentes, des services publics efficaces, des infrastructures routières décentes etc...

Alors au lieu de regarder où vous pouvez encore ponctionner les gens (et ça se prétend monsieur Pouvoir d'Achat!), il est temps de se dire qu'on peut diminuer les dépenses!

Ras le bol de vos leçons.. si vous êtes de si formidables gestionnaires, je vous suggère de mettre votre maison en gage, de créer votre entreprise, d'engager du monde et ensuite de voir comment vous payez tous les impôts et charges.
Je voudrais voir si vous trouverez toujours l'impôt aussi juste et aussi bien utilisé.
Je voudrais voir de quelle manière vous allez créer de l'emploi...
Je voudrais voir au moment des crises ce que vous allez faire... faire rentrer de l'argent ou... diminuer vos dépenses? Soyez honnête monsieur Di Rupo, vous n'avez pas la moindre foutue idée de la façon dont on gère une entreprise... et j'ai l'impression que niveau de la gestion d'un pays, ce n'est guère mieux.

mardi 9 septembre 2008

Légitimité et intérêt des paradis fiscaux

C’est La Libre de ce matin qui me l’annonce : le Fisc enquête sur des comptes de clients belges au Liechtenstein.
Outre le fait que la manière de récolter l’information ne semble pas très orthodoxe, plutôt que de m’intéresser à la conséquence (c'est-à-dire, le fait que des Belges ouvrent des comptes à l’étranger) je m’intéresse à la cause (pourquoi des belges ouvrent des comptes à l’étranger ?) et à l’intérêt, pour tous, qu’il existe des paradis fiscaux.

Car si le paradis fiscal intéresse au premier chef celui qui peut en profiter, il intéresse tous citoyens pour les conséquences que ça a dans son propre pays. Pour ce faire, je m’appuie sur une opinion de Me Thierry Afschrift, éminent fiscaliste, et publiée sur l’Institut Hayek

Du droit souverain de tout Etat

La chose qui m’offusque le plus généralement, c’est ce droit d’ingérence que l’on s’octroie ces dernières années sur les affaires d’un Etat étranger à notre Union. De quel droit nous permettons-nous de remettre le système bancaire d’un autre pays en question ? Le Liechtenstein se mêle-t-il de nous demander de revoir notre système social sous prétexte qu’l ne l’agrée pas ?

Vu comme une entreprise, le Liechtenstein ou la Suisse ont trouvé une niche concurrentielle sur laquelle ils se sont développés et gagnent de l’argent; rien à redire. Cela n’a rien d’anticoncurrentiel, rien n’empêchant un Etat qui le souhaiterait de faire pareil et d’en retirer les fruits !

Nos pays de l’Union Européenne ont majoritairement opté pour un autre choix, tout aussi respectable et légitime, qui est « big government – high taxes ».

L’Etat y assure énormément de fonctions, et recourt à un système d’imposition
très lourd pour les financer.

Dans de tels Etats, la fraude fiscale, consistant en une contravention consciente aux règles fiscales doit être désapprouvée. Il n’en est sans aucun doute pas de même de la simple « évasion fiscale », consistant, dans le respect de la loi, à organiser ses affaires dans le but de payer le moins d’impôt possible.

Je viens de le dire, les deux systèmes (big government – high taxes ou small governement – low taxes) sont aussi légitime l’un que l’autre. L’un n’est pas supérieur aux autres, ni économiquement, ni quant au respect des droits de l’homme.

Néanmoins, il est significatif de constater que, même dans l’Union Européenne, ce sont les pays qui pratiquent un système fiscal moins lourd, tel le Luxembourg ou l’Irlande qui connaissent à la fois le plus haut degré de prospérité, et le meilleur niveau de protection sociale.

Saine concurrence

Nous nous retrouvons donc dans un monde où coexistent plusieurs systèmes, qu’ils soient sociaux, fiscaux, économiques ou autres. Dès lors que plusieurs systèmes existent et sont quelque part produits de substitutions de l’autre se crée une concurrence.

Il est dès lors légitime que des citoyens soient attiré par des systèmes de moindre imposition, et choisir, soit de s’y établir, soit d’y investir leur argent. Et surtout, que les pays « big government – high taxes » ne jouent pas les vierges effarouchées, ils sont les premiers à dégainer l’arme fiscale pour attirer qui des particuliers, qui des investisseurs. Ainsi, la Belgique, enfer fiscal pour ses résidents, se retrouve être le paradis fiscal des Français en n’ayant pas d’ISF, ou attire des gros centre de coordination par le biais des intérêts notionnels et autres ingénieuses ingénieries fiscales…

Au passage, Maître Afschrift souligne que la concurrence fiscale n’est pas condamnée ni condamnable. Il mentionne à cet égard qu’il existe la notion au sein de l’OCDE de «concurrence fiscale dommageable»… comme si on pouvait assimiler l’Etat à ses citoyens, comme si l’intérêt de l’Etat se confondait à celui d’un pays (voir les crises institutionnelles ridicules alors que la crise économique s’installe).


Mais, même en admettant que l’on se réfère à la notion de "concurrence
fiscale dommageable", il faut bien constater que, dans son acception la
plus courante, elle ne vise que les Etats qui pratiquent un système différencié,
consistant à accorder à des résidents ou des entreprises étrangères, des
avantages que leurs propres résidents ou leurs propres entreprises ne peuvent
obtenir.

Cette notion n’est dès lors clairement pas applicable aux paradis fiscaux, comme le Liechtenstein. En effet, celui-ci a adopté un système de taxation extrêmement basse, non seulement pour les épargnants et les résidents étrangers, mais aussi pour ses propres résidents.

Respect des Traités!

Notez enfin que, dérogeant même à ses règles, le Liechtenstein applique le traité européen sur l’épargne. Lequel l’oblige à prélever un précompte mobilier élevé pour les étrangers mais ne l’obligeant nullement à révéler l’identité des détenteurs de comptes ! A cet égard, il n’agit même pas différemment de la Belgique ! Paradis fiscal vous avez dit ?

Au lieu d’assumer clairement la concurrence fiscale, et la manière la plus efficace serait, pour l’Union, de réduire son imposition, afin d’être plus compétitive à l’égard des épargnants ; non, on jette le doute et la critique acerbe sur ceux qui ont un souci d’efficacité !

Ce serait juste de la saine concurrence que de laisser tout un chacun optimiser son revenu et tenter par là de réduire la pression fiscale. J’en reviens à mon antienne habituelle : Un impôt JUSTE est un impôt PAYE. Ainsi en fut-il des droits donations. Revus drastiquement à la baisse, ils rapportent aujourd’hui beaucoup plus à l’Etat que quand les taux étaient prohibitifs (jusque 80% pour rappel)

Ce serait de la saine concurrence que, l’Etat, mis face à sa propre contradiction soit forcé de réformer sa fiscalité. La saine concurrence montre juste à l’Etat que l’on ne peut faire le bonheur des gens contre leur avis. Il y a aujourd’hui moyen d’offrir le même niveau de services en prélevant moins. Mais l’Etat et ceux qui nous gouvernent ne ceux toujours pas prêts à effectuer les réformes nécessaires (et rarement suffisante) que pour y parvenir.

La Belgique reste un petit pays divisé en fiefs. C’est cette division qui participe à la mise en place de multiple niveau de pouvoir et de compétences, qui se chevauchent et sont des puits d’inefficacité. Ce n’est pas le fait que le Liechtenstein accueille quelques grosses fortunes qui plombe le PIB et les recettes de l’Etat mais bien l’inefficacité de ce même Etat couplée à l’incompétence et aux guéguerres de ceux qui nous gouvernent.

Bien sur, c’est un dossier emblématique qui nous fera oublier quelque peu que personne ne nous gouverne vraiment depuis juin 2007…

Que pourrait-on lui reprocher alors ?

… rien…



La quasi-totalité des paradis fiscaux accepte d’ailleurs de déroger au secret bancaire lorsqu’il s’agit de dénoncer des crimes graves, comme le trafic de drogue, le trafic d’armes, le trafic d’êtres humains ou les crimes contre l’humanité.

Il en est ainsi parce que, tant dans leur conception éthique que dans celle des autres pays, la sanction à apporter contre les auteurs de ces crimes est une nécessité plus importante que la protection de la vie privée de ces personnes.

Il se fait juste que les paradis fiscaux n’adoptent pas le même jugement de valeur quant à la fraude fiscale, et que, dans leur conception des choses, liée directement à leur choix de société, la protection des intérêts fiscaux de l’Etat passe après la protection de la vie privée des personnes.
Conséquences

Les pressions exercées sur les paradis fiscaux qui ne font qu’exercer leur droit souverain de choisir un type bien déterminé de conception du rôle des pouvoirs publics, dépassent souvent les normes acceptables.

Lorsque l’on entend des pays qui participent à un système de libre circulation des capitaux, menacer les transferts de capitaux vers des pays considérés comme des paradis fiscaux, on ne peut qu’y voir une incohérence majeure.

Toutes les limites sont dépassées lorsque l’on constate que des services d’Etat, sont allés jusqu’à corrompre des employés de banques ou de fiduciaires, d’un autre Etat, pour obtenir des renseignements que la législation de cet Etat ne leur permettait pas d’obtenir légalement !

L’appel lancé les gouvernements de l’Union européenne, à une plus grande coopération internationale dans la lutte contre les infractions, est dès lors pour le moins paradoxal.

L’opprobre que l’on tente de jeter sur le Liechtenstein ou sur la Suisse n’est donc pas légitime, elle nie le droit souverain des Etat, ignore les traités signés et renvoient les pays à leur propre caricature d’enfer fiscal !

mardi 2 septembre 2008

Et si... nous devenions Français?

Ma meilleure amie, après plusieurs années en France, rentre en Belgique. C'est ainsi que je découvre avec, j'avoue, un peu d'étonnement que son revenu net chutera violemment si elle conserve son brut actuel...

Je dis, un peu d'étonnement car si je sais que nous sommes champions toute catégorie en matière d'impôts et taxes diverses, j'avais toujours entendu que l'impôt en France était comparable. Et pourtant... son salaire net chutera de ...18% si son salaire n'est pas revu à la hausse.

La mandataire PS (sic!) Christianne Vienne le reconnaît elle même dans l'un de ces discours, petit extrait :
Le taux de chômage (ndr à Mouscron) atteint aujourd’hui 15,1 % alors que les zonings sont remplis d’entreprises dont les parkings sont couverts de voitures affichant des plaques d’immatriculation françaises. Drôle de paradoxe pourtant facile à expliquer : les travailleurs français qui exercent une activité professionnelle en Belgique bénéficient d’un avantage fiscal qui augmente d’environ 20% leur salaire poche (ils continuent de payer leurs impôts en France), leur motivation est donc importante et ... les patrons peuvent engager des travailleurs surqualifiés en les payant à des barèmes inférieurs ... tout le monde est gagnant, à l’exception bien sûr du travailleur mouscronnois.

... 20%... Le problème du chômage en Belgique n'est pas tant lié aux sous-qualifications, à la barrière communautaire ou à la mobilité qu'au coût du travail pour l'employeur (qui va alors chercher ses travailleurs en France vu que ça lui coûte moins cher!) et aux pièges à l'emploi pour le chercheur d'emploi (qui gagne plus en ne travaillant pas et qui en prime est totalement dégouté de voir son voisin Français gagner plus en coûtant moins!).

Alors je me suis dit: vu les circonstances communautaires belges actuelles, que se passerait-il en cas de rattachement à la France? Qu'est ce qui changerait pour nous?

Financièrement? Intéressant!

L'exemple mentionné ci dessus vous montre à quel point le rattachement à la France serait intéressant pour les Belges. Nous aurions immédiatement une augmentation de notre pouvoir d'achat! Et pas uniquement sur les salaires...

Impôt des personnes physiques : inférieur à l'IPP belge, bouclier fiscal à 50% maximum de vos revenus. En Belgique, par le bien des centimes additionels communaux, on peut passer au delà des 50% (et ce malgré les affirmations répétées de nos ministres). D'après Eurostat, la pression fiscale moyenne belge est de 44,6% contre 44,2% pour la France.

Assurances : à l'époque où l'on parlait beaucoup de libre circulation des biens et services, un ami français m'avait surpris par le prix qu'il payait pour assurer sa voiture. Je m'étais alors mis en quête d'un assureur français... les primes défie toute concurrence belge! La prime était environ moitié du prix belge... 50% moins cher. Hélas, il ne pouvaient pas pratiquer en Belgique (grâce aux formidables barrières législatives que l'on maintient en rajoutant des charges aux entreprises d'assurances (fonds pour ci, fonds pour ça, obligations de couvrir les inondations alors même que l'Etat failli à le faire en autorisant les constructions en zone inondables etc...)

Soins de santé mieux remboursés: on se vante du modèle belge qui justifie que l'on nous prélève beaucoup... et pourtant... les prélèvements sont moindres en France mais les soins de santé y sont aussi mieux remboursés (d'après Health Consumer Power House, la France se classe 3ème au niveau européen, la Belgique 10ème).

Chômage limité mais mieux rémunéré: comme le chômage est un accident de la vie, il est normal de limiter sa durée dans le temps. De plus, ça motive les chômeurs à effectuer une réelle recherche d'emploi. En échange, contrairement à la Belgique, vous ne sombrez pas dans la misère au premier jour du chômage.

Si la Belgique plafonne l'allocation de chômage (et peu importe que vous payiez beaucoup pendant beaucoup d'années) à maximum 60%, la France vous paie une allocation jusqu'à 75% de votre dernier salaire. De plus, celle ci est disponible dès votre 6ème mois de travail contre 12 en Belgique (source le Vif)

35 heures au lieu de 38 heures : qu'on soit pour ou contre, aujourd'hui, si ous êtes Français, vous avez droit à ne travailler que 35 heures ou à récupérer en RTT (réduction du temps de travail) plus tard sous forme de congé.

Défiscalisation des heures supplémentaires: alors que la Belgique continnue à surtaxer vos bonus (60% d'impôts sur vos primes et bonus!!!), la France encourage le travailleur qui performe et ne taxe plus, par exemple, les heures supplémentaires. En heures sup en France, brut = net!

Diminution du prix des courses: d'après Test Achat, le caddy moyen de supermarché est... 4% moins cher en France... différences pouvant monter jusque 12% sur certains produits...

Belgique champione de l'inflation! Non content d'avoir la médaille d'or aux niveaux des impôts, taxes et autres prélèvements obligatoire, la crise politique actuelle (due à la médiocrité de nos représentants) est la principale cause de notre taux d'inflation... supérieure aux autres pays environnant... Et re-baisse de votre pouvoir d'achat.

TVA à ...19% au lieu de nos 21%... non, je ne dois pas commenter je suppose?

Télécoms moins chers et plus puissant... vous avez déjà tous noté les prix mentionnés dans les publicités françaises... et bien ils ne sont pas trompeurs (malgré ce que nous dit notre opérateur historique) grâce à une concurrence accrue!

3 gouvernements en moins à financer... le Fédéral, le Communautaire et le Régional tombent à l'eau... nous étions 4 millions pour les financer... Nous avons un gouvernement de 15 ministres à Paris (versus nos 60 ministres et secrétaires d'etat) financés par... environ 60 millions d'habitants, wallons compris). Certes, nous aurions probablement une région, un département ou une circonscription... mais fi des moultes gouvernements illisibles et autres provinces désuetes...

Institutions simplifiées mais très centralisées

Ce qui change aussi c'est la centralisation (très Jacobin). Nous qui sommes habitués à tout décentraliser, ça risque de nous choquer. Il n'en reste pas moins que l'administration française est plus efficace que l'administration belge. Sans compter les réformes courageuses en cours pour encore pousser plus loin l'efficience du système et l'égalité des citoyens.

Les administrations au services du citoyen ne ressemblent en rien au 3-4 heures de files que l'on fait dans certainses communes bruxelloises renouveller sa carte d'identité (cas vécu...)!
Les heures d'ouverture sont aussi plus larges et tardives!

Collèges et Lycées... Là par contre, pas trop le choix... le centre scolaire vous est quasi imposé mais rassurez vous, cela semble se libéraliser... affaire à suivre.
Nouveau aussi pour nos réthos... le BAC. Quoique sa réputation est très surfaite vu que le taux de réussite des participants est de ...80%!

ISF : bémol bémol à l'impôt réduit, la France dispose d'un impôt sur la fortune... chacun jugera de son utilité, efficacité. Perosnnellement, je ne suis pas sur que ce soit vraiment utile et que je pense que c'est surtout la classe moyenne qui le finance.

Frais bancaires: alors que nos retraits et autres virements sont gratuits en Belgique, les banques Française ont moins pitié de leurs clients. Ainsi un virement entre institution financière vous sera facturé ...4,16€... un ordre permanent? 15,59€...

Voter... n'est plus obligatoire. Pas sur que ce soit un progrès mais le vote devient un vrai droit et plus un devoir servant à légitimer des élections qui ne sont en réalité pas démocratiques (voir mes articles ou ceux de Rudy Aernoudt sur la particratie).

Scrutins majoritaires à deux tours : les partis qui gagnent les élections ne peuvent plus se défiler sous prétexte d'alliance, de proportionnelles etc. Non, ils peuvent être majoritaire, seuls au pouvoir et appliquer leur programme. Nous avons un excellent exemple en France d'un candidat qui fait ce qu'il avait annoncer (et le pire, c'est que les gens s'en plaignent quand même).

Alors? Rattachiste?

Alors, comme dans toute situation il y a des pour et du contre. Ceci est juste le fruit d'une réflexion survenue à cause d'une histoire privée. C'est un peu de la métaphysique, sciences-fiction politique consistant à me dire: et si...

Mon premier constat est donc que c'est financièrement intéressant pour mes concitoyens. Qu'institutionnellement, ça pourrait faciliter la compréhension et responsabiliser nos hommes politiques.

Il y a encore beaucoup d'aspects à explorer, n'hésitez pas à intervenir, régair pour donner vos éclairages.

Rattachement souhaitable? Je ne sais pas, je ne le décide pas seul, je n'ai pas à ce stade assez d'éléments: quid de l'aspect culturel? sociologique? etc

Néanmoins, ma première impression est positive, loin de la caricature que l'on tente de nous faire avaler. Caricature dessinée le plus souvent par nos hommes politiques ayant tellement peur de perdre leur pouvoir local, leur fief, leur baronnie... source de tant d'ennuis dans notre pays.